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une toile de Gauguin à l'exposition Chtchoukine présentée à la Fondation Louis Vuitton à Paris

La Fondation Vuitton réussit un "coup" en réalisant l'expo de l'impossible sur la mythique collection Chtchoukine

5 min
À retrouver dans l'émission

La Fondation Louis Vuitton présente la collection Chtchoukine, industriel russe, collectionneur, mais aussi commanditaire de certaines des œuvres les plus importantes de l’histoire de l’art moderne. C'est une première, "un miracle", car une telle exposition était jusqu'ici jugée impossible.

une toile de Gauguin à l'exposition Chtchoukine présentée à la Fondation Louis Vuitton à Paris
une toile de Gauguin à l'exposition Chtchoukine présentée à la Fondation Louis Vuitton à Paris Crédits : IP3 PRESS - Maxppp

Si le nom de Serguei Chtchoukine ne dit sans doute pas grand-chose au grand public, il fait rêver les conservateurs du monde entier depuis des dizaines d’années. Ce grand industriel russe a amassé entre 1898 et 1914 une collection de peintures modernes absolument mythique, considérée comme la plus importante du monde en matière d’art moderne. Plus qu’un collectionneur, Chtchoukine fut aussi et surtout un commanditaire important et crucial, notamment dans les carrières des jeunes Picasso et Matisse, dont on estime qu’ils n’auraient pas été les mêmes peintres si Chtchoukine n’avait pas existé. Cette collection d’abord mise valeur par le régime communiste à son arrivée au pouvoir a éte finalement dispersée par décret par Staline en 1948, et Chtchoukine exilé à Paris en a perdu une grande partie. Eclatées en Russie, les œuvres qu’il a collectionnés se retrouvent bannies des musées puisqu’elles incarnent l’art bourgeois jusqu'à la chute du mur. Sur les 278 œuvres de la collection initiale, la Fondation Louis Vuitton réussit à en présenter 127, un exploit, « un miracle» a-t-on martelé hier à la conférence de presse. Et surtout un rêve de conservateur explique Anna Baldassari. L’ancienne directrice du musée Picasso est en effet la commissaire de cette exposition.

La question se pose de savoir pourquoi une telle exposition ne parvient à voir le jour, qu’aujourd’hui, en France et qui plus est, dans une institution privée. Car les Russes n’ont pas encore eu droit à une telle exposition. Le gros des œuvres étant réparti entre les deux grands musées rivaux de Russie, l’Ermitage et le musée Pouchkine . Et ons se demande surtout pourquoi les plus grands musées publics du monde spécialisés dans l’art moderne (le MoMA , la Tate Gallery ou le Centre George Pompidou) n’ont pas été les premiers à organiser cette exposition. On évoque évidemment les difficultés à traiter avec les Russes, mais aussi le coût exorbitant des assurances et frais de restauration nécessaires lors d’une telle exposition : la collection représenterait aujourd’hui entre 3 et 4 milliards d’euros, même si de tels chiffre n’ont aucun sens. On évoquerait donc des contrats d’assurance à plusieurs millions d’euros. Anne Baldassari répond à nos questions.

L’un des éléments d’explication est peut-être à cherche du côté de la dimension nécessairement politique d’une telle exposition. Personne ne cache que cette exposition Chtchoukine a fait l’objet de tractations au plus niveau en France comme en Russie. Ce « coup » s’inscrit dans une stratégie bien plus large : celle du soft power russe, à l’œuvre notamment en France. Nous y reviendrons dans le journal de la culture.

Chroniques
8H50
5 min
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Dawda Jobarteh, kora et entre deux
Intervenants
  • Conservatrice du patrimoine, ex-directrice du musée Picasso de Paris et commissaire d'exposition
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