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Chat mélancolique en habits de noël

Remède à la mélancolie des fêtes

4 min
À retrouver dans l'émission

Comment remédier à la déprime de la fin du mois de décembre ? En écoutant et en lisant Eva Bester qui cherche et trouve de merveilleux remèdes à la mélancolie !

Chat mélancolique en habits de noël
Chat mélancolique en habits de noël Crédits : Benjamin Torode

Saudade, mélancolie, spleen : le mal du XIXème siècle

Quand la nuit tombe sur Lisbonne

comme un voilier sans voiles,

toute l’Alfama ressemble

à une maison sans fenêtres,

où le peuple souffre de froid.

Vous avez peut-être reconnu Amalia Rodrigues, surnommée « La Reine du Fado », ce genre musical portugais apparu au début du XIXème siècle et entièrement voué à l’expression de la « saudade », ce délicieux et déchirant sentiment de nostalgie, de désir d’ailleurs, de contradiction invincible. Ce que l’on appelle en français la mélancolie, la nostalgie ou encore, en anglais, le spleen, mot qui dérive du grec ancien « splen » et qui désigne la rate, organe identifié par Hippocrate au Vème siècle avant Jésus-Christ comme étant l’organe qui déverse dans le corps humain un fluide – la bile noire – qui, si ce fluide est produit en excès, déclenche la mélancolie. C’est ce terme qui sera repris au tournant de la modernité par les romantiques anglais et allemands avant de finir chez Baudelaire, dans Le Spleen de Paris. Car si la mélancolie, comme passion de l’âme, a toujours existé et ce, dès l’Antiquité, elle devient l’affect dominant du XIXème siècle, « le mal du siècle » comme l’appellera Chateaubriand. Que l’on pense aux philosophes, Rousseau à sa manière, Shelling, Fichte, Goethe, Lessing, Novalis, Schopenhauer, aux musiciens, Mendelssohn, Schubert, Wagner, Beethoven, aux peintres, Friedrich ou encore Delacroix, aux écrivains et poètes, Chateaubriand bien sûr, mais aussi Musset, Lord Byron, Blake, Hölderlin et j’en passe, le romantisme n’est pas seulement une école philosophique, artistique ou littéraire, c’est une vision du monde, une protestation intime contre la civilisation occidentale moderne, sa vacuité, sa perte de sens, son désenchantement. Le « mal du siècle » c’est cette prise de conscience d’une inadéquation fondamentale de l’être sensible à son environnement social. Et c’est encore à Chateaubriand, dans son roman autobiographique René que revient la définition sans doute la plus belle : « On habite avec un cœur plein un monde vide, et sans avoir usé de rien on est désabusé de tout ».

La période des fêtes, pas si festive ?

Si je vous parle de tout cela, en cette fin décembre, c’est parce que les fêtes de fin d’année emportent avec elles leur lot de mélancolie. Loin des représentations festives véhiculées par les médias et les commerçants, la fin du mois de décembre, le phénomène est documenté par de nombreux psychiatres, est une période particulièrement délicate, elle se conjugue avec le solstice d’hiver et achève ainsi la victoire de la nuit sur le jour. Si donc, de manière tout à fait inavouable, et comme une bonne partie de la population en réalité, vous êtes recroquevillés chez vous, maussades, j’ai la solution ! S’il paraît souvent impossible de chasser la mélancolie, alors il faut lui trouver des compagnons. 

Des antidotes à la mélancolie

C’est ce que vous propose tous les dimanches à 10h du matin sur France Inter la prodigieuse Eva Bester. Son émission « Remèdes à la mélancolie » invite chaque semaine une personnalité à se confier sur ses antidotes au spleen. Les Remèdes à la mélancolie, c’est aussi un livre de la même Eva Bester, paru dans sa dernière version en novembre dernier dont je vous cite le préambule : « Si vous lisez ceci, vous êtes en vie ; cette question a donc déjà dû vous effleurer : comment composer dans cet enfer de déceptions, de cruautés, de bruits et de vulgarité ? » Le ton est donné et il est irrésistible. Eva Bester connaît mieux que quiconque la question, il n’y a plus qu’à se confier à elle, à ses recommandations philosophiques, littéraires, musicales, filmiques et autres qu’elle a glanées des années durant. Que vous soyez de ceux qui cherchent à chasser toute passion négative ou de ceux qui ont besoin de se vautrer dedans pour mieux ressusciter, tout est là. C’est donc à Eva Bester qu’il faut laisser le dernier mot : « Chers lecteurs, vous avez vécu, vous avez fréquenté votre satané prochain, vous vous êtes déjà fait une idée : notre affaire est douloureuse. Agissons en connaissance de cause. »

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