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Barcelone, plaça Reial

Barcelone et la « nature d’une ville »

5 min
À retrouver dans l'émission

Une ville a-t-elle une nature ? Exemple avec Barcelone !

Barcelone, plaça Reial
Barcelone, plaça Reial Crédits : Ralf Roletschek

Le 1er est une « Esquisse d’une philosophie du phénomène urbain », c’est un livre de Stéphane Gruet qui se penche sur La « nature » de la ville, et le 2nd peut apparaître comme le prolongement par l’exemple de cette philosophie urbaine, c’est un ouvrage collectif dirigé par l’écrivain Pierre Ducrozet, qui nous livre l’«Histoire, les promenades, une anthologie et un dictionnaire » d’une ville en particulier, et cette ville, c’est Barcelone ! 

Qu’est-ce qui fait qu’une ville suscite, éveille, inspire des écrivains, des penseurs, des peintres, des chanteurs et des musiciens, et dans un si grand nombre et de manière si différente ? Car là, on entend Freddie Mercury en duo avec la cantatrice Montserrat Caballé chanter Barcelone, mais dans cette ville, ou de cette ville, on peut aussi écouter ceci… 

Enrico Granados et ses Goyescas… ou comment une ville, un centre, un lieu balisé, limité, localisé sur une carte et dans le monde, un ensemble de rues, d’immeubles et de places n’est pas qu’une zone de repli, mais une respiration, une inspiration et l’aspiration à un ailleurs. 

1er paradoxe de la ville : un espace étroit qui nous ouvre pourtant à élargir notre horizon, un balancier entre le large et l’étroit, comme le dit Pierre Ducrozet en ouverture de son livre collectif dédié à Barcelone, dans une belle lettre qu’il adresse à la ville. 

Et de là, un 2ème paradoxe de la ville que nous inspire Barcelone : la ville, c’est à la fois un lieu de repli, un lieu familier, mais qui garde pourtant une étrangeté, qui suscite des élans multiples et parfois contradictoires (quel point commun en effet entre la Barcelone de Freddie Mercury et celle de Granados, entre la Catalogne de Stendhal et celle d’Orwell ?). Impossible apparemment de saisir  la ville avec cohérence et de la connaître parfaitement, et tous les textes, chansons, réflexions et films du monde en donneront l’air et l’esprit mais peut-être pas l’essence. 

Mais une ville a-t-elle vraiment une essence ? Y a-t-il, comme le dit Stéphane Gruet dès le titre de son livre, une « nature de la ville » ? Ou faut-il préférer à l’essence les sens, les impressions, les sensations que suscite une ville, tel Barcelone dont le charme se capte surtout de cette façon ? 

L’écrivain barcelonais Eduardo Mendoza (cité dans l’ouvrage collectif dédié à Barcelone) n’a cessé d’écrire sur sa ville, dans sa ville, à travers sa ville. Dans son roman Une comédie légère, il met en scène ce qui est déjà une scène : Barcelone. Mais mieux que d’en faire un décor, il en fait un personnage. 

De la même manière, dans son livre, La « nature » de la ville, Esquisse d’une philosophie du phénomène urbain, Stéphane Gruet prend le parti, vraiment intéressant, d’approcher une ville comme un être humain, fait d’un corps qui naît et vieillit. Comment une ville vient-elle au monde ? Peut-elle mourir ? Comment ce lieu culturel, fabriqué, travaillé, politique, économique, est-il vivant, a-t-il une vie et même plusieurs ? 

On pourrait dire, à lire l’anthologie consacrée à Barcelone, qu’une ville est d’abord un lieu dans lequel se croisent des vies (touristes, locaux, malfrats, amoureux, marginaux, employés). Mais comment est-elle aussi ce qui noue, rassemble et unit entre elles ces vies ? Comment devient-elle ce qui donne vie, ce qui justement respire et inspire ? 

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