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François Hollande avec l'artiste et photographe JR, le 19 avril 2017, à Clichy-Montfermeil

Le bilan de François Hollande au regard de son programme de candidat

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Avec 3 ministres successives, le quinquennat de François Hollande présente un bilan assez contrasté. Avec des promesses tenues ou non, ou en partie, et des initiatives qui n'étaient pas prévues mais prises surtout à la fin de ce mandat.

François Hollande avec l'artiste et photographe JR, le 19 avril 2017, à Clichy-Montfermeil
François Hollande avec l'artiste et photographe JR, le 19 avril 2017, à Clichy-Montfermeil Crédits : Stéphane de Sakutin - AFP

Le budget de la Culture

Il faut se rappeler que dans son fameux discours du Bourget, le candidat PS s'était aussi targué de faire de la Culture sa priorité pendant son quinquennat. En dénonçant au passage le bilan de Nicolas Sarkozy en la matière, il promettait, et c'était l'une de ses plus importantes promesses, de sanctuariser le budget de la Culture. Engagement qu'il avait réitéré, mais a minima, dans un discours au festival d'Avignon, en 2012.

Mais pendant les deux premières années de ce quinquennat, le budget de la Culture va substantiellement baisser. Ce qui s'explique, notamment, selon les observateurs, en partie à cause des inimitiés ouvertes entre Aurélie Filippetti, la première ministre de la Culture, et Jérôme Cahuzac, alors ministre du Budget. Le budget de la Culture sera finalement stabilisé à l'arrivée de Manuel Valls à Matignon, qui a nommé Fleur Pellerin, avant de finalement augmenter sous Audrey Azoulay, pour parvenir cette année au fameux 1% symbolique du budget de l'Etat en 2017. Promesse donc en partie tenue, mais qui a fait du mal on peut le dire aux relations entre l'Exécutif et le monde de la Culture.

Hadopi

L'une des autres raisons de cette baisse assez forte lors de la première année du quinquennat est que François Hollande veut agir sur Hadopi en arrivant au pouvoir. Cette espèce de patate chaude laissée par Nicolas Sarkozy. Une Haute autorité de lutte contre le piratage que François Hollande avait promis de remplacer, voire de supprimer. Après beaucoup de consultations et de missions très coûteuses confiées notamment à Pierre Lescure, Hadopi est toujours là. Seul changement : l'accès à internet des pirates ne peut plus être suspendu. Promesse donc non tenue.

Les intermittents

L'autre grand dossier de ce quinquennat est évidemment l'intermittence du spectacle, régime que François Hollande s'était engagé à pérenniser. C'était LE grand conflit de ce quinquennat. Les intermittents étant entrés en révolte après un nouvel accord imposé par le MEDEF, en mars 2014. Fleur Pellerin est aux affaires et a été nommée dans un climat assez tendu puisque les artistes ont subi à ce moment là déjà de plein fouet les baisses de subvention de l'Etat, mais aussi toutes les coupes claires que les collectivités territoriales font dans la Culture à cause des baisses de dotations de l'Etat. Les artistes sont donc remontés et Fleur Pellerin marque la rue de Valois par quelques erreurs de communication, notamment évidemment quand elle admet sur Canal Plus qu'elle ne connaît le titre des livres de Patrick Modiano. Mais c'est elle qui réglera ce dossier après moult péripéties avec un statut d'intermittent désormais inscrit dans la loi. Ce qui le protège. Fleur Pellerin sera aussi la créatrice de pactes entre les collectivités territoriales et l'Etat. Et Audrey Azoulay va continuer ce travail en mettant en place un fonds pour l'emploi dans la Culture. Le fonds PEPS est destiné notamment à soutenir les acteurs les plus fragiles et il calmera définitivement les revendications du monde de la Culture.

Audrey Azoulay, technocrate comme Fleur Pellerin, mais dont l'expertise en matière de culture est très reconnue, a eu un an et demi pour marquer des points pour François Hollande. Avec le bénéfice d'un budget augmenté. C'est elle qui permet au gouvernement de tenir ses promesses, notamment en matière d'éducation artistique. C'était le 44e engagement du candidat Hollande. Le budget à ce sujet a doublé, passant de 31 à 64 millions d'euros.

Enfin, parmi les promesses absolument pas tenues, on peut citer le CNM, Centre National de la Musique. Projet de Nicolas Sarkozy repris par François Hollande qui ne sera donc finalement pas appliqué.

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