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Jonathan Demme s'est éteint à 73 ans

Hommage à Jonathan Demme / Walker Evans en majesté au Centre Georges Pompidou

6 min
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Hommage au réalisateur de "Philadelphia" et du "Silence des Agneaux", disparu à 73 ans et au grand photographe américain Walker Evans, à qui le Centre Pompidou consacre une magnifique rétrospective jusqu’au 14 août prochain.

Jonathan Demme s'est éteint à 73 ans
Jonathan Demme s'est éteint à 73 ans Crédits : DAMIEN MEYER / AFP - AFP

Jonathan Demme, réalisateur esthète et mélomane disparait à 73 ans

Jonathan Demme s'est éteint hier à 73 ans. Réalisateur et scénariste, il a débuté comme attaché de presse à Hollywood , où il a notamment défendu "La mariée était en noir" de françois Truffaut lors de sortie aux Etats-Unis. Il a connu la consécration en 1991 avec le "Silence des Agneaux", récompensé par 5 Oscars, puis deux ans plus tard grâce à "Philadelphia", film sur un sujet alors tabou, le sida et la discrimination au travail, qui vaudra à Tom Hanks la fameuse statuette. Sa filmographie, inégale à bien des égards, reste tout de même marquée par la place cruciale de la musique. Demme a notamment réalisé « Stop Making Sense », documentaire notable sur un concert des Talking Heads, fait des choix musicaux toujours audacieux comme dans "The Truth about Charlie" (remake de "Charade" de Stanley Donen), où l'on retrouve aussi bien dans la bande originale, Anna Karina chantant "Sous le soleil exactement" qu' un petit groupe de post-punk : The Feelies.

La musique joue même un rôle déterminant dans l'intrigue de ses deux chefs-d’œuvre : on pense au morceau de Tom Petty qu’écoutait une des victimes d’Hannibal Lecter dans "Le silence des Agneaux" , qui lui-même se prépare à attaquer son geôliers en écoutant les variations Goldberg de Bach.

L'une des scènes les plus marquantes de "Philadelphia" repose d'ailleurs sur l'aria "La Mamma Morta" interpeté par Maria Callas, que Tom Hanks, malade du sida fait découvrir à son avocat, incarné par Denzel Washington.

Walker Evans, maître américain de la photographie en majesté au Centre Georges Pompidou

Un fermier de l'Alabama, par Walker Evans
Un fermier de l'Alabama, par Walker Evans Crédits : © Walker Evans Archive, The Metropolitan Museum of Art .

Walker Evans fait enfin l'objet d' une grande rétrospective au Centre George Pompidou. Ses clichés de l'Amérique vernaculaire, qui en ont fait l'un des plus grands photographes du XX ème siècle, sont le fruits de l’influence déterminante que Baudelaire et Flaubert ont eu sur lui. Né en 1903, le jeune Walker découvre les auteurs français à la New York Public Library, et commence à les traduire. Il passe un an en France dans les années 20 et veut devenir écrivain. Lorsqu'il comprend qu'il n'égalera jamais ses maîtres, il se lance finalement en autodidacte dans la photo, mais son travail reste profondément influencé par la littérature française, comme l’explique Julie Jones, attachée de conservation au Centre Georges Pompidou.

Walker Evans a été complètement obsédé par la France, très jeune. Dans un entretien à la fin de sa vie il explique que ses deux plus grandes influences sont Baudelaire, notamment dans le choix des sujets: les gens de peu, les clochards, les déchets car Baudelaire et Evans sont fascinés par les déchets et l'envers du modernisme. Et Flaubert, car Evans se reconnait dans Flaubert et dans cette méthode réaliste, naturaliste, transparente, cette volonté d’effacer au maximum l’auteur dans l'image.

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