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"BlacKkKlansman - J'ai infiltré le Ku Klux Klan" de Spike Lee

L'Amérique ségrégationniste à l'écran

5 min
À retrouver dans l'émission

Au menu de ce journal : l’amour du rock sur la cote Armor, et l’Amérique ségrégationniste à l’écran.

"BlacKkKlansman - J'ai infiltré le Ku Klux Klan" de Spike Lee
"BlacKkKlansman - J'ai infiltré le Ku Klux Klan" de Spike Lee Crédits : Universal Pictures International France

L'Amérique ségrégationniste à l'écran

-Ce n’est peutêtre pas un hasard du calendrier : dans les salles obscures, deux films racontent l’Amérique raciste et ses suprématistes blancs, un an après l'épisode meurtrier de Charlottesville. 

  • "The Intruder" de Roger Corman

Pour la première fois dans les salles françaises, la sortie hier en version restaurée de The Intruder de l’américain Roger Corman. Un drame politique tournée en 1962. Le pitch : dans une petite ville du Missouri des années 60, un membre d’un groupuscule d’extrême-droite - tout de blanc vêtu- s’oppose aux récentes lois d’intégrations et va réanimer la xénophobie de ses habitants. 

Roger Corman est un grand cinéaste, mais il est surtout célèbre pour ses monstres en plastique et ses films de série B voire de série Z. C’est la première fois qu’il réalise un film engagé. Ce sera aussi la dernière. A l’époque, Hollywood n’excelle pas pour son audace politique. Les opinions progressistes de ce film lui ont valu des menaces de mort. Le tournage dans le Sud  profond des Etats-Unis a également été très difficile. Roger Corman raconte qu’il devait passer de villes en villes et tourner les scènes au plus vite avant de fuir les villes, escorté par la police locale. Ce côté "tournage en urgence" d’ailleurs se sent à l’image. A sa sortie, le film est un échec commercial. En réalité c’est un bijou, même 56 ans plus tard.

Un film que l’on peut mettre en parallèle avec un deuxième films très attendu, en salles mercredi prochain.

  • "BlacKkKlansman" de Spike Lee

Le nouveau film de l'américain Spike Lee: "BlacKkKlansman" avec 3 k. L’histoire vraie en 1978 d’un policier afro-américain, infiltré au Ku Klux Klan :

Le film est l’adaptation de la biographie de Ron Stallworth, le premier policier afro-américain de Colorado Springs. C’est par téléphone qu’il s'est fait passer pendant des mois pour un suprématiste blanc auprès du KKK.  Alors là, il s’agit d’une comédie et le rire est utilisé pour montrer l’absurdité du projet ségrégationniste mais c’est aussi une charge anti-raciste et anti-Trump. Le film a remporté le Grand prix du dernier festival de Cannes.

Même si soixante années les séparent, ces deux films traitent à leur façon de la lutte pour les droits civique aux Etats-Unis. Le drame pour Roger Corman, la satire pour Spike Lee. Et chacun d’eux inscrit son long-métrage dans la réalité de leur époque. Le film de Spike Lee se déroule dans les années 70 mais il utilise des images de Charlottesville comme pour mieux rappeler l’actualité de son sujet. 

Autre point intéressant : pour démanteler les oripeaux du suprématisme, chacun d’eux montre le rôle de la parole et le "mirage du pouvoir oratoire". 

La 28e édition du festival "La Route du rock"

Nous continuons de prendre la route des festivals d’été et nous prenons celle de "la Route du Rock". Le festival commence ce soir sur les plages de Saint-Malo. Une 28ème édition avec des icônes de la musique comme Patti Smith ou Etienne Daho. Et des talents émergents comme avec The Limiñanas. Depuis 2009, le duo de Perpignan renouvelle le rock Français. Lionel et Marie en sont à leur 6ème album.

The Limiñanas, c’est est un vrai groupe garage, dans le sens où il font tout de chez eux, depuis… leur garage. Indépendants, on peut même parler d’un rock artisanal. 

On a décidé de bricoler des chansons Marie et moi, sachant qu’on ne maîtrise aucun des instruments qu’on enregistre. Concrètement, c’est une pièce avec des micros qui sont collés au mur, des guitares électriques, des bouzoukis, des ukulélés... Sinon on a aussi entassé des petits instruments, des petits claviers. Là récemment, j’ai acheté le petit synthétiseur avec lequel "Trio" le groupe allemand a fait "Da da da" par exemple, on chope un rythme et ça va être une base de départ pour travailler sur un titre. 

Musicalement c’est un mélange de pop et de garage avec un fort coté expérimental et bricolé à la maison. Moi j’ai aucun problème à dire que j’aime à la fois la musique de Joy division et de New Order et la pop sucrée des girls's group des années 60.

The Limiñanas nourrit donc du rock dans toutes ses nuances. Ils seront en concert demain soir à la route du rock. Festival qui se prolonge jusqu’au dimanche 19 août. 

Chroniques

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