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Protestation contre le "Muslim Ban" à Portland

"Muslim Ban": réactions vives et conséquences lourdes dans le monde de la culture

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Le décret de Donald Trump qui interdit l’entrée sur le territoire américains aux ressortissants de 7 pays à majorité musulmane a suscité des réactions du monde de la culture et a déjà des conséquences concrètes et potentiellement désastreuses sur le secteur aux Etats-Unis, mais aussi à l'étranger.

Protestation contre le "Muslim Ban" à Portland
Protestation contre le "Muslim Ban" à Portland Crédits : ALEX MILAN TRACY / ANADOLU AGENCY - AFP

L’entrée en vigueur vendredi de ce décret signé par Donald Trump, et pensé par son conseiller Steve Bannon a eu des conséquences concrètes qui ont affolé le pays tout le weekend. Le « Muslim Ban » interdit en effet, l'accès au territoire américain pour les personnes issues de 7 pays à majorité musulmane : la Libye, le Soudan, la Syrie, l’Irak, l’Iran, le Yémen et la Somalie. En conséquence, plusieurs centaines de personnes sont restées bloquées dans les aéroports américains.

"Bonsoir à tous, vous qui êtes bloqués dans les aéroports!"

Ce décret a immédiatement déstabilisé plusieurs secteurs, notamment celui des sciences et de la Silicon Valley qui emploient beaucoup de ressortissants de ces pays, qui même s’ils bénéficient souvent du statut de résident étrangers sont concernés par la mesure. Le secteur de la culture a évidemment lui aussi aussitôt réagi. Hier, se tenait à Hollywwod, les Screen Actor Guild Awards, dernière grand-messe cinématographique avant les Oscars. Et voici comment le maître de cérémonie Ashton Kutcher l’a ouverte.

Bonsoir à tous, membres de la Guild, vous qui êtes à la maison, et vous tous qui êtes bloqués dans les aéroports, et qui faîtes partie de mon Amérique !Vous faîtes partie de ce qui constitue ce que nous sommes, et nous vous aimons, et nous vous souhaitons la bienvenue!

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L'Iranien Asghar Farhadi renonce à venir aux Oscars

Tout au long de la soirée, plusieurs primés dont l’actrice Emma Stone, récompensée par son rôle dans La land ont dénoncé ce fameux « Muslim Ban » et appelé à l’action, car au-delà des déclarations, il a déjà des conséquences concrètes pour el septième art. Le cinéaste iranien Asghar Farhadi, nommé aux Oscars dans la catégorie meilleur film étranger, pour son film le Client, a annoncé dimanche par voie de communiqué qu’il ne se rendrait pas à la cérémonie de remise des prix. « Mon intention n’était pas de ne pas assister à la cérémonie ou de la boycotter pour montrer mes objections (aux politiques de Trump), car je sais que beaucoup de gens dans l’industrie américaine du cinéma et au sein de l’Académie des arts et sciences du cinéma sont opposés au fanatisme et à l’extrémisme qui règnent plus que jamais aujourd’hui. » L’actrice principale de son film, Taraneh Alidousti, avait en effet annoncé plus tôt qu’elle boycotterait la cérémonie pour protester contre les mesures « racistes » de Donald Trump. Le réalisateur iranien a néanmoins été forcé de changer de position. « Il semble maintenant que la possibilité même de ma présence soit soumise à des “si” et des “mais” et ce n’est pas acceptable pour moi, même si l’on venait à faire exception pour mon voyage »

"Même ceux qui ont un poste fixe et une Green Card sont concernés"

Au-delà de ces cas très médiatiques, le « Muslim Ban » a déjà des conséquences très concrètes sur le secteur des arts. Si, à notre connaissance, aucun artiste ou curateur ou commissaire n’était retenu dans les aéroports ce weekend, il y a beaucoup de ressortissants des 7 nationalités qui travaillent dans ce qu’on appelle aux Etats-Unis les industries créatives ; le cinéma, mais aussi l’art contemporain. J’ai pu contacté hier Alison Gingeras, curatrice importante à New York qui a longtemps travaillé au Centre Georges Pompidou. Elle fait aujourd’hui partie du collectif Alt Action Group, constitué au lendemain de la Victoire de Donald Trump, à l’origine de plusieurs initiatives symboliques contre le nouveau président, dont la fameuse mobilisation autour du mot dièse #dearivanka. Elle explique que deux membres du collectif sont Iraniens, et que les dangers, pour eux comme pour tous les artistes originaire de ces 7 pays actifs aux États-Unis, sont aujourd’hui très concrets. Beaucoup, notamment d’origine iranienne, sont bloqués hors des États-Unis ou n’osent plus les quitter de peur de ne pouvoir y rentrer.

Il y a beaucoup d'expositions internationales en ce moment comme la Documenta à Athènes, qui obligent les gens à voyager, et il y a beaucoup d’artistes, iraniens notamment qui vont être affectés. Même ceux qui sont résidents ici, qui ont une Green Card, une maison ou un poste fixe ici sont concernés par cette mesure. Nous rencontrons des avocats et des aides juridiques en début de semaine pour répondre à cette demande et voir si on peut soutenir des gens qui sont coincés à l'étranger. Notre groupe était beaucoup jusqu'ici dans des actions symboliques, maintenant on va travailler sur du concret. Parce qu'ils sont passés à l'acte.

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