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Témoignages après le décès du réalisateur japonais Nagisa Oshima : l'Empire des sens et l'emprise du scandale

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À retrouver dans l'émission

Avec ce soir dans le Journal de la culture les témoignages de Charlotte Rampling , actrice principale de Max mon amour, dernier film de Nagisa Oshima produit en France et du producteur de « Projection Privée » et directeur de la revue Positif ,Michel Ciment .

Nagisa Oshima reste internationalement identifié à l’Empire des sens qui fit scandale au Festival de Cannes de 1976. Il avait cependant déjà vingt années de carrière comme réalisateur, avec une filmographie plutôt marquée par la politique japonaise d’après-guerre.

  • « Si je savais pourquoi j’ai fait ce film, je ne l’aurais jamais réalisé ! »*

Toujours actuellement censuré (flouté) au Japon, L’empire des sens présente crûment la relation érotique passionnée et illégitime entre le bourgeois Kichizo et l’ancienne prostituée Sada Abe. La relation s’intensifie au point de devenir plus qu’exclusive et d’aboutir finalement à la mort et à l’émasculation de Kichizo.

Dix ans plus tard, ce film trouve peut-être avec Max mon amour un contrepoint dans une autre relation tout aussi illégitime et non moins passionnée : celle de l’épouse d’un diplomate (jouée par Charlotte Rampling) et un chimpanzé.

Pour Charlotte Rampling interviewée avec Nagisa Oshima lors de sa présentation en 1986 au Festival de Cannes, c’est « ce qui se passe autour de l’histoire qui donne sa couleur au film […] : comment les gens acceptent des choses marginales ».

L’empire des sens, la nouvelle vague et le tarissement

Nagisa Oshima n’est pas un cas isolé dans le Japon d’après-guerre : comme en France, c’est l’époque où certains réalisateurs tentent de s’arracher à l’emprise des grands studios de cinéma, et à celle du consensus politique japonais sur la deuxième guerre mondiale.

A la différence de la France, ou du Free Cinema britannique plutôt documentaire qui se développe à la même époque, cette « nuveru vagu » s'insère dans un milieu fortement marqué par le cinéma érotique commercial (pinku eiga ) lancé d'abord par les grands studios.

L'empire des sens est une production indépendante dérivée de cet ensemble : distribué par le français Anatole Dauman et co-produit par Koji Wakamatsu , l'un des plus célèbres réalisateurs du pinku eiga. Wakamatsu est égalementdécédé en octobre dernier.

C’est bien un film dont le titre est directement inspiré du cinéma français, Nuit et brouillard du Japon ,qui propulsa Nagisa Oshima sur la scène du scandale public et le fit rompre avec le studio Shochiku qui l’avait déprogrammé au bout de quatre jours par crainte de troubles. Depuis tous ses films ont été des productions indépendantes, de plus en plus des coproductions internationales.

LEmpire des sens a sans doute lancé la carrière internationale (hors de France de Nagisa Oshima), mais Max mon amour marque peut-être bien plus le tournant d’une carrière commencée trente ans auparavant sur laquelle revenait Michel Ciment : après deux films encore pour le grand écran jusqu’en 1999, il n’a plus réalisé de longs-métrages jusqu'à sa mort. Par une coïncidence des montages financiers, le dernier, Tabou a été co-prdouit par la société Shochiku.

Xavier Martinet

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