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Des lycéens pendant l'épreuve du bac philo

Réforme du bac : la philosophie sacralisée, et sacrifiée ?

6 min
À retrouver dans l'émission

Diffusion ce soir sur France 2 du documentaire de Cécile Denjean, « Le cercle des petits philosophes », sur des ateliers philo en classes primaires. Une preuve pour qu’elle ait un poids réel au bac et bien avant…

Des lycéens pendant l'épreuve du bac philo
Des lycéens pendant l'épreuve du bac philo Crédits : FREDERICK FLORIN - AFP

Y a-t-il un âge pour faire de la philosophie ? Quelle place donner à cette discipline durant la scolarité ? Faut-il attendre la terminale pour l’enseigner ? Alors que nous sommes en pleine réforme du baccalauréat et que les professeurs de terminale s’inquiètent du poids réel donné à la discipline, France 2 diffuse, ce soir, à 23h05 un documentaire de Cécile Denjean sur des ateliers de philo dès l’école primaire. Extrait : 

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La mort, mais aussi la religion, la violence, la joie, ou l’amour… ce documentaire suit, en 55 minutes, des ateliers de philo qui portent sur tous les sujets, menés par le philosophe et sociologue Frédéric Lenoir, dans deux écoles primaires de la région parisienne. Ce qu’on y voit, c’est qu’en termes de sagesse, les enfants n’ont pas vraiment de leçon à recevoir… C’est d’ailleurs le meilleur argument pour leur en donner le plus tôt possible, et non pas sous forme de leçons, mais mieux sous forme d’initiations… 

Cette expérience philosophique à destination des plus jeunes n’est pas nouvelle, mais elle suscite à chaque fois un émerveillement : on est stupéfait à la fois des mots pertinents des enfants et de la place essentielle que devrait avoir la philosophie dès le plus jeune âge. De là, on est encore plus stupéfait de se souvenir que l’on a eu droit qu’à 10 mois de philosophie dans sa vie (si vous n’avez pas continué l’aventure) et de se rappeler qu’en ce moment même a lieu une réforme du baccalauréat où la place de la philosophie est en question. 

Le 14 février prochain, soit 3 semaines seulement après le rapport Mathiot, sera en effet présentée la réforme du bac par le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer. Et plusieurs professeurs de philo ont déjà pris la parole : trop d’inquiétude demeure sur la place réelle qui sera laissée à leur discipline (volume horaire et statut de Majeure). Et là est bien le problème : célébrée, mise sur un piédestal, à l’écran et sur le papier (dans le rapport Mathiot, elle devient même « épreuve universelle ») la philosophie souffre pourtant d’un flou sur sa place, au-delà de cette réforme. N’aurait-elle donc qu’une place symbolique et cosmétique pour l’Education Nationale ? 

Je ne résiste pas à vous passer la suite de l’extrait du documentaire de Cécile Denjean. Poétique, profond, on y entend la portée philosophiques des questions et réponses au plus loin et au plus près du quotidien. Alors pourquoi rien après ? Ou avant bien longtemps ? 

Saut dans le temps et dans les âges : je passe de la primaire au lycée… mais comme dans la scolarité, où l’on passe généralement de rien en termes de philo à la terminale, où il ne s’agit plus de découvrir, mais de maîtriser en quelques mois à peine, tout un corpus de notions, de concepts et d’auteurs… 

Plusieurs fois évoqué, ce sujet d’enseigner la philo avant la terminale a connu quelques expérimentations, plutôt positives, néanmoins marginales. Et le Syndicat National des Enseignements de Second degré (le SNES) de rappeler que la dernière réforme du lycée en 2010-2012 n’est pas vraiment allée dans ce sens-là, puisqu’elle n’avait pas élargi l’enseignement de la philo mais l’avait condensé en augmentant le nombre de classes par professeurs… 

Pour l’instant, la nouvelle réforme du bac n’a pas encore été présentée, mais les inquiétudes sur l’écart entre le poids réel et le poids symbolique de la philo sont, elles, bien présentes : pourquoi faire de la discipline une « épreuve universelle » mais ne l’enseigner qu’aux élèves de terminale et ne les évaluer qu’en toute fin de scolarité (après leurs choix d’orientation postbac) ? Pourquoi la célébrer et ne pas l’enseigner ? On pourra répondre : problème de ressources et de moyens. Mais un symbole peut-il vraiment compenser une injustice ? Et peut-il être plus fort qu’une réalité ? Mais ce qui est le plus paradoxal, c’est que plus on met la philo  sur un piédestal, plus on effraie les élèves, plus on les dégoûte aussi… Pourquoi donc la rendre sacrée tout en la sacrifiant ?

Pour consulter les articles relatifs à la réforme du bac:

Rapport Mathiot

Réforme du Bac: un cadeau empoisonné pour la philo

Rapport Mathiot sur le bac: quel avenir pour la philosophie?

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