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Portrait de René Descartes

Donner raison à Ferdinand Alquié

5 min
À retrouver dans l'émission

Un ensemble de textes de Ferdinand Alquié paraît sous le titre « Solitude de la raison », l’occasion de redécouvrir le philosophe.

Portrait de René Descartes
Portrait de René Descartes Crédits : Franz Hals

J’aimerais vous parler aujourd’hui d’un philosophe que l’on évoque peu : Ferdinand Alquié. Peut-être avez-vous déjà croisé son nom lors de cours de philosophie : il faut dire que Ferdinand Alquié, né en 1906 et mort en 1985, a écrit plus d’une trentaine d’ouvrages entre le début des années 30 jusqu’au début des années 80 : de la Nostalgie de l’être (qui était l’une de ses deux thèses de doctorat) au Rationalisme chez Spinoza, en passant par La philosophie du surréalisme, mais surtout, et c’est peut-être là que vous avez croisé son nom, des Leçons sur Kant et sur son grand philosophe de cœur : Descartes : 

Philosophe ou mieux : professeur de philosophie… Ferdinand Alquié rappelle Alain : comme lui, il a embrassé toute la discipline (ses périodes, ses concepts, ses grandes figures), il s’est attaché, comme on l’a entendu, à éclaircir et transmettre les plus grandes thèses philosophiques, mais il a aussi porté, et c’est une seconde raison pour évoquer sa pensée, un regard acéré, distancié, lucide sur la pratique philosophique dans l’histoire et à son époque. Et c’est pour cette 2nde raison que j’ai envie aujourd’hui de vous parler de Ferdinand Alquié. 

Depuis le début des années 2000, les éditions de la Table Ronde republient ses livres, toutes ses Leçons notamment… Mais le 15 février dernier, est paru un ensemble de textes un peu différents d’Alquié, sorti pour la 1ère fois en 1966. On y trouve moins des leçons que des textes divers : sur « Le temps humain », sur « L’être et le Néant de Sartre », ou sur « Georges Friedmann et le machinisme industriel »… autant de témoignages sur ce XXème siècle dominé par les existentialistes, la question de la technique et l’Histoire. 

Autant de textes avec cette question : comment s’est pratiquée la philosophie à ce moment-là ? Mais plus généralement : comment doit-elle se pratiquer ? Le philosophe est-il de tout temps le même, hors du monde et de l’histoire, ou se doit-il de penser l’événement présent ? C’est la question essentielle posée par Alquié : comment pratiquer la philosophie de la bonne manière, sans appauvrir le réel en le ramenant à des objets et des abstractions, comme l’ont fait les adeptes du scientisme, ni le réduire à de la matière que l’on peut pétrir et transformer à loisir, comme l’ont fait les existentialistes ?  

La bonne pratique de la philosophie, on l’entend dans cette archive de Ferdinand Alquié de 1972, n’est pas une question d’objet et de matière (on peut autant parler en philosophe d’amour que de loi, de mode que d’entendement), elle est plutôt une question d’approche, de méthode et de manière. 

Le texte qui donne son titre à ce recueil est « Solitude de la raison », et à raison, puisqu’Alquié y livre cette méthode et cette manière de pratiquer philosophie : du bon usage de la raison. Cette raison, si peu attractive, qui semble sèche et rigide pour ses contemporains, Alquié en fait la source vive de l’homme. Voici ce qu’il en dit (et je finirais avec cela) : « J’ai peine à comprendre pourquoi la lucidité, qui règne aujourd’hui en tant d’esprits, ne consent pas à se rapporter à sa source. N’est-il pas clair que, si l’homme se sent médiocre, c’est que tout n’est pas en lui médiocre ? N’apparaît-il pas que, s’il se sent absurde, c’est que le fond de son esprit est raison ? Et, s’il se sent malheureux ou aliéné, n’est-ce pas que l’essence de sa conscience est aspiration au bonheur ? ». 

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