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Le pianiste Daniel Barenboim

Daniel Barenboim, maestro engagé

6 min
À retrouver dans l'émission

Conversation avec le chef d'orchestre israelien, qui présente à la Philharmonie de Paris l'intégrale d'Anton Bruckner, et multiplie les projets en faveur de la musique, mais aussi de la paix.

Le pianiste Daniel Barenboim
Le pianiste Daniel Barenboim Crédits : ADRIAN DENNIS - AFP

Daniel Barenboïm  est à Paris pour donner à la Philharmonie une intégrale du compositeur allemand Anton Bruckner avec le Staatskapelle de Berlin dont il est directeur musical. Un cycle de concerts qu’il reprendra toujours à la Philharmonie en janvier prochain. Neuf symphonies qu’il connaît très bien puisqu’il les a déjà enregistrées trois fois .Un record. Les sujets de conversation ne manquent pas avec ce chef si singulier,   considéré comme l’un des meilleurs de sa génération et évidemment l’un de plus engagés dans son temps et dans son époque. A commencer par cette intégrale de Bruckner, compositeur si rarement donné ici, car longtemps mal aimé des Français, Daniel Barenboïm l’a lui-même constaté par le passé quand il est venu le jouer.

C'était difficile au début, même avec les musiciens, parce que c'est un univers complètement étrange. Qui est plus facile à comprendre par les orchestres qui jouent l'opéra. Parce qu'il y a tellement de Wagner, dans Bruckner, ça sort de là, et c'est un élément très important.

Daniel Barenboïm qui explique Bruckner, vous auriez pu l’entendre sur internet,  car à 74 ans, le chef vient de lancer une chaîne You Tube.

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Une entrée de plein pied dans la modernité, pour aider le public à aller vers une musique qu’on lui explique peu ou mal, Daniel Barenboïm aime l’idée de pouvoir transmettre à un public plus large , et ce sans avoir à passer par les médias traditionnels . Même s’il confesse que l’idée ne vient pas lui.

C'était mon fils qui fait de la musique électronique, qui m'a dit: Papa tu devrais le faire, beaucoup de gens te connaissent mais ne savent pas comment commencer à comprendre ce que tu fais". J'ai dit : "Bon, si tu me donnes un coup de main, je le fais". Et je me suis beaucoup amusé à le faire.

Dans ces vidéos qu’il diffuse sur You Tube, Daniel Barenboïm ne parle pas que de musique ; sa dernière vidéo était consacrée au principe de liberté d’expression car pour la politique et les idées font partie de la musique.

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Il a d’ailleurs toujours considéré celle-ci comme un vecteur de dialogue. Il a, malgré les critiques réussi à jouer du Richard Wagner en Israël, il a créé une fondation pour la paix au Proche-Orient, et un orchestre, le Divan Orchestra, qui rassemble musicien palestiniens et israéliens. Un engagement pour la paix qui lui vaut d’être bardé de prix et d’être depuis 2008 citoyen d’honneur palestinien. Son dernier projet fou : il voulait, lui, le chef israélien, aller jouer en à Téhéran avec le Staatskapelle de Berlin, au printemps dernier ; projet auquel le gouvernement de droite israélien et la très nationaliste ministre de la culture Miri Regev s’était violemment opposé. Tant et si bien que le projet avait fini par capoter, mais Daniel Barenboim ne s’avoue pas vaincu pour autant.

Le concert en Iran n'a pas été annulé à cause de ce que la ministre de culture israélienne a dit. Le concert a été reporté car comme nous le savons, l'ouverture de l'Iran à l'Occident est un sujet qui nous préoccupe, mais qui ne fait pas l'unanimité, ni à Téhéran, ni à Paris, ni à Washington, ni à Berlin. Le concert a été reporté et je suis sûre qu'un jour, ça va se faire. Je crois par ailleurs  que la politique israélienne en ce qui concerne la culture est désastreuse. C'est lié à une compréhension des événements très extrême. Ce n'est même pas une question de gauche ou de droite, parce que ce n'est pas une question sociale. Et l'année prochaine, on en sera à  50 ans d'occupation israélienne, je trouve cela affreux. Disons que je n'ai pas beaucoup de respect pour la manière de penser du gouvernement israélien.

Daniel Barenboïm qui n’est pas en reste. En octobre prochain, ouvrera la Barenboïm- Saïd Academy, qu’il avait imaginée avec l’intellectuel américano-palestinien Edward Saïd, aujourd’hui décédé. Elle est installée à Berlin, dans un bâtiment restauré gracieusement par le starchitecte Frank Ghery, et accueillera trente jeunes musiciens, qui recevront une formation pas uniquement musicale, on pourrait dire humaniste, comme seul Daniel Barenboïm pouvait l’imaginer.

Les élèves resteront quatre ans. Ils viennent en grande majorité du Moyen Orient, des pays arabes mais aussi d’Israël. Pour ce qui est du contenu, Edward Said et moi-même avons toujours déploré qu'il n'y ait pas d'éducation musicale dans les écoles, mais aussi que dans les conservatoires les élèves n’apprennent p as autre chose que leur instrument. C'est pour ça que dans cette académie, les jeunes ont deux matinées par semaine de philosophie. Non pas qu'on veuille en faire des spécialistes, mais justement pour leur donner les outils pour apprendre à penser dans la musique.

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