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Gotlib en 2005

Yann Lindingre sur Gotlib : "Dessiner pour lui relevait de la catharsis"

5 min
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Le dessinateur Marcel Gottlieb, Gotlib de son nom de plume, s'est éteint à 82 ans. Fondateur de l'"Echo des Savanes" et de "Fluide Glacial", il a marqué le dessin d'humour par son esprit corrosif et ses personnages absurdes.

Gotlib en 2005
Gotlib en 2005 Crédits : FRANÇOIS GUILLOT / AFP - AFP

Marcel Gottlieb, le môme de Belleville, l’enfant caché de l’Occupation, qui a perdu son père dans le camp de Buchenwald et exorcisait ses démons grâce à la plume s’est éteint à 82 ans. Le monde du dessin d’humour et de la BD salue unanimement un dessinateur qui a clairement bouleversé le dessine et, même la place du dessin en France. Au sortir de la guerre (qui reste l’expérience fondatrice de sa vie), Gotlib devient répartiteur en pharmacie, commence aime raconter des histoires avec sa plume. Il dessine pour les enfants puis s’épanouit dans Vaillant, journal pour lequel il crée le personnage de Gai-Luron, le chien qui ne rit jamais. Ses aventures se poursuivront dans Pif-Gadget jusqu’en 1971. Puis il se fait remarquer par René Goscinny qui dirige à l’époque Pilote, à il crée notamment la folle Rubrique-à-brac. Pilote qu’il quitte pour tenter de tuer le père, et fonde d’abord l’Echo des Savanes, avec notamment Claire Brétécher. Puis Fluide glacial, publication qui lui survivra et ouvre une brèche. Son apport au dessin d’humour et au dessin français est immense explique Yann Lindingre qui dirige aujourd’hui Fluide Glacial.

Il a initié cette grande tradition de l'autofiction. Et il a apporté cette culture américaine de Kurtzman, avec qui il était copain. Et il apportait aussi le non-sens anglais avec les premiers Monty Python. Il encourageait la folie à l’extrême chez ses dessinateurs, Edika, Solet, Binet. Il a été un incroyable découvreur.

Pygmalion, figure centrale du dessin, Gotlib l’est resté même s’il ne dessinait plus depuis près de 30 ans. Lorsqu’il reçoit le Grand Prix d’Angoulême, consécration ultime en 1991, il en fait déjà posé les crayons depuis plusieurs années. Lui qui fut l’un des premiers dessinateurs à se représenter, et se dessinait auréolé d’une couronne de laurier, sous le titre « deconnum rex », le roi de la déconnade, était en réalité un grand timide. Adepte des gags à répétition et d’un absurde grinçant, il avait brutalement rompu avec sa très contraignante routine de travail, (il passait plusieurs heures chaque jour à la table à dessin). Car la pratique du dessin restait finalement intimement lié aux ses vieilles blessures, estime Yann Lindingre.

Il est rentré dans une forme de travail cathartique, un exutoire. Il a travaillé comme un dingue. Il était dans le bel ouvrage. Et plume lui est tombée de la main quasiment le jour où sa mère est morte, donc oui, il y avait sûrement une dimension psychanalytique à son travail. Le dessin c'atait pour lui , malgré tout une espèce de souffrance.

Retrouvez Gotlib, dans A voix Nue, où il s’entretenait en 2011 avec Eric Aeschimann.

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