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Gender studies, animal studies, bioéthique : la fin du bon sens ?

La philosophie devenue folle

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« La philosophie devenue folle. Le genre, l’animal, la mort » de Jean-François Braunstein vient de paraître aux éditions Grasset.

Gender studies, animal studies, bioéthique : la fin du bon sens ?
Gender studies, animal studies, bioéthique : la fin du bon sens ? Crédits : CSA Images - Getty

Le genre, l’animal, la mort : clash sur clash

Pour comprendre l’intérêt du livre La philosophie devenue folle. Le genre, l’animal, la mort de Jean-François Braunstein aux éditions Grasset, je vous propose de revenir sur quelques interventions médiatiques qui ont fait grand bruit ces derniers mois.

D’abord, l’intervention d’Arnaud Gauthier-Fawas, militant LGBT, sur le plateau de l'émission Arrêt sur Images le 29 juin animée par Daniel Schneidermann.

Ensuite l’intervention de Solveig Halloin, militante anti-spéciste, le 26 septembre, sur le plateau de l’émission « Grand Angle » sur BFM animée par Bruce Toussaint.

Enfin l’intervention de Jacqueline Jencquel, militante pro-euthanasie, au micro d’Hugo Clément sur Konbini en août.

Expériences de pensée ou révolution anthropologique ?

Vous pouvez légitimement vous demander quel est le rapport entre l’homme qui ne veut pas être assigné à son genre, la femme qui considère que les animaux sont aujourd’hui victimes de déportation et de génocide au même titre que les humains ont pu l’être et celle qui considère que la vieillesse est un naufrage et qu’il faut donc en finir le plus vite possible avec la vie.
Et bien pour le philosophe Jean-François Braunstein, il y a un rapport !
Tous ces nouveaux militantismes sont le résultat d’une nouvelle philosophie portée par des auteurs anglo-saxons qui cherchent à radicalement changer les définitions du sexe et du corps, à effacer les frontières entre l’homme et l’animal et à faire admettre que toutes les vies n’ont pas la même valeur. Judith Butler à Berkeley, Peter Singer à Princeton, John Money à l’université John Hopkins, Donna Haraway à l’Université de Californie à Santa Cruz, Hugo Tristram Engelhardt à Rice University à Houston…

Tous ces penseurs s’adonnent depuis quelques décennies déjà à ce que l’on pourrait qualifier de véritables « expériences de pensées ». Par exemple, John Money, le fondateur de la théorie du genre, considère que cela devrait être normal d’amputer un membre dont on n’est pas pleinement satisfait. Donna Haraway, elle, connue pour être la théoricienne des cyborgs, confesse qu’elle échange de profonds et langoureux baisers avec son chien afin d’abolir les barrières entre les espèces. Peter Singer, théoricien de la libération animale considère, quant à lui, qu’hommes et animaux devraient pouvoir être autorisés à avoir des relations sexuelles « mutuellement satisfaisantes ». N’oublions pas non plus Hugo Tristram Engelhardt, fondateur de la bioéthique, qui suggère de faire des expérimentations médicales sur des malades au cerveau lésé plutôt que sur des animaux bien portants.
Or, pour Jean-François Braunstein, tout cela ne relève pas seulement de l’« expérience de pensée », il s’agit bien plutôt d’une véritable révolution anthropologique dont les effets commencent à se faire sentir dans le monde réel. 

Gender studies, animal studies, bioéthique : la fin du bon sens ?

En proposant une lecture éclairée et informée des fondateurs des gender studies, des animal studies et de la bioéthique, Braunstein permet d’accéder à la racine de tous ces nouveaux courants de pensée dont le dénominateur commun reste la volonté d’abolir toutes les limites et toutes les frontières.
Cette volonté, selon Braunstein, provient, chez tous ces auteurs dont il décortique minutieusement les pensées, du désir d’éviter à tout prix toute douleur psychologique et d’évacuer de la vie-même toute notion de tragédie. L’intention est discutable en soi. Le but de la philosophie n’est-il pas plutôt de nous donner les clefs pour comprendre que la douleur et la tragédie sont consubstantielles à l’existence ? Mais au-delà de l’intention, Braunstein s’attaque aux aberrations auxquelles tous ces nouveaux courants de pensée peuvent conduire. Si le genre n’a rien à voir le sexe, pourquoi ne pas en changer tous les matins ? S’il n’y a plus de différence entre animaux et humains pourquoi ne pas autoriser la zoophilie ? Si on choisit d’interrompre des vies jugées comme indignes d’être vécues, pourquoi ne pas nous débarrasser d’emblée des bébés défectueux ? Autant de questions qui ne peuvent trouver une réponse que dans un sursaut de bon sens que Braunstein appelle de ses vœux. Bon sens parfaitement résumé par la formule de Georges Orwell : « Il faut être un intellectuel pour croire un chose pareille : quelqu’un d’ordinaire ne pourrait jamais atteindre une telle jobardise ». Après les liens qui libèrent, repensons un peu aux frontières qui nous constituent. C’est ce que propose Jean-François Braunstein dans son ouvrage La philosophie devenue folle. Le genre, l’animal, la mort, paru aux éditions Grasset. 

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