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Affiche du film "L'Avare" de Jean Girault et Louis de Funès, 1980
Épisode 3 :

L’avarice

5 min
À retrouver dans l'émission

Pour l'avare, l’argent fait définitivement le bonheur ! L’avare, le radin, le pingre ou encore le rapace, c’est celui dont le vice, selon le philosophe grec Théophraste, est d’oublier tout honneur et toute gloire quand il s’agit d’éviter la moindre dépense...

Affiche du film "L'Avare" de Jean Girault et Louis de Funès, 1980
Affiche du film "L'Avare" de Jean Girault et Louis de Funès, 1980

Cupidité, racine de tous les maux

Dans son tableau La mort de l’avare, Jérôme Bosch montre un homme qui, à l’heure de sa mort, persiste dans son avarice. Assit dans son lit, près de rendre l’âme, l’horrible personnage semble irrémédiablement attiré par un sac d’or que lui tend un diable malgré l’ange qui tente de le sauver et la mort qui passe la tête par la porte et pointe vers lui sa flèche.
Pour les théologiens du Moyen Âge, comme le rapportent Carla Casagrande et Silvana Vecchio dans leur ouvrage Histoire des péchés capitaux au Moyen Âge, l’avarice est l’amour excessif de la possession de richesses, le plaisir particulier de l’âme, la possession, et de l’esprit, la jouissance de la possession. C’est à la fois amasser et ne pas faire circuler, ne pas transformer, ne pas partager. C’est tout le sens de la parabole des talents. Condamnée par Paul qui considère que « la cupidité est la racine de tous les maux », l’avarice lutte pour le statut théologique de matrice peccamineuse avec l’orgueil. L’avare est asocial qu’il soit religieux ou laïque, il met en péril l’Église et toute la communauté chrétienne.

Avarice, quand tu nous tiens !

On pense naturellement à L’Avare de Molière adapté de La Marmite de Plaute et à l’avarice légendaire de son personnage principal, Harpagon, un riche veuf, qui veut marier ses enfants Cléante et Elise, mais reste obsédé par la cassette pleine d’or qu’il a enterrée dans son jardin et dont il est persuadé qu’elle est l’objet de toutes les convoitises. La meilleure interprétation revient à Louis de Funès. Si au théâtre c’est Harpagon qui remporte la palme de l’avarice, dans le roman c’est Félix Grandet, père d’Eugénie Grandet dans La Comédie humaine de Balzac.
Extrait : « Il voulut rester assis au coin de son feu, devant la porte de son cabinet. Il attirait à lui et roulait toutes les couvertures que l’on mettait sur lui, et disait à Nanon : – Serre, serre ça, pour qu’on ne me vole pas. Quand il pouvait ouvrir les yeux, où toute sa vie s’était réfugiée, il les tournait aussitôt vers la porte du cabinet où gisaient ses trésors en disant à sa fille : – Y sont-ils ? y sont-ils ? d’un son de voix qui dénotait une sorte de peur panique. — Oui, mon père. — Veille à l’or, mets de l’or devant moi.
Eugénie lui étendait des louis sur une table, et il demeurait des heures entières les yeux attachés sur les louis, comme un enfant qui, au moment où il commence à voir, contemple stupidement le même objet ; et, comme à un enfant, il lui échappait un sourire pénible. — Ça me réchauffe ! disait-il quelquefois en laissant paraître sur sa figure une expression de béatitude. Lorsque le curé de la paroisse vint l’administrer, ses yeux, morts en apparence depuis quelques heures, se ranimèrent à la vue de la croix, des chandeliers, du bénitier d’argent qu’il regarda fixement, et sa loupe remua pour la dernière fois. Lorsque le prêtre lui approcha des lèvres le crucifix en vermeil pour lui faire baiser le Christ, il fit un épouvantable geste pour le saisir. Ce dernier effort lui coûta la vie. »

L’appât du gain, un danger pour toute la société

L’avarice coûte cher, elle éloigne les êtres aimés, mais elle peut aussi déséquilibrer les sociétés. C’est ce que prouvent les figures contemporaines de l’avarice, comme celle du terrible Gordon Gekko interprété par Michael Douglas dans le film Wall Street de 1987 réalisé par Oliver Stone. Le capitalisme triomphant ! Comment s’en sortir ? La réponse est dans le titre du deuxième opus, paru en 2010. La solution n’est pas évidente, car l’argent, lui, ne dort jamais !

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