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 le British Museum a déclaré qu'il rendait à l’Irak une collection d'antiquités datant de 5 000 ans et pillées en 2003

Le British Museum restitue à l'Irak ses antiquités volées

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Au menu de ce journal : une nouvelle génération de plasticiennes féministes, des concerts classiques au bois de Vincennes et des antiquités irakiennes pillées puis restituées.

 le British Museum a déclaré qu'il rendait à l’Irak une collection d'antiquités datant de 5 000 ans et pillées en 2003
le British Museum a déclaré qu'il rendait à l’Irak une collection d'antiquités datant de 5 000 ans et pillées en 2003 Crédits : Le British Museum / AFP - AFP

Le British Museum restitue à l'Irak ses antiquités volées 

Le British Museum de Londres va rendre à l'Irak ses antiquités pillées. Il s’agit de huit petits objets. Des cônes en terre cuite aux écritures cunéiformes ou une petite amulette en marbre blanc. Ce sont des trésors archéologiques vieux de plus de 5000 ans. Ils avait disparus en 2003, à la suite des pillages en Irak, après la chute de Saddam Hussein. L’Irak et la Syrie sont toujours victimes d’un trafic intense d’œuvres d’art. Le butin est réapparu quelques mois plus tard, chez un vendeur londonien. Saisi par la police, le British Museum s’est ensuite chargé de l’expertise. L’institution va rendre aujourd’hui ces objets aux autorités irakiennes pour qu'ils soient ensuite conservés au musée de Bagdad. C’est un geste diplomatique fort mais il intervient dans un contexte particulier : celui de l’épineuse question de la restitution des biens volés pendant la colonisation.

Les demandes de restitution sont fréquentes. Exemple récent : les habitants de l’île de Pâques, les Rapa Nui, demandent depuis des années au British Museum de leur rendre l’un de leurs Moaï. L’une de leurs gigantesques et célèbres statues avait été volée en 1868 par la royal Navy. La semaine dernière, le Chili s’est engagé auprès des Rapa Nui et a appuyé leur demande en ajoutant que l’île de Pâques était autonome pour la gestion et la conservation de son héritage archéologique. 

En France, depuis mars, Emmanuel Macron s’est engagé dans le processus de restitution du patrimoine africain. Et notamment au Bénin. Le chef d’Etat s’est donné 5 ans pour étudier les conditions de rapatriement des œuvres pillées pendant la colonisation. Pour rappel, on estime que 90 % du patrimoine africain se trouve dans les musées occidentaux.

À ce propos, je vous invite à voir ou à revoir Les statues meurent aussi de Chris Marker et d’Alain Resnais en 1953 : le documentaire anti-anticolonialiste sur l'art africain et sur le sens de sa présence dans nos musées.

La 21ème édition du festival "Classique au vert"

On continue de prendre la route des festivals avec "classique au vert". La 21ème édition se poursuit au parc Floral à Paris. C’est le grand rendez-vous de la musique classique à Paris l’été. Tous les week-end, jusqu’au 2 septembre dans le bois de Vincennes, concerts à ciel ouvert. Le festival reçoit le violoncelliste français Henri Demarquette en duo avec la pianiste italienne Vanessa Benelli-Mosell. À 24 ans, elle est l'une étoiles montantes du classique. Ce dimanche, ils prévoient un concert issu de leur disque Echoes, sortie en début d’année. 

Là, nous écoutons leur interprétation de l’Allegro scherzando de Sergueï Rachmaninov. Après le romantisme russe, le duo interprétera les œuvres minimalistes de l’américain Philip Glass.

Une nouvelle génération de femmes artistes

L’excellent Centre régional d’Art Contemporain Occitanie de Sète présente l’exposition collective "Mademoiselle".  La jeune commissaire d’exposition Tara Londi a prit le parti de n’exposer que des femmes artistes, 32 plasticiennes internationales, pour la plupart émergentes. L’exposition montre comment une nouvelle génération d’artiste explore les nouveaux enjeux et les paradoxes de la féminité contemporaine. Parole à la commissaire :

Est-ce que la vraie égalité pour les femmes et pour le projet féministe c’est d’avoir l’égalité ou d’être regardées comme différentes ? Il y a beaucoup de paradoxes aujourd’hui encore sur la condition féminine. C’est un peu la première génération qui n’a pas peur d’être regardée comme une artiste femme, qui n’a pas peur d’être mise dans un ghetto et qui est fière d’être une artiste femme et féministe. Ça, je pense que c’est très significatif pour cette génération. 

Parmi elles, la française Apolonia Sokol, jeune espoir de la peinture contemporaine. Dans ses toiles grandeur nature, la peintre revisite la mythologie et les grands thèmes de l’art pour les réactualiser au regard des problématiques actuelles. C’est le cas de son oeuvre intitulée "Suzannes".

C’est en référence à Suzanne et les vieillards. C’est un classique dans l’histoire de la peinture. Suzanne va prendre son bain au bord d’un ruisseau et là, il y a deux notables qui l'aperçoient, ils vont la regarder, vouloir coucher avec elle, elle va refuser et puis elle va devenir une martyr. Ma version est complètement autre, c’est "Suzannes" avec un S, il y a une noire et une blanche, il n' y a pas de vieillards, elles ont un sentiment de honte et de lassitude. Je fais toujours référence à des grands thèmes de la peinture classique mais là, celui-ci, il est d’actualité. Ça a été suite au #metoo et à la tribune du droit de se faire importuner. Il y a un problème générationnel dans le féminisme en France. Ce tableau exprime tout ça, toute cette confusion et cette honte dans le fait d’être une Suzanne, dans le fait que les féministes d’un certain âge sont contre les jeunes féministes. 

L’exposition "Mademoiselle" - avec un titre écrit ironiquement en rose bonbon et en italique - se poursuit jusqu’au au 6 janvier au CRAC Occitanie de Sète.

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