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"Il faut agir vite pour ne pas laisser Oleg Sentsov mourir"

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Au menu de ce journal : un flic véreux à New York, une plasticienne au palais de Tokyo et à Venise, et le nouvel appel pour sauver Oleg Sentsov d’une mort proche.

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"AFP PHOTO /PRESS SERVICE OF RUSSIA'S HIGH COMMISSIONER FOR HUMAN RIGHTS Crédits : AFP

"Il faut agir vite pour ne pas laisser Oleg Sentsov mourir"

Dans le monde hier, une tribune signée par une centaine de personnalités du monde de la culture, dont les réalisateurs Jean-Luc Godard et Ken Loach et la Ministre de la Culture Françoise Nyssen, demandent la libération d’Oleg Sentsov et appellent à agir au plus vite. 

Le cinéaste ukrainien entame aujourd’hui son 93ème jour de grève de la faim. Il proteste contre son emprisonnement et celui de 70  prisonniers politiques ukrainiens. Opposant à l’annexion de la Crimée par la Russie, cela fait 4 ans qu’il est emprisonné au nord de la Russie à l’issue d’un procès qu’Amnesty International a qualifié de "stalinien". On écoute un extrait du documentaire The Trial, réalisé par Askold Kurov, sur le procès du cinéaste, dont les témoignages avait été obtenus sous la torture.

20 ans de prison, c’est la peine la plus longue prononcée à l’encontre d’un cinéaste en Russie. C’est évidement dissuasif. Oleg Sentsov est encore l’une des rares figures visibles de la résistance de l’annexion de la Crimée par la Russie. 

Depuis 3 mois, la mobilisation est mondiale et populaire. Lutter pour la vie d'Oleg Sentsov est devenu un symbole : celui d'une lutte pour la liberté d'expression et pour la démocratie. L'enjeu est si politique que même l'Elysée est intervenu dans cette mobilisation. Vendredi, Emmanuel Macron a téléphoné à Vladimir Poutine afin de trouver "une solution humanitaire".

Le lendemain, les services carcéraux russes ont déclarés que l’état de santé d’Oleg Sentsov était "satisfaisant" et qu’il ne présentait pas de signe d'insuffisance pondérale. Depuis trois mois, le cinéaste ne boit que de l’eau à base de glucose et son avocat a annoncé il y a quelques jours que son état était catastrophique, qu’il ne pouvait désormais plus supporter un trajet à l’hôpital. 

Même si Vladimir Poutine semble ne pas se soucier de l’opinion publique mondiale, la tribune du Monde hier appelle donc l'ensemble de la communauté internationale, de l'Union européenne à l'ONU, à se mobiliser pour faire pression et mettre fin à "cette tragédie démocratique".

Les 25 ans de Bad Lieutenant

On poursuit avec un grand classique du cinéma américain qui fête cette année ses 25 ans et qui pour l'occasion, ressort en version restaurée demain. Il s'agit de Bad lieutenant du cinéaste américain Abel Ferrara. Le film retrace la descente aux enfers ou le parcours de croix d'un flic véreux New-yorkais, le tout sur fond de catholicisme en crise :

En filigrane il est question de rédemption. Mais en 92, à sa sortie, Bad lieutenant scandalise pour sa brutalité. Tourné en 18 jours, les scènes sont généralement improvisées, dans la rue les passants ne sont pas des figurants, ce qui donne au film une violence extrêmement réaliste, toujours aussi percutante 25 ans plus tard.

Laure Prouvost au Palais de Tokyo et à Venise

À mesure que l’été avance, la 58ème biennale de Venise se dessine, les artistes sélectionnés sont annoncés au compte-goutte. L'événement n'aura lieu qu'à partir de mai 2019 mais la biennale de Venise c’est un peu les jeux olympiques de l’art contemporain. Avec ses pavillons nationaux, chaque pays choisit un artiste pour concourir. C’est la manifestation artistique la plus prestigieuse et la plus vieille d’Europe. Et il se passe quelque chose d’assez historique : sur les 21 pavillons déjà annoncés, 14 sont représentés par des femmes. La liste est encore incomplète mais c'est pour le moment du jamais-vu. Les plasticiennes sont plutôt rares à ce rendez-vous.

On connaît l’artiste qui représentera la France cette année : Laure Prouvost. C’est la troisième française à connaître cet honneur après Annette Messager et Sophie Calle. La plasticienne et vidéaste a 40 ans, elle est lauréate du prestigieux Turner Prize et vit à Londres depuis ses 20 ans. On peut découvrir son univers singulier et fantaisiste avec sa carte blanche au palais de Tokyo à Paris qui se poursuit jusqu'en septembre.

Le tout est pensé comme une grande installation, un "jardin d’Éden à Tchernobyl". Il y a de la malice et une légèreté joyeuse dans le travail de Laure Prouvost même lorsqu’il est question du réchauffement climatique, question qui hante les 700 mètres carré de l’exposition. Très impatiente, j’ai donc appelé l’artiste pour savoir ce qu’elle concoctait pour la future biennale de Venise.     

Ce qu'il y a d'intéressant c’est que beaucoup de femmes ont été choisies. Donc il y a une nouvelle histoire qui commence, qui s’affirme.
Ensuite, rien que l’idée de représenter un pays, ça va devenir un sujet : qu’est-ce-que la nation, qui on est ? Et la nation même globale, pas forcement française. J’aimais bien le jeux de mot Nation/Génération et travailler sur ces deux sujets. "The youth", dans le milieu de l’art on parle beaucoup de la jeunesse. Et puis j’avais envie de creuser un tunnel aussi pour arriver dans le pavillons anglais : il faut qu’on se reconnecte. Mais ça, faut pas leur dire "i’m gonna do a big tunnel."

Laure Provost au Palais de Tokyo à paris c'est donc jusqu’au 9 septembre. Et au pavillon français dans les jardin de la biennale à partir du  11 mai 2019. 

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