LE DIRECT
Les deux héros de "Adieu Mandalay", incarnés par  Kai Ko Chen-tung et Wu Ke-xi, piégés par le travail clandestin en Thailande

"Adieu Mandalay": le grand retrour du cinéma birman, dans la délicatesse mais surtout la douleur

4 min
À retrouver dans l'émission

Présenté à la Mostra de Venise et primé au festival d'Amiens "Adieu Mandalay" raconte le parcours terrible de deux jeunes Birmans qui ont choisi d'immigrer en Thaïlande. Implacable mais délicat, ce film est le quatrième long métrage de Midi Z, l'un des seuls réalisateurs birmans en activité.

Les deux héros de "Adieu Mandalay", incarnés par  Kai Ko Chen-tung et Wu Ke-xi, piégés par le travail clandestin en Thailande
Les deux héros de "Adieu Mandalay", incarnés par Kai Ko Chen-tung et Wu Ke-xi, piégés par le travail clandestin en Thailande Crédits : Midi Z/Acacias Films

Le jeune Guo et la belle Liangqin sont Birmans et tous deux issus d’une communauté sinophone. Portés par l’espoir d’une vie meilleure, ils traversent en radeau le fleuve qui sépare la Birmanie de la Thailande voisine. «Adieu Mandalay » met en scène leur vie dans la clandestinité, leurs espoirs mais aussi leur terrible quotidien: ils sont exposés aux descentes de polices, aux accidents du travail, à la violence inouïe de la précarité la plus totale.

Comme la bande-annonce le montre très bien, le son fait partie des réussites de ce film pudique et presque minéral, où la moiteur du climat, la violence des machines sont presque palpables. Qui est donc un vrai film de cinéma, même s’il se rapproche parfois plus du documentaire que de la fiction. Car, selon les derniers chiffres, ils sont près de 3 millions de Birmans à avoir immigré en Thaïlande illégalement depuis 2008 . Midi Z explique que s’il n’avait pas lui-même pu immigré à Taiwan étant enfant, il serait sans doute à la place de ses personnages. Le cinéaste, qui a commencé à tourner en 2011 seulement, en est déjà à son quatrième film. tous sont des fictions, mais s’attaquent de manière implacables aux réalités birmanes les plus sombres : l’émigration dans « Return to Burma », la toxicomanie qui gangrène le pays dans « Ice poison » ou encore, dans « The city of Jade » les appétits voraces que suscitent les gisements de jade, pierre précieuse pour laquelle la demande des Chinois est exponentielle.

Le difficile retour du cinéma en Birmanie depuis l'ouverture

Des films jamais diffusés publiquement Birmanie jusqu’à « Adieu Mandalay ». Car on l’ignore souvent, mais avant l’arrivée au pouvoir de la junte militaire dans le pays en 1988, la Birmanie était l’un des pays les plus prolifique en matière de cinéma en Asie du Sud-Est et a produit dans les années 50 et 60 plusieurs chefs-d’œuvre, aujourd’hui perdus pour la plupart. L’arrivée au pouvoir des militaires censeurs a en effet résolument étouffé le septième art. Depuis la chute de la junte et l’ouverture récente du pays , la Birmanie redécouvre le cinéma, rouvre plusieurs salles et organise avec notamment le concours de l’Institut Lumière un festival tous les ans à Rangoon. C’est dans ce contexte que Midi Z a pu montrer il y a quelques semaines pour la première fois "Adieu Mandalay". Mais pas intégralement. Les autorités ont tenté d’évacuer les spectateurs avant qu’ils ne puissent voir les séquences finales , les plus abouties cinématographiquement, mais aussi les plus implacables. Et donc les plus politiques.

Chroniques

8H50
6 min

L'Actualité musicale

Orval Carlos Sibelius : Ordre et Progrès distanciés
L'équipe
Production

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......