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Le Cirque du Soleil supprimera 400 emplois au Québec : vers la fin d’un modèle ?

4 min
À retrouver dans l'émission

Orage ou simples nuages ? L’annonce sonne comme un coup de tonnerre pour une société de spectacle devenue leader mondial du cirque, ou plutôt de grandes productions inspirées du cirque. Si ce modèle a atteint une limite en 2012, il reste solide mais laisse peut-être maintenant de la place pour un autre type de cirque québecois.

Avec ce soir dans le Journal de la Culture le point de vue du Directeur de l’Ecole de Cirque de Québec, Yves Neveu.

Le Cirque du Soleil, modèle économique ?

Parti de peu en 1984, le Cirque du Soleil est devenu le premier producteur de spectacles inspirés du cirque grâce à un modèle combinant – outre les événements officiels ou promotionnels innombrables – les spectacles en tournée, et les spectacles permanents : le chapiteau n’est pas abandonné, mais c’est bien son implantation dans des salles en durs qui lui a permis d’obtenir d’importants contrats pérennes avec les casinos de Las Vegas par exemple, dès 1993.

Depuis les spectacles se sont multipliés partout dans le monde, les implantations permanentes aussi (notamment à Dubaï et à Macao), de sorte que le Cirque du Soleil produit une vingtaine en moyenne par an. Or, l’année 2012 a été la première qui n’a pas rapporté de bénéfices.

Expansion trop rapide, épuisement du public, ralentissement conjoncturel ou remise en cause d'un système? Sans doute ce modèle n’est-il pas fini commercialement, impossible en tous cas d’en savoir plus ce soir : la direction du Cirque du Soleil n’a pas retourné nos appels. Hier le maire de Québec, ville qui a un contrat avec la société, n’était cependant pas inquiet quant à la poursuite du projet.

Le cirque du Soleil : modèle esthétique ?

Dans la foulée du succès international (et montréalais) du Cirque du Soleil, deux autres compagnies se sont constituées : Le Cirque Eloize dès 1993 et Les 7 doigts de la main en 2002. Récemment le Ministre de la Culture Maka Kotto évoquait le Cirque du Soleil et les 7 doigts de la main comme des « ambassadeurs » du Québec, certes, mais « mainstream », parmi les chansons de Céline Dion et d'Isabelle Boulay.

Bien que se produisant dans des salles plus petites que le Cirque du Soleil et avec sur scène un effectif réduit, ces compagnies sont aussi mondialement prisées et ne délaissent pas une esthétique qui mêle la performance athlético-circassienne à ce qu’on identifie comme les beaux-arts (danse, théâtre, musique). S'il y a modèle cependant, ils en dérivent plus qu'ils n'imitent des spectacles conçus avec des moyens et des intentions incomparables, comme l'analysait le quotidien Libération au sujet des 7 doigts de la main.

Présence écrasante d'un mode de production, donc, plutôt que d'un modèle esthétique. Peut-être ceci s’explique-t-il en partie parce que le soutien public au cirque est tardif au Québec puisque c’est seulement en 2001 que la Conseil des arts et lettres du Québec reconnaît le cirque comme discipline et ouvre la voie à des subventions publiques, et donc à des spectacles économiquement plus incertains peut-être aussi par pression d’un modèle jusque là à succès, c'est-à-dire par l'habitude du public dit le directeur de l'Ecole de Cirque de Québec Yves Neveu .

Xavier Martinet

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