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Johnny Clegg

Disparition de Johnny Clegg : hommage au "Zoulou blanc"

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Au menu de ce journal, du cinéma, des îles, du jazz, et le décès hier soir de Johnny Clegg, symbole de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud.

Johnny Clegg
Johnny Clegg Crédits : MUJAHID SAFODIEN / AFP

Johnny Clegg, le Zoulou blanc, est mort hier soir à Johannesburg. Le compositeur interprète, qui connut un grand succès dans les années 1980, puisait ses chansons dans la culture Zoulou pour créer un syncrétisme musical tout à lui, entre rythmes africains et pop aux consonances européennes.

La fierté d’être Africain

Dans un pays où les radios ne sont diffusées qu’en Afrikaner ou en Anglais, Johnny Clegg chante en Zoulou, évoque la fierté d’être Africain, la beauté et la diversité du continent. En 79, il pose avec Sipho Mchunu, le chanteur de son groupe Juluka, sur la pochette de son premier album Universal Men. Un acte subversif que le régime censure. On bannit ses titres, mais sa musique se diffuse malgré tout, en Afrique du Sud, au Royaume Uni et en France, beaucoup. Engagé contre le régime raciste, il publie en 1987 Asimbonanga, “nous ne l’avons pas vu”, un titre hommage directement adressé à Nelson Mandela, en prison depuis 24 ans, dont la simple évocation est alors interdite. 

Malgré la censure, la chanson devient un symbole, tout comme Johnny Clegg, qui incarne la solidarité et le métissage culturelle dans une société sclérosée. 

Celui qui avait vécu la chute du régime en 1994 comme une seconde naissance, a conclu en janvier 2018 sa tournée d’adieu, intitulée “Un second voyage”. Un hommage spécial lui est rendu dans les matins d'été de France Culture. 

La sortie d’une version restaurée des "Herbes folles" d’Ozu, grand maître du cinéma japonais

Remake de l'un de ses propres films sorti vingt-cinq ans plus tôt en noir et blanc et en version muette,les Herbes Folles de Yasujiro Ozu partent d’une histoire très simple en apparence. Dans un petit village de pêcheur, l’arrivée d’une troupe de théâtre exhume d’anciennes passions amoureuses et un enfant illégitime. Ces comédiens sont bouffons, grandiloquents, drôles parfois. Mais chez Ozu, la comédie tourne vite au drame, tout se joue sur un fil où la légèreté est lourde de sens.  Contrairement à ses personnages, Ozu reste sobre dans sa mise en scène. Fidèle à ses plans fixe extrêmement découpés et à sa “caméra tatami” qui filme ses personnages au raz du sol, Ozu offre peut-être l’un de ses plus beaux films.

A noter également aujourd’hui la sortie de L’Oeuvre sans auteur, de Florian Henckel Von Donnersmarck

Le réalisateur allemand, qui avait marqué les esprits avec La vie des autres en 2006, signe ici une biographie non officielle du peintre Gerhard Richter dans une fresque historique de plus de trois heures. 

L’inauguration aujourd’hui d’une exposition insulaire au Mucem à Marseille

Il suffit de regarder les multiples navettes qui vont et viennent entre les Iles du Friouls, le Château d’If et le port de Marseille pour le savoir, les îles y ont un écho particulier. Le Mucem explore le thème de l'insularité  à travers deux cents œuvres d’art. 

Lieu de pouvoir, de connaissance mais aussi d’imaginaires fertiles, l’exposition oscille entre explorations géopolitiques, rêves de pirates, et déclinaisons artistiques. Ainsi, des relevés d’explorateurs répondent à des installations de Christo. L’île comme un résumé du monde. Et ce n’est pas un hasard si c'est sur une île que Thomas More pose en 1516 son royaume Utopia. L’exposition “Le temps de l'île’ est à voir au Mucem jusqu’au 11 novembre.

Sur la route des festivals : Marseille Jazz 5 continents

Le pas cadencé et cristallin du piano de Chucho Valdés illustre très bien l’essence de ce festival, qui fête sa 20e édition. Né en 2000 sur l’idée que le Jazz allait parcourir la planète et se métisser, "Marseille Jazz 5 Continents" ne se dément pas. Cette année, à côté de têtes d’affiches comme Chilly Gonzalez ou Marcus Miller, une attention particulière est donnée à des noms prometteurs, comme Vincent Peirani ou Raphael Imbert. Marseille Jazz 5 continents, jusqu’au 27 juillet.

Chroniques

8H35
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