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La laitière, oeuvre de jeunesse de Vermeer, exposée au Louvre n'est que très exceptionnellement prêtée par le Rijksmuseum d'Amsterdam

"Vermeer et les maîtres de la peinture de genre" au Louvre : l'expo qui veut changer le regard sur le génie hollandais

5 min
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C'est l’exposition événement de ce printemps : Vermeer et les maîtres de la peinture de genre. C'est la première consacrée au peintre hollandais à Paris depuis un demi-siècle. Et elle veut changer notre regard sur celui qu'on a longtemps appelé le "Sphinx de Delft".

La laitière, oeuvre de jeunesse de Vermeer, exposée au Louvre n'est que très exceptionnellement prêtée par le Rijksmuseum d'Amsterdam
La laitière, oeuvre de jeunesse de Vermeer, exposée au Louvre n'est que très exceptionnellement prêtée par le Rijksmuseum d'Amsterdam Crédits : Amsterdam, The Rijksmuseum

Cette exposition est un événement à plus d’un titre, c’est d’abord la toute première exposition consacrée au maître hollandais en France depuis 1966, à l’Orangerie. En arrivant aux commandes du Louvre, le président du musée Jean-Luc Martinez avait annoncé qu’il allait réduire le rythme des expos « événements », et privilégier celles liées aux collections. Mais on le savait, il rêvait de ce projet autour de Vermeer. Pour parvenir à le réaliser, le Louvre a travaillé d’arrache-pied pendant plus de quatre ans, et a dû s’allier avec la National Gallery of Ireland, Dublin et la National Gallery of Art de Washington pour peser le plus possible et obtenir les prêts des oeuvres qu’il désirait.

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De ce point de vue l’exposition est une réussite. 12 Vermeer y sont rassemblés, dont la fameuse Laitière, qui ne bouge quasiment jamais du Rijksmuseum d’Amsterdam. Il a fallu obtenir la garantie d’Etat, qui permet d’assurer les œuvres, et ce n’est pas chose facile avec de telles toiles. Vermeer, un événement aussi car le Louvre présente ces Vermeer aux côtés d’autres grands maîtres hollandais parfois mal connus des Français, avec une thèse assez révolutionnaire : Vermeer, celui que l’on surnomme depuis sa redécouverte au XIXème siècle « le sphinx de Delft », que l’on s’est souvent représenté en ermite, isolé, produisant des chefs d’œuvres en solitaire, fait en réalité partie d’un réseau très riche de peintres, avec lequel il a interagi.

La femme à la balance , Johannes Vermeer  1662-1663
La femme à la balance , Johannes Vermeer 1662-1663
Pieter de Hooch, La Peseuse d'or, vers 1664
Pieter de Hooch, La Peseuse d'or, vers 1664

Contre ""le Sphinx de Delft", le" réseau Vermeer"

L’exposition convoque en effet tous les autres grands maîtres de la scène de genre du siècle d’or hollandais, Gerard Dou, Nicolaes Maes, Jan Steen, Gerard Ter Borch etc... Tous peignent en ce troisième quart du 17e siècle, qui marque l’apogée de la puissance économique mondiale des Provinces-Unies des Pays Bas, et sont achetés et collectionnés par les membres de l’élite hollandaise. C’est l’émergence d’une véritable « nouvelle vague » : la peinture de genre. Des scènes idéalisées et superbement réalisées de vie privée mise en scène, avec des hommes et des femmes installant une civilité orchestrée. Tous ces peintres, Vermeer compris, peignent dans des villes différentes et à dix ou vingt ans d’écart des scènes qui s'empruntent les mêmes thèmes, voire les mêmes cadres et les mêmes motifs. L’exposition présente les différentes « versions » et interprétations d’une même scène par chacun : la leçon de musique, une femme lisant une lettre, une femme donnant mangeant à un perroquet. Les emprunts et citations entre elles apparaissent évidentes, y compris chez Vermeer. Même si l’on a aucune preuve ou indice permettant d’établir que Vermeer a quitté sa ville natale, difficile d’imaginer que le peintre hollandais n’ait pas vu ces peintures. Et il devient très tentant d’imaginer qu’il se soit rendu à la Haye, peut-être même à Amsterdam explique le commissaire de l’exposition Blaise Ducos, conservateur au Louvre. Vermeer n’est donc peut-être pas un Sphinx, mystérieux et solitaire, mais un peintre inséré dans un réseau. Mais reste un magicien: ses toiles, accrochées au milieu d’autres restent immédiatement reconnaissables au premier coup d’œil.

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