LE DIRECT
Catherine Jacob qui joue le rôle d'Agnès Dorgelle

"Chez Nous", le film de Lucas Belvaux qui déplaît au FN

6 min
À retrouver dans l'émission

Le dernier film du cinéaste Lucas Belvaux, depuis la mise en ligne vendredi de sa bande annonce, provoque la colère des principaux cadres du Front national.

Catherine Jacob qui joue le rôle d'Agnès Dorgelle
Catherine Jacob qui joue le rôle d'Agnès Dorgelle Crédits : Jean Claude LOTHER - Synecdoche Artémis Production

La bande annonce de « Chez nous », qui doit sortir le 22 février a été dévoilée vendredi et a immédiatement fait l’objet d’attaques tout au long du weekend de la part plusieurs cadres du FN. Ce film du réalisateur belge qui travaille depuis longtemps dans sa filmographie la question sociale, met en scène l’engagement d’une jeune infirmière dans une ville imaginaire Hénart, dans Nord de la France dont le nom rappelle Hénin-Beaumont (anciennement appelé Hénin-Liétard), fief du FN, au sien du Bloc Patriotique, un parti dirigé par une femme blonde, incarnée par Catherine Jacob.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Une avalanche de tweets a suivi la publication de cette bande-annonce. Gilles Pennelle, cadre frontiste en Bretagne a dénoncé un « film de bobos avec des bobos pour les bobos. »

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Le maire d’Hénin-beaumont, Steeve Briois, s’est attaqué à Catherine Jacob, qualifiée de « pot à tabac », expression qu’avait utilisé Arnaud Montebourg à l’égard de Martine Aubry.

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Florian Philippot, numéro deux du parti, s’est dit scandalisé par un film « anti-FN », sans même l’avoir vu. C’était sur Europe 1 dimanche soir.

Le réalisateur a tenu à répondre à la polémique dans une interview sur RMC lundi, et a rappelé que son film n’était « un film militant mais engagé, fait pour provoquer la discussion, pas pour provoquer le FN ou la peur du Front national ». Le réalisateur ne veut plus accorder d’interview, avant la sortie du film car il refuse de l’aligner sur l’agenda polémique du Front National. Mais indique que le sujet du film reste avant tout le personnage de l’infirmière incarnée par Emilie Dequenne, et qu’il s’agit bien d’un film sur les citoyens et l’électorat, pas sur le parti lui-même. Le réalisateur qui a beaucoup travaillé sur la question du déclassement, rappelle également en réponse aux attaques de Florian Philippot, qu’il s’est déjà attaqué à des figures politiques, réelles cette fois, notamment dans son téléfilm Les prédateurs en 2007, qui revenait sur l‘affaire Elf et et mettait en scène ses principaux protagonistes.

Peu ou pas d'autres films sur la politique en cette période de campagne

La polémique autour du film de Lucas Belvaux montre par ailleurs combien il est difficile de produire des œuvres sur la politique en France. Il est en effet le seul réalisateur à se saisir du sujet en cette séquence électorale. Si plusieurs grands films se sont emparés de la question politique, notamment La Conquête et L’exercice de l’Etat, tous deux sont sortis en 2011, avant la séquence électorale forte de 2012. L’arrivée de la série de Canal Plus « Baron Noir », succès du début de l’année 2016, représentait de ce point de vue un signe fort mais la saison 2 n’ interviendra que bien après la campagne, puisqu’elle sera tournée cette année à Dunkerque, pendant les élections.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Les réalisateurs français sont-ils frileux ? On peut en tous cas noter que Chez nous , n’a pas reçu l’aide à l’écriture du Centre National de la Cinématographie, attribuée par des réalisateurs. Et les attaques essuyées par le film montrent bien la difficulté de s’emparer au cinéma de la question politique. Même si c’est surtout le cinéma et sa symbolique que le Front national semble vouloir atteindre. On peut en effet noter que le Front National n’a pas commenté la sortie de l’un des rares produits culturels directement inspiré par la montée en puissance du parti frontiste : la BD d’anticipation La Présidente. Réalisé par Francois Durpaire et Farid Boudjellal, l’album va bien plus loin que le film de Lucas Belvaux, et imagine le mandat de Marine Le Pen, et notamment les implications économiques de sa rupture avec l’Union européenne etc.. et personne au FN n’a semblé s’en inquiéter.

La réaction d'Edwy Plenel, invité de la matinale:

« Quand des politiques s’expriment pour contrôler la Culture, pour essayer de la censurer, de dire quelle est la juste ligne, ils disent leur souhait d’un pouvoir autoritaire. Dans notre histoire au XX ème siècle, il y a eu ce rapport à la Culture aussi bien du coté du Stalinisme que du coté du fascisme. Donc ce qui s’exprime là de la part du Front national, c’est la refus profondément de ce qu’est la culture. La Culture est faite pour transgresser, pour provoquer, pour créer, pour inventer. Quand des politiques, qui n’ont même pas vu le film, commencent à s’exprimer ainsi, ils disent profondément quel est leur imaginaire : c’est un imaginaire contre la démocratie, contre la possibilité que nous inventions chacun, quelles que soient nos sensibilités, nos chemins. Ils voudraient que l’Etat, qu’ils veulent conquérir, nous dise ce que nous devons penser, ce que nous devons aimer, regarder, lire ! Sonnons l’alarme et allons voir, ne serait-ce que pour leur faire un bras d’honneur, le film de Lucas Belvaux. »

Chroniques

8H50
5 min

L'Actualité musicale

Schumann, Schubert, amitiés électives par Adam Laloum
Intervenants
  • journaliste, directeur et cofondateur du site Mediapart
L'équipe
Production

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......