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"Paysage avec Go Pro" - crédit Déborah de Robertis

Le musée Guimet évacué après une nouvelle performance de l'artiste Deborah De Robertis

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Le musée Guimet a été évacué dimanche, dernier jour de l'exposition Araki, où Deborah De Robertis s'était invitée pour une performance où elle apparaît en partie nue. Son travail de performances non autorisées dans les grands musées lui a déjà valu plusieurs plaintes pour exhibition sexuelle.

"Paysage avec Go Pro" - crédit Déborah de Robertis
"Paysage avec Go Pro" - crédit Déborah de Robertis Crédits : Guillaume Belvèze

Dimanche dernier, ultime jour de l’exposition Araki, consacré à ce photographe japonais adepte du bondage, qui photographie des jeunes femmes nues ou pas, souvent attachées mais aussi des orchidées évoquant les sexes féminins, la jeune artiste luxembourgeoise Deborah De Robertis est arrivée devant l’une des photos de l’expo, intitulée « Paysage avec Couleurs », qu’elle a réinterprétée, baptisant sa performance « Paysage avec Go Pro ». Habillée d’un kimono blanc transparent, elle s’est mise à manger, à main nue, une pastèque posée entre ses jambes, avec des râles de plaisirs, préalablement enregistrés. Ce n’est pas la première fois loin de là que la jeune femme fait irruption dans une institution. Elle est notamment déjà intervenue deux fois au Musée d’Orsay ; la première, qui a fait grand bruit, pour réinterpréter « l’origine du monde » du Gustave Courbet, posant donc le sexe à nu, puis un an plus tard « Olympia » de Manet, reproduisant la pose de l’odalisque, un bouquet à la main.

Deborah De Robertis, qui souhaite dans son travail renverser le regard sur la nudité dans l’art et imposer le point de vue du modèle, filme toujours ses performances à l’aide du go pro. Ses performances qui se veulent aussi évidemment une critique des instituions et de leur vision figée de l’art. Elle défend donc avec ces performances une véritable démarche artistique, qu’elle développe longuement dans ce portrait que lui a consacré les Inrocks. Performances qui durent cependant souvent très peu de temps, car elle est en général évacuée très rapidement par les gardes du musée. Deborah De Robertis refuse de demander l’autorisation de l’institution où elle intervient, et estime qu’elle apporte une contribution à l’exposition. Elle explique que c’est d’ailleurs ce que le public semblait avoir compris, ce dimanche au musée Guimet.

Même s’il a dû évacuer l’exposition une heure avant l’heure de fermeture prévue, le musée Guimet, on l’a appris hier soir, a finalement décidé de ne pas porter plainte contre Deborah De Robertis. Et c’est plutôt une bonne nouvelle pour la performeuse, car ses rapports avec les institutions où elle intervient sont extrêmement compliqués. Ses deux interventions au musée d’Orsay lui ont valu deux arrestations, 48 heures de garde à vue, 24 h en hôpital psychiatrique, mais aussi plusieurs plaintes pour exhibitions sexuelles. Elle est aujourd'hui défendue par maître Tewfik Azenoune, avocat également de l'ex Eloïse Bouton, elle aussi inculpée sous ce chef, le même finalement que la plupart des exhibitionnistes ou agresseurs. Un chef d’accusation abusif et arbitraire, selon lui, en matière d’art, dans la mesure où la plupart des artistes homme ou performers masculins ne sont jamais poursuivis.

Deborah De Robertis, qui doit comparaître bientôt devant la justice suite à ces plaintes, indique qu’elle ne compte pas pour autant renoncer à ses performances.

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