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Manuel Valls, alors Premier ministre, en visite au festival d'Avignon à l'été 2015. Il peut se targuer de l'accord trouvé en avril 2016 à propos des intermittents du spectacle

Que proposent les candidats à la primaire de la gauche en matière de culture ?

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La culture sera-t-elle abordée lors du premier débat de cette primaire de la gauche ? Les candidats avaient en tous cas peu investi ce thème traditionnellement dévolu à la gauche jusqu'à cette semaine, où trois d'entre eux ont précisé leurs propositions.

Manuel Valls, alors Premier ministre, en visite au festival d'Avignon à l'été 2015. Il peut se targuer de l'accord trouvé en avril 2016 à propos des intermittents du spectacle
Manuel Valls, alors Premier ministre, en visite au festival d'Avignon à l'été 2015. Il peut se targuer de l'accord trouvé en avril 2016 à propos des intermittents du spectacle Crédits : Christophe Agostinis - Maxppp

Les milieux culturels ne s’en sont pas cachés : ils attendent beaucoup de la gauche en matière de culture. Et le moins que l’on puisse dire c’est que, jusqu’à la semaine dernière, la culture semblait pourtant la grande oubliée, non seulement des discours, mais aussi des programmes des candidats à la primaire.

La culture comme priorité pour Manuel Valls

Seul Manuel Valls, dès le début des hostilités, semble avoir pensé à occuper ce terrain. Il est le seul à avoir d’emblée évoquer la culture dans son programme. L’ancien Premier ministre sembler compter sur ce domaine. Lui qui est fils de peintre, a épousé une violoniste et peut se targuer d’avoir sanctuariser le régime de l’intermittence pour s’ancrer à gauche. Il a par ailleurs reçu le soutien de l’actuelle ministre de la Culture, Audrey Azoulay.

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Dans son premier discours, il fait de la culture l’une de ses priorités : seule la culture peut rendre « notre nation plus puissante, plus solide, plus solidaire » et permet de renforcer « tout ce qui donne le sentiment de participer à une aventure collective », écrit-il dans son programme. Cela passe selon lui par la défense du patrimoine français et la relance d’une politique de grands travaux culturels (grande absente de ce quinquennat), notamment dans les régions.

Vincent Peillon dans la continuité du quinquennat Hollande

Les autres candidats se sont donc empressés de s’aligner, dans la précipitation. Lundi, Arnaud Montebourg et Vincent Peillon ont présenté leur programme culturel : le premier à la Maison de la poésie à Paris, le second à l’Espace Albatros à Montreuil. Suivis, mardi par Benoît Hamon. Y a-t-il de vraies révolutions ? Pas chez Vincent Peillon, qui en matière de culture comme ailleurs s’inscrit dans la droite ligne du quinquennat : préservation du statut d l’intermittence, effort prolongé sur le patrimoine, renforcement l’éducation artistique et culturelle en agissant sur la complémentarité entre temps scolaire et éducation artistique. Seule innovation chez ce philosophe de formation, auteur de polar à ses heures perdues, l’idée d’utiliser 1% du budget alloué aux travaux publics pour financer les manifestations dans l'espace public, afin de rendre la culture accessible à tous, idée qui était là encore dans les tiroirs de la rue de Valois depuis quelques temps.

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Arnaud Montebourg promet 500 millions d'euros de plus par an pour la Culture

Arnaud Montebourg, et Benoît Hamon eux s’inscrivent, au moins dans le discours, contre la politique culturelle de François Hollande. L’ancien ministre de l’Économie et du Redressement Productif de François Hollande dénonce, dans son « manifeste culturel » dévoilé lundi, les promesses non tenues de François Hollande sur le budget de la culture, et les « nouvelles baisses successives qui malgré des ajustements tardifs ne l’ont en aucun cas remis au niveau d’il y a cinq ans, sans compter le déficit cruel d’action intergouvernementale ». Arnaud Montebourg promet au contraire une hausse spectaculaire du budget de la culture : 500 millions d’euros par an en plus pour la culture sur l’ensemble du prochain quinquennat.

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Ces 2,5 milliards d'euros supplémentaires en cinq ans serviront notamment à "lutter contre les déserts culturels", a-t-il expliqué, grâce « à un grand plan pluriannuel. Il concernerait avant tout les collectivités territoriales, très touchées par les baisses de subventions de l’État et qui ont tendance à rogner sur la culture. Elles seraient, en cas de victoire d’Arnaud Montebourg, tenues, non seulement d’avoir un poste budgétaire dédié à la culture, mais aussi de respecter un budget minimum défini en la matière. Le candidat socialiste entend également créer une "Agence nationale de l'éducation artistique et culturelle", qui aurait vocation à développer l'éducation artistique et culturelle à l'école et à ses portes. Il insiste aussi sur la culture comme lieu d’épanouissement d’un patrimoine commun. Et on retrouve son tropisme pour le "made in France", avec un projet de musée de l’histoire sociale française.

Benoît Hamon : augmentation du budget et indépendance des médias

Face à cette déclaration forte, Benoît Hamon surenchérit, avec des propositions symboliquement fortes, mais peu détaillées. Il veut porter le budget culturel à 1 %, non pas du budget de l’État, mais du PIB français (sans pour autant donner un chiffre précis). Parmi les propositions originales qu’il propose de mettre en œuvre avec ces crédits, il y a celle de créer sur tout le territoire des "fabriques de culture", qui seraient des lieux artistiques pluridisciplinaires avec une gestion partagée et participative. Benoît Hamon entend aussi mettre en place un visa d’artiste pour favoriser la venue d’artistes étranger. Il est par ailleurs le seul candidat à aborder la question des médias dans son programme et propose une loi anti-trust pour garantir l’indépendance des médias et la qualité de l’information. Ce texte limiterait à 40 % la participation d’une entreprise dans un groupe de médias, et à 20 % si cette entreprise investit dans deux groupes de médias.

Consensus général sur l’intermittence, le patrimoine, le droit d’auteur au niveau européen

Les trois autres candidats formulent quelques propositions, mais peu détaillées. Les pages culture de leurs programmes semblent s’être précipitamment remplies cette semaine. Globalement, comme chez les quatre autres candidats, il semble qu’il y ait consensus sur un certain nombre de thème : la volonté de sauvegarder le patrimoine, de mettre l’accent sur la décentralisation et l’éducation artistique. Tous évoquent également la défense du droit d’auteur et du modèle culturel français au niveau européen face aux GAFA. A noter chez Sylvia Pinel la volonté de consacrer 2 % du budget de l’État à la culture (contre 1 % aujourd’hui). Jean -Luc Benhamias propose lui de mettre en place des chèque culture ou littérature, et le candidat écologiste François Rugy insiste pour que soit ratifiée la charte des langues régionales pour la reconnaissance de toutes les cultures qui font la France.

Mais toutes ces questions seront-elles abordées lors du débat de ce soir ?

Le thème culture n’est pas au programme, reste à savoir si spontanément l’un des candidats ira sur ce terrain, où la gauche reste très attendue.

A LIRE Culture : quelles sont les propositions des candidats à la primaire de la droite ?

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