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Stanley Cavell à Paris, en 2015

Hommage à Stanley Cavell

6 min
À retrouver dans l'émission

Le philosophe, spécialiste du cinéma, chantre du "retour à l'ordinaire", s'est éteint mardi 19 juin.

Stanley Cavell à Paris, en 2015
Stanley Cavell à Paris, en 2015 Crédits : Crédits : A.ziel CC BY-SA 4.0

On a appris la mort, ce mardi 19 juin, du philosophe américain et professeur émérite à l’université d’Harvard. Né en 1926, Stanley Cavell s’est éteint à l’âge de 91 ans, laissant une œuvre incontournable et originale, liant d’un trait le scepticisme, l’ordinaire et le cinéma ; Wittgenstein, Emerson, Thoreau et les comédies de remariage de Cukor et Hawks…

C’était la voix de Stanley Cavell (dans A voix nue, sur France Culture, en 2008), voici maintenant quelques secondes de son écriture, c’est extrait de Qu’est-ce que la philosophie américaine ? (lu par Georges Claisse dans Les Nouveaux chemins de la connaissance, sur France Culture, le 5 novembre 2012). 

« Philosophie du nouveau monde », ce pourrait être une manière de définir l’originalité de Cavell : musique et immigration, monde privé et monde public, philosophie analytique et philosophie continentale, tout s’enracine et se lie pour Stanley Cavell dans le travail de Wittgenstein sur le langage ordinaire.

Dès son 1er livre, en français Dire et vouloir dire (1969), il attire ainsi l’attention sur le langage tel que nous le parlons ordinairement, sans jamais l’interroger, sauf cas de tragédie et de crise sceptique (doute, inquiétude, séparation…). Et c’est bien la nouveauté, l’originalité, de Cavell dans le paysage philosophique : nous éclairer sur ce « retour à l’ordinaire ». 

Aux côtés d’Emerson, Thoreau, Wittgenstein, il faut ajouter les noms de Cukor, Hawks ou McCarey, philosophes et réalisateurs ne font qu’un, en effet, pour Cavell : tous, qu’ils passent par le livre, la comédie de remariage ou le mélodrame, sont rassemblés, selon lui, autour de l’idée d’une reconnaissance, d’une acceptation, de l’ordinaire.

Cavell sera ainsi le 1er à travailler et à enseigner cette idée par le cinéma dans un département de philosophie et à consacrer la presque totalité de ses livres à des films. En témoignent, entre autres, ses livres : La projection du monde (1971), A la recherche du bonheur (1981), La protestation des larmes (1997) et Philosophie des salles obscures (2004). 

Et pour finir cet hommage, le mieux est d'entendre un extrait d’une comédie chère au cœur de Cavell : Madame porte la culotte de George Cukor… 

Archive

Emission "A voix nue": entretien de Philippe Petit avec Stanley Cavell (2008)

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