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La dessinatrice Posy Simmonds, écartée de la liste du Grand Prix en 2016 et président du jury pour cette 44ème édition

La nouvelle édition du Festival d'Angoulême tente de remédier aux crises de l'année dernière

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Le programme de la 44 ème édition du Festival International de Bande Dessinée d'Angoulême a été dévoilé en grand pompe, et montre de vrais efforts sur la présence des femmes, des scénaristes et la rémunération des auteurs.

La dessinatrice Posy Simmonds, écartée de la liste du Grand Prix en 2016 et président du jury pour cette 44ème édition
La dessinatrice Posy Simmonds, écartée de la liste du Grand Prix en 2016 et président du jury pour cette 44ème édition Crédits : PETER MACDIARMID / GETTY IMAGES EUROPE / AFP - AFP

Le 44 ème festival international de la bande dessinée aura lieu du 26 au 29 janvier prochain. Avec un programme bien chargé présenté en grande pompe vendredi dernier à la maison de la radio. Il y avait beaucoup d’attentes cette année, aussi bien du côté du public que des professionnels, après les polémiques qui ont émaillé l’avant mais aussi l’après festival en 2016. Premier point éminemment douloureux et emblématiques, la place des femmes. Rappelez-vous, quelques jours avant le début du festival, le dessinateur Riad Sattouf, qui faisait partie du dernier carré des auteurs en lice pour le fameux Grand Prix, annonçait sur Facebook qu’il se retirait de la course pour protester contre l’absence de femmes dans cette sélection finale. Les réseaux et les professionnelles de la BD avaient embrayé, le hashtag #WomenDoBD fleurissant partout sur la toile. Face à la crise, Franck Bondoux, directeur du festival avait multiplié les maladresses, en décidant dans une premier temps de réintroduire in extremis des noms de femmes dans la liste, avant de revenir sur le principe même d’une liste. Tout en expliquant en interview, que l’on ne pouvait réécrire l’histoire de la BD et que grandes autrices restaient marginales.

Posy Simmons et Marjane Satrapi étaient dans la liste, et il se trouve, et cela m'est pénible de le dire, que très peu d'auteurs ont voté pour elle. Mais la réalité, quoi qu'il arrive, c'est que si vous remontez quinze, vingt en arrière, vous aurez quelques noms, mais vous n'aurez pas la parité, et vous en serez même très très loin, c'est ça la réalité

Une interview qui résonne étrangement cette année, puisque la même Posy Simmonds qui sera cette année présidente du jury. Car Franck Bondoux avait finir par changé de ton, reconnaissant finalement une « erreur symbolique ». Et cette année tente de faire amende honorable en faisant une vraie place aux « autrices » puisque c’est le terme choisi et répété lors de la présentation du programme. On notera la présence Catherine Meurisse (La Légèreté), Alison Bechdel (L'Essentiel des gouines à suivre 1987-1998) ou encore Sophie Guerrive (Tulipe) dans la sélection officielle. Et surtout la grande exposition consacrée à la scénariste française Loo Hui Phang. Car c’était l’autre grande critique formulée par la profession : le manque d’intérêt porté à Angoulême aux scénaristes. Le festival là aussi fait un geste et relance à l’occasion des 50 ans de la mort de René Goscinny le prix du scénariste qui porte son nom.

L’essentiel est surtout que cette édition 2017 puisse voir le jour ..

On a tendance à l'oublier, car cette polémique –là a eu lieu après le festival, et est passé presque inaperçue auprès du grand public , mais cette 44ème édition a bien failli ne pas avoir lieu. Car les tensions très lourdes et plus structurelles entre les acteurs du secteur de la BD (notamment les éditeurs et les auteur) et la société 9ème Art , qui gère le festival avaient éclaté au grand jour, notamment lorsque le festival avait organisé une fausse cérémonie de remise de prix, pour blaguer, vécue comme une humiliation par les auteur « faussement » récompensés. Quelques semaines après le festival, les plus grands éditeurs avait appelé au boycott ou à une refonte totale du festival, un médiateur a été nommé en vitesse par le ministère de la culture pour sauver l’un des rendez-vous dont la France est le plus fière à l’international et que personne n’a intérêt à voir couler. Et ce médiateur a semble-t-il a réussi sa mission, puisque personne n’en a vraiment parlé vendredi. Il semble que la grande rétrospective consacrée au dessinateur Hermann, lauréat du Grand prix 2016, et qui publie chez la plupart des grands éditeurs ait aidé à fédérer la profession autour de cette édition, de même que la décision très attendue, impulsée par le CNL, de rémunérer les auteurs présents sur le festival, ou du moins ceux qui participent à des débats et autres tables rondes. Cela suffira-t-il à restaurer une confiance durable ? Verdict le 26 janvier.

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