LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Une affiche pour la libération de Sentsov, à Kiev, le 5 juillet 2018.

Oleg Sentsov, en grève de la faim depuis 100 jours

7 min
À retrouver dans l'émission

Au menu de ce journal : l’Ardèche capitale du documentaire, des figures de la cause féministe rattrapées à leur tour et une grève de la faim longue de 100 jours.

Une affiche pour la libération de Sentsov, à Kiev, le 5 juillet 2018.
Une affiche pour la libération de Sentsov, à Kiev, le 5 juillet 2018. Crédits : SERGEI SUPINSKY - AFP

Oleg Sentsov, en grève de la faim depuis 100 jours

Aujourd’hui, Oleg Sentsov est en grève de la faim depuis maintenant 100 jours. 100 jours à ne boire que de l’eau à base de glucose. Comme on peut l’imaginer, son état de santé est plus que critique.  

Pour rappel, le cinéaste ukrainien de 42 ans proteste contre son emprisonnement. Pro-européen, opposant à l’annexion de la Crimée par la  Russie, en 2015 il est jugé dans une parodie de procès, accusé de terrorisme, il est condamné à 20 ans de prison ferme en Russie. Vladimir Poutine fait de lui un exemple et montre qu’il peut sévèrement punir ceux qui critiqueraient l’annexion de la Crimée. 

Si Oleg Sentsov décide de mettre sa vie en danger, c’est pour défendre des  valeurs : la liberté d’expression et de création et les droits  fondamentaux de l’être humain. Depuis des mois, on assiste à une mobilisation mondiale pour demander sa libération. C’est une campagne de soutien qui ne faiblit pas malgré l’été. Face à cela, le Kremlin reste de marbre. Depuis le 14 mai, pas de réponse de Vladimir Poutine. Le fondateur de l’association "Les nouveaux dissidents" Michel Eltchaninoff nous explique pourquoi Oleg Sentsov est devenu un symbole. 

Oleg  Sentsov cristallise un combat qui le dépasse. Déjà, il y a 70 prisonniers politiques ukrainiens, il y a d’autres personnes, il demande la libération de tous. Son courage et son entêtement - il a répété  il y a quelques jours qu’il allait continuer - font d’Oleg Sentsov cet homme qui symbolise la lutte pacifique, contre l’annexion de la Crimée mais également la protestation des opérations militaires russes en Ukraine et enfin l’autoritarisme de Vladimir Poutine.

On  sait qu'Emmanuel Macron a appelé Vladimir Poutine pour tenter de trouver une solution. Le chef d’Etat français aurait demandé à Angela Merkel d’évoquer le cas Sentsov lors de sa rencontre avec Poutine il y a 3 jours. Pas de  réponse claire non plus de la part de Moscou. Parmi les solutions  envisagées, il y a celle de l’échange de prisonniers politiques entre la Russie et l’Ukraine. Cela a été évoqué mais cela n’a pas été concluant. 

Dans un communiqué récent, la cousine du cinéaste assure que les occidentaux disposent encore de "leviers" pour libérer et pour sauver Oleg Sentsov. 

Lussas, capitale du documentaire

On continue de prendre la route des festivals. Elle va nous emmener aujourd’hui dans l’Ardèche, en plein cœur des vignes, dans le petit village de Lussas. Depuis dimanche le village est la capitale du film documentaire.  La 30e édition des "états généraux du film documentaire" a commencé et se poursuit jusqu'au 25 août.

Non compétitif, l'événement prend le pouls de l’évolution du documentaire en France et à l’internationale. Parmi les têtes d’affiche : Nicolas  Philibert, le réalisateur de Etre et avoir et de La maison de la radio. Le réalisateur présentait hier en avant-première son nouveau film sur la formation des infirmières, De chaque instant.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Très attendu, le film sortira en salle le 29 août prochain. Autre grand nom du documentaire francophone : Claire Simon. La réalisatrice est  d'ailleurs actuellement en plein tournage d’un documentaire sur le  festival de Lussas. Elle est aussi là pour présenter son nouveau film Premières solitudes sur les 16-18 ans. Sortie nationale prévue le 14 novembre. 

Un nouveau chapitre pour le mouvement #Metoo?

Le  15 août, le New York Times faisait sa une avec une nouvelle affaire de harcèlement sexuelle : la célèbre philosophe américaine et  universitaire Avital Ronell a été reconnue coupable harcèlement envers l’un de ses ex-étudiants et suspendue de ses fonctions.  Féministe mondialement connue, l’affaire a fait grand bruit outre-Atlantique. C’est  au tour de l’italienne Asia Argento d’être sur les bancs des accusées. Selon une enquête publiée dimanche par le New York Times, l’actrice aurait versé 380 000 dollars à l’acteur Jimmy Bennett pour acheter son silence. Elle l’aurait agressé sexuellement en 2013 alors qu’il était encore mineur. Ces révélations suscitent de vives réactions. 

Asia Argento est l’une des figures de proue du mouvement #metoo. Elle est l’une des premières à avoir accuser publiquement Harvey Weinstein. Pour le moment, pas de déclaration de l’actrice, ni de Jimmy Bennett. Alors certains voient ces deux affaires comme un discrédit jeté sur l’ensemble du mouvement #metoo, d’autres, au contraire, y voient son prolongement. A savoir, libérer la parole des victimes, de toutes les victimes des violences sexuelles. On écoute Rebecca Solnit, la philosophe américaine nous expliquer en quoi ce mouvement est un tournant.  

Je pense que ce n’est pas un début, mais une combinaison du travail que les féministes ont créé, le cadre idéal pour que les victimes puissent être entendues. Ce qui est choquant avec Weinstein, Bill Cosby ou DSK.. c'est qu'ils ont pu commettre ces violences de façon répéter. Et ça, c’est parce que les femmes n’ont pas été écoutées. Pour changer ces circonstances, il faut que les femmes puissent être audible, qu'elles puissent être écouter, et que l’on puisse les croire. C’est le féminisme qui a changé la manière dont les histoires ont pu être dites.

Ce qui est certain, c’est que ces deux affaires révèlent les transformations sociales à l’œuvre et posent plusieurs questions: Pourquoi #metoo ne  serait réservé qu’aux femmes ? La militante américaine, Tarana Burke la créatrice du hashtag a déclaré hier : "La violence sexuelle est une question de pouvoir et de privilège. Peu importe que l'auteur des violences soit votre actrice, activiste ou professeur favori, d'un genre ou d'un autre. "

Chroniques
7H38
18 min
L'Invité des Matins d'été
Politique de transport : comment éviter la déroute ?
L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......