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Alain Bashung en 2004 au Festival des Vieilles Charrues

Bashung, chanteur de l’espace intérieur

6 min
À retrouver dans l'émission

Il y a dix ans, Alain Bashung nous quittait. Aujourd’hui, les événements pleuvent pour rendre hommage à celui qui était déjà, bien avant sa disparition, considéré comme l’un des plus grands chanteurs français et comme l’un des plus singuliers. Mais que recouvre chez lui ce mot de "singularité" ?

Alain Bashung en 2004 au Festival des Vieilles Charrues
Alain Bashung en 2004 au Festival des Vieilles Charrues Crédits : JEROME FOUQUET - Maxppp

« Pastre noir », « dandy rock », « donneur de rêves », « modèle de classe populaire », les adjectifs, métaphores et autres qualificatifs ne manquent pas pour tenter de saisir ce qu’on appelle la « singularité » de Bashung et de son univers tout autant sonore que visuel.
On le dit, il occupe une place à part dans le panthéon de la chanson française.
Mais comment définir précisément cette place à part, cette singularité ? Que recouvre chez lui ce mot parfois facile de « singularité » et quel sens trouve-t-il à travers ses chansons ? 

Des bagnoles et des cantiques 

D’Alain Bashung, vous connaissez forcément ses tubes : Gaby, Osez Joséphine, il y a aussi Vertige de l’amour ou Ma petite entreprise, mais vous connaissez peut-être aussi des chansons qui paraissent moins évidentes, moins accessibles en tout cas à la première écoute, telle Je me dore sortie sur son album L’imprudence en 2002.
De Romans-photos à Bleu pétrole, Alain Bashung a tracé une voie que l’on a souvent qualifiée d’accidentée, d’inattendue, dont la destination n’avait rien de connue, n’hésitant pas à passer d’une imagerie pop faite de pizza, de bagnoles et de station-service à une atmosphère plus conceptuelle où l’imprudence côtoie la Bible (c’est son interprétation en 2002 avec Chloé Mons du Cantique des cantiques). 

On pourrait ainsi embrasser toute l’œuvre du chanteur et la définir comme un chemin, du facile au difficile, de la surface vers les abîmes, comme une voie qui a gagné, au fur et à mesure des années, en complexité, mais ça serait trop simple. Car chez Bashung, dès les débuts, se dégage une profondeur derrière chaque mot et chaque situation, même les plus ordinaires, et inversement, chaque concept, même le plus exigeant, prend des atours charnels, sensuels, matériels, presque palpables. 

Parcourir l’espace intérieur 

S’il y a ainsi un chemin chez lui, c’est plutôt celui du grand écart, en témoignent son parlé qui contient la puissance du chant, ses paroles pétries de changements d’échelles et de correspondances entre le mineur et le majeur, en témoigne cette exploration du repli sur soi qui déploie en fait chez lui tout un espace intérieur. 

En se posant la question de la singularité d’Alain Bashung, on a tout suite décrit le mouvement et l’échelle de son œuvre : grand écart, grand espace (tel le nom de sa tournée des « grands espaces »). Et de fait, en écoutant ses chansons, c’est bien une intimité qu’il nous découvre -il y a toute une omniprésence du je et de ses perceptions, rêvées ou réelles-, mais une intimité en mouvement. 

On a ainsi parlé d’identité brouillée chez lui, morcelée aussi, accidentée comme on l’a dit, et l’on pourrait ainsi parler d’une singularité mouvementée, territorialisée, faite de chemins et de lieux intériorisés : Vercors, Tchernobyl, Ostende ou Rio Grande, faire l’avion, sauter à l’élastique, montée, volutes, trapèze… Bashung est un « grand voyageur » de l’intimité, un être singulier qui n’a cessé de parcourir et de repousser les frontières de l’espace intérieur, de faire donc le grand écart. 

Malaxer l’espace intérieur 

L’espace intérieur ne fait pas que se parcourir avec Bashung, il s’élargit, il se disloque, il se détend comme du chewing-gum, il se malaxe comme de la pâte, il s’écume aussi, il donne le vertige.
Dire de quelqu’un qu’il est singulier, c’est dire qu’il est exceptionnel, original, étrange, atypique. Bashung cultivait cet écart, le grand-écart donc, mais le grand-écart qui fait du sur-place, du sur-soi.  

Chansons d'Alain Bashung diffusées :

  • Gaby oh Gaby
  • Osez Joséphine
  • Je me dore
  • La nuit je mens
  • Elsass blues
L'équipe
Production
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