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Beyoncé pendant la tournée "On The Run II" à Pasadena en Californie aux Etats-Unis le 22 septembre 2018

Beyoncé, artiste totale

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Faisiez-vous partie des millions de spectateurs et spectatrices qui se sont rués sur Netflix dès la mise en ligne de "Homecoming" de Beyoncé, documentaire en forme d’autobiographie façon Rousseau juge de Jean-Jacques... ? Tout montrer, tout dire, semble impossible... Sauf pour Beyoncé ?

Beyoncé pendant la tournée "On The Run II" à Pasadena en Californie aux Etats-Unis le 22 septembre 2018
Beyoncé pendant la tournée "On The Run II" à Pasadena en Californie aux Etats-Unis le 22 septembre 2018 Crédits : Larry Busacca/PW18/Getty Images for Parkwood Entertainment - Getty

Homecoming c'est le titre du documentaire de la chanteuse-danseuse-maman-féministe-star internationale, alias Beyoncé.

Film de Beyoncé sur Beyoncé, on a presque l’impression d’avoir une sorte d’autobiographie façon Rousseau juge de Jean-Jacques, sauf qu’ici il ne s’agit pas pour Beyoncé de juger toute l’œuvre de Queen B, mais une seule : sa performance,  de plus de 2 heures, sur la scène du Festival Coachella, devant plus de 100 000 personnes, il y a tout juste un an. 

Se présentant comme une plongée dans les coulisses de ce spectacle monumental, on y découvre toute sa prestation, entrecoupée de flash-backs en noir et blanc de répétitions, de réunions, de témoignages, de confessions ou de conseils, ce que donne à entendre la bande-annonce, entre leçon de vie et musique conquérante… 

TOUT orchestrer, TOUT montrer, TOUT faire fructifier

Depuis le 9 avril, les fans l’attendaient avec impatience. Et comme Beyoncé ne fait pas les choses à moitié, elle a offert en même temps que la mise en ligne de son film, un album-live surprise éponyme.
Beyoncé ou l’art de TOUT orchestrer, de TOUT montrer et de TOUT faire fructifier, car ce que l’on comprend bien, c’est que cette performance n’a pas duré seulement deux heures et quelques, mais s’est étendue sur plus d’un an, 8 mois de répétitions avant, et après, un film et un album, comme on l’a compris.
Beyoncé ou l’art du TOUT, tout simplement. 

Si l’on devait ainsi choisir un mot pour la définir, ce sera celui de TOUT. Dans les extraits en coulisses, Beyoncé insiste beaucoup là-dessus : TOUT a été travaillé, répété, discuté. Et TOUT doit être montré, c’est le principe de ce documentaire.
Du moindre détail de ses costumes faits par Olivier Rousteing, le directeur artistique de Balmain, à chaque pas de la chorégraphie, chaque arrangement musical.
Chaque répétition, comme on le voit, est ainsi filmée et suivie d’un débrief minute par minute par toute l’équipe de production, soit une cinquantaine de personnes. 

La chanteuse insiste aussi beaucoup sur le fait que TOUS et TOUTES doivent être visibles. C’est devenu son grand cheval de bataille depuis quelques années : se revendiquant comme une féministe intersectionnelle, rappelant qu’on a voulu la cantonner à son image de petite chanteuse noire de Rn’B, elle a à cœur que toutes les personnes qui œuvrent pour elle ne restent pas dans l’ombre.
Elle dit, je cite « vouloir que tous soient unis mais que chacun soit différent ». Tout le monde doit par conséquent être vu, et chacun de leurs cris et de leurs piétinements perçus par le public lors du spectacle.

Tout total ou tout totalitaire ? 

En coulisses, Beyoncé le dit, le clame, le répète : ce que l’on ressent sur scène ou dans le public doit être palpable à l’image. Ce film a cette vertu : montrer sur l’écran les sentiments et les sensations des danseurs, des musiciens ou des spectateurs. Visages émus, corps en transes, sueurs ou sourires, TOUT doit apparaître. 

J’avoue, pour ma part, faire partie de ce TOUT que veut construire Beyoncé en se forgeant une image totale. J’ai regardé avec passion et frisson des dizaines de fois certaines de ses performances, celle des Billboards Awards en 2011 ou celle pour le Superbowl en 2016, ce qui explique d’ailleurs pourquoi je m’ennuie souvent à l’écoute de ses albums : il me manque quelque chose, ça n’est pas TOUT. 

Avec cette idée de TOUT, on frôlerait presque le total et le totalitaire… Les critiques de la star ne s’en privent pas : féministe aguicheuse, altruiste richissime, indépendante collée à son mari. Totalité n’est pas perfection, on lui trouve bien sûr des défauts et des vices. Et elle en a, mais ce qui est agaçant, c’est qu’elle les montre d’elle-même. Mais oui, je vous l’ai dit, elle montre TOUT ! 

Que reste-t-il alors à dire quand on montre tout, quand la fragilité devient une force, l’intimité une performance… dans une sorte de dialectique où rien n’échappe.
Si je devais alors dire quelque chose, c’est que quand on a tout sous les yeux, il reste trop peu de place pour le manque. 

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