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Ouverture aujourd'hui des premières assises du cinéma français : quels enjeux pour quel cinéma ?

6 min
À retrouver dans l'émission

Après moins d'un mois de polémique sur le salaire des stars, ces assises convoquées par le Ministère de la Culture sont censées, sinon apaiser les tensions, du moins dépasser les polémiques pour poser des problèmes communs. Le but n'est pas encore atteint, si l'on en juge à mi-parcours de cette première journée de tables-rondes.

Avec ce soir les interventions de Marc Missonier , vice-président de Fidélité Films qui a co-produit le dernier Astérix et intervenant dans la première table-ronde sur la concentration et la diversité; et celle du producteur de Robert Mitchum est mort et Königsberg (chez Ferris & Brockman) : Igor Wojtowicz .

Compte-rendu de producteurs

Le simple énoncé officiel l'induit : ces premières « assises pour la diversité du cinéma »expriment un volontarisme politique en la matière sans ambiguïté et inédit depuis les années quatre-vingt.

Qu'est-ce qui est aujourd'hui menacé ? Le système de financement mutualiste unique au monde ou, à l'intérieur du système, la diversité des manières de faire du cinéma – et donc d'en vivre – qui légitime politiquement les obligations légales et les consensus professionnels qui l'accompagnent ?

Cette première journée conçue comme une série de tables-rondes devait-elle clarifier ces problèmes en un jour ? Pour ce qui est de la stratégie générale, la Ministre Aurélie Filippetti a annoncé une étude sur la rentabilité des films et la création d'un groupe de suivi qui doit se réunir au moins de juin, au moment où la mission Lescure devrait préciser le rôle que les autorités comptent faire jouer aux opérateurs numériques.

En attendant dans la salle de la Comédie Française où se tenaient ces assises (attenante au Ministère de la Culture), le consensus était loin d'être atteint, comme on s'en apercevait, même sans y être, sur le fil Twitter des assises.

Une bonne interview valant mieux qu'un long discours, je vous renvoie au Journal de la culture d'aujourd'hui et à celui du 18 décembre dernier et surtout à cette lumineuse explication, dans Mediapart ,du sociologue du cinéma Olivier Alexandre , malheureusement aux Etats-Unis et injoignable aujourd'hui.

Des enjeux qui dépassent la profession ?

Ces premières assises portent sur la diversité de la production cinématographique. Théoriquement, celle-ci est garantie par le système de financement mutualiste existant.

Or d'une part ce système connaît des recettes croissantes et inégalées jusque là d'autre part, parfois presque indépendamment de lui, une partie de la filière rencontre quelque succès commerciaux exceptionnels. Ceci explique qu'il soit encore encore défendu comme « vertueux » du point de vue du volume et de la taille des films qu'il produit par les autorités ou des agents qui en tirent le mieux parti.

Cependant, les possibilités de production et surtout de diffusion des films sur grand écran tendent à se réduire à cause de la concentration des moyens corrélativement les écarts économiques internes se creusent, ou sont moins tolérables.

Enfin à l'extérieur, il fait face à des opérateurs numériques perçus comme une menace peut-être pire encore pour l'ensemble de la filière que la généralisation de la télévision dans les années 80, qui avait conduit au système actuel. Menace, ou opportunité nouvelle et importante de financement, selon que la France fera valoir son point de vue contre Bruxelles et saura contraindre des opérateurs étrangers difficilement atteignables juridiquement.

La filière qui fonctionne très bien financièrement et qui semble en crise morale perpétuelle pourrait se trouver à un tournant historique.

Xavier Martinet

L'équipe
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