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Démocratisation de la culture, retour de l'Etat : le programme de Jean-Luc Mélenchon en matière de culture

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Le candidat d’extrême gauche prône sans surprise un recul du privé et un grand retour de l'Etat dans le domaine de la culture avec un budget à 1 % du PIB. Jean-Luc Mélenchon met l'accent sur la démocratisation de la culture et la fin de la précarité dans les métiers du secteur.

Jean Luc Melenchon consacre un livret thématique de 28 pages à la culture, qui commence comme on pouvait s’y attendre, commence par une large critique du bilan culturel de la gauche. Dans ce texte concocté notamment par Danièle Atala, élue Front de gauche du 18 eme arrondissement de Paris et qui se présente comme une artiste plasticienne, on trouve notamment et c’est suffisamment rare pour être notée, une critique acerbe de la montée en puissance du mécénat et de la « privatisation de la culture ». Alors que quasiment tous les autres candidats, de droite comme de gauche proposent de s’appuyer sur le privé pour développer la culture, Mélenchon, lui veut en finir avec les « exposition sponsorisées », et les ristournes fiscales dont bénéficient des « bienveillants mécènes » au double visage, citant en exemple les fondations Vuitton, Pinault . Il propose donc en avant-poste de supprimer les niches fiscales accordés aux mécènes, d’intégrer les œuvres d’art dans le calcul de l’ISF.

Toutes ses propositions vont dans le sens général d’un renforcement du rôle de l’Etat, et pour cela Jean Luc Mélenchon et son équipe promettent un budget accru pour la culture, porté à 1 % du PIB et non du budget de l’Etat, dans une vidéo de chiffrage très détaillée publiée sur la chaine YouTube (très active) du candidat. Le budget actuel de la culture est 19, 3 milliards d’euros pour la culture, Jean-Luc Mélenchon y consacrerait 1, 7 milliards d’euros supplémentaires s’il était élu

Un large chapitre est consacré à la lutte contre les multinationales de la culture. Jean Luc Mélenchon explique qu’il agira contre le phénomène de concentration à l’œuvre ces dernières années dans les industries de l’édition et de la musique. Pour lutter contre l’essor des GAFA, de la piraterie et des géants diffuseurs de contenus comme Netflix, le candidat de l’extrême gauche veut créer une médiathèque publique en ligne, avec une plate-forme d’offre légale en ligne de musique, de films et de contenus culturels. On sait pourtant que les pouvoirs publics et notamment Fleur Pellerin ont tenté plusieurs approches destinées à mettre en valeur l’offre légale, sans grand succès. Pour aller dans le même sens, ce programme propose une innovation notable : la mise ne place d’une politique de prix unique pour les supports de musique, de jeux vidéo et de films, similaire en somme à celle en vigueur pour le livre depuis 1981

Le candidat propose tout simplement la gratuité le dimanche pour les musées, exposition et monuments. 100 millions d’euros pour l’éducation artistique et culturelle dans toutes les classes, de la maternelle à la fac, et la création à l’école d’ une filière « création numérique ». Jean Luc Mélenchon qui se pose aussi en sauveur des conservatoires, et propose non seulement de pérenniser leur budget mais encore d’augmenter de 10 % leurs moyens, en leur dédiant 55 millions d’euros au total. Mais cela au prix d’un changement de tutelle des conservatoires mais aussi des écoles d’art, qui sont parfois des établissements publics distincts, directement à l’Etat. Mélenchon propose aussi un soutien aux bibliothèques, aux associations, aux petites libraires indépendantes.

L’un des autres thèmes forts du programme de Mélenchon est la lutte contre la précarité des acteurs culturels

Jean Luc Mélenchon qui semble été très attentifs aux divers conflits liés aux professions de la culture : il se dit évidemment en faveur du régime de l’intermittence, qu’il propose non seulement de pérenniser, mais aussi d’élargir à tous les travailleurs précaires des arts visuels : les peintres, infographistes. Difficile de comprendre si les auteurs sont concernés, le programme reste flou sur ce point, mais leur statut serait de toute façon renforcé, avec un changement de paradigme important : Jean mélenchon veut intégrer les droits d'auteur dans le domaine public au jour-mêm de leur mort (et non 70 ans après), pour mieux financer la création et les retraites des créateurs. Il a aussi un mot dans son programme pour les guides conférenciers, menacés dans leur nouveau statut et qui seraient les interlocuteurs privilégiés de la médiation culturelle. Et il évoque aussi le cas de pour l’archéologie préventives, ouverte depuis 10 ans à des opérateurs privés, ce qui entraine certaines dérives. Jean Luc Mélenchon s’il est élu explique qu’il rendra son monopole à l’Inrap, l’agence publique compétente en la matière.

Enfin notons quelques proposition originales, Jean Luc Mélenchon veut créer un Centre national de la musique, un projet qui était aussi présent dans le projet de plusieurs candidats de droite comme avec Nicolas Sarkozy et Bruno Lemaire) et la création d’une centre national des jeux vidéo, qui soutiendrait ce secteur comme le CNC le fait aujourd’hui pour le cinéma. Il promet aussi de transformer une bonne partie des panneaux publicitaires en lieux d’exposition artistique comme le font certaines associations. Un programme ambitieux donc, et soutenu par de nombreuses personnalités de la culture. Jean Luc Mélenchon est aujourd’hui le candidat qui bénéfice d’un des plus fort domaines dans le secteurs : Bernard Lavilliers, Jacques Weber, Yvan Le Bolloc’h, Gérald Dahan, Philippe Caubère, Magyd Cherfi (Zebda), Agnès Bihl, Romane et Richard Bohringer, Bernard Lavilliers, Édouard Baer etc…

Chroniques

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