LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
L'entrée de l'exposition Afriques Capitales à la Villette à Paris

La montée en puissance de l'art contemporain africain à Paris ce printemps

5 min
À retrouver dans l'émission

Avec pas moins de six grandes expositions ou foires qui mettent l'Afrique à l'honneur, la création contemporaine de ce continent est omniprésente à Paris ce printemps. Il était temps car la France a accumulé un grand retard par rapport à d'autre pays européens en la matière.

L'entrée de l'exposition Afriques Capitales à la Villette à Paris
L'entrée de l'exposition Afriques Capitales à la Villette à Paris

Oui c’était une première : la première fois que l’Afrique était l’invitée d’honneur d’une grande foire internationale française, non dédiée. En effet signe avant-coureur de l’intérêt croissant pour ce champ, cet automne une nouvelle foire entièrement dédiée à l’art africain a vu le jour à Paris AKAA, Alsa Known As Africa, et elle a eu suffisamment de succès pour donner lieu à l’automne prochain à une deuxième édition.

L'art contemporain africain omniprésent à Paris ce printemps

Et ces deux foires ne sont pas des initiatives isolées ; on assiste à un véritable montée en puissance de la représentation de la création africaine à Paris ce printemps, c’est une explosion : soixante artistes africains sont exposés depuis la semaine dernière à la Villette dans l’expo Afrique Capitales, les Galeries Lafayette, elles aussi exposent la nouvelle génération de designers, stylistes et artistes africains avec Africa Now, l’expo Afrique des Routes au musée du Quai Branly participe du mouvement. Et surtout, après la Chine au printemps dernier, c’est l’Afrique qui est au cœur de la prochaine exposition évènement de la Fondation Louis Vuitton ; Art/Afrique: le nouvel atelier démarre à la fin du mois et donnera à voir à la fois les chefs d’œuvres de la collection de l’homme d’affaires Jean Pigozzi, l’une des plus abouties en la matière, mais aussi la création contemporaine, notamment sud-africaine. Une création contemporaine africaine que l’on connait, il faut le reconnaitre, assez mal, voire pas du tout en France, alors qu’elle monte en puissance dans des villes comme Londres, où la foire 1 :54, entièrement dédiée à l’art contemporain africain fait fureur depuis 5 ans, tant et si bien qu’elle va bientôt s’implanter à New York et à Marrakech. Pour Guillaume Piens, commissaire de cette Art Paris Art Fair, si quelques expositions clefs comme « Les magiciens de la terre » organisée en 1989, ont marqué le public hexagonal, l’approche française de la création africaine reste encore bien trop liée à la statuaire, aux arts premiers, et à tout ce que les Français ont découvert pendant colonisation, alors qu’il existe aujourd’hui une création bien plus vaste et riche. Il était grand temps, en somme selon lui, de rattraper notre retard.

Art contemporain africain: le retard français

Chéri Samba, J'aime la couleur, 2003, Collection de la Fondation Louis Vuitton
Chéri Samba, J'aime la couleur, 2003, Collection de la Fondation Louis Vuitton Crédits : © Chéri Samba

Ce printemps africain parisien est symptomatique d’un véritable tournant pour ce marché de l’art contemporain africain, que l’on découvre passionnant et largement sous-estimé. Le marché reste en effet très largement abordable, même si certains artistes, comme le Ghanéen El Enatsui, ou Congolais Chéri Samba vendent leurs œuvres à plusieurs millions d’euros. La cote des artistes africains ne cesse quoi qu’il en soit de monter, et certains observateurs s ‘interrogent : ces expositions qui se multiplient sur l’art contemporain africain n’encouragent-elles pas la spéculation? Non, répond fermement Marier Ann Yemsi. Comme plusieurs autres personnalités, elle travaille depuis des années à faire connaitre cette jeune scène africaine ; elle était la commissaire invitée de cette Art Paris Art Fair, et est aussi à l’œuvre aux Galeries Lafayette avec Africa Now. Pour elle la montée en valeur de l'art contemporain africain n'est qu'une remise à niveau juste, méritée et trop longtemps attendue.

Coût des foires, problèmes de visas: les galeries africaines se battent

Journal Intime 2, 2016 de Patrick Joël TATCHEDA YONKEU
Journal Intime 2, 2016 de Patrick Joël TATCHEDA YONKEU Crédits : Galerie MAM

La mise à niveau reste longue et semée d’embuches. Car pour des galeries africaines, venir à des foires comme L :54 à Londres, ou à cette Art Paris Art Fair est bien sûr une magnifique occasion de montrer le travail des artistes avec lesquels elles travaillent, mais cela représente un vrai défi. Financier d’abord, car les emplacements sont très onéreux, mais pas uniquement. Car ce weekend encore, beaucoup d ‘artistes africains, même très reconnus n’étaient pas présents pour présenter leurs œuvres, faute de visa. C’est le cas du Camerounais Patrick Joël Tatcheda, resté bloqué en Italie, pays où il réside mais qu’il ne peut quitter, sous peine de ne pouvoir y retourner ensuite. Sa galeriste, Marène Malong, en charge de la Fondation Donwahi-Galerie MAAM, basée à Abidjian le confirme : la circulation des œuvres et des artistes, très souvent entravée, reste un défi majeur pour faire émerger la création africain d’aujourd’hui.

Chroniques
8H50
6 min
L'Actualité musicale
Le chant politique des Cris de Paris
L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......