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Les Beatles

Paul McCartney, une philosophie du conformisme

5 min
À retrouver dans l'émission

Comment le trop conformiste Paul McCartney est-il devenu le plus cool des Beatles ?

Les Beatles
Les Beatles Crédits : KEYSTONE Pictures USA/ZUMAPRESS - Maxppp

Rediffusion du 29/09/2017

Entre John Lennon et Paul McCartney, lequel préférez-vous ? Question qui se pose à nouveaux frais, car est sortie, hier, en français, une somme entièrement consacrée à Paul McCartney, qui veut réhabiliter, après des années d’amour voué à l’insoumis John Lennon, le gentil garçon de la bande, le trop gentil, le trop lisse, le trop normal, et donc pas assez rocker Paul McCartney…

Paul McCartney, ou, selon les dires de son ami John Lennon, le spécialiste des « chansons de grand-mère » et des « histoires sur des gens emmerdants qui font des choses emmerdantes ». Dires tenaces de John Lennon qui ont eu leur succès, mais qui depuis quelques années ont en fait sensiblement évolué, comme en témoigne ce livre du critique du Times, Philip Norman : le conformiste du groupe serait devenu le plus cool des Beatles.

Mais, alors, pourquoi ? Depuis quand être conforme et conformiste est-il devenu plus séduisant et intéressant que l’anticonformisme ? Paul McCartney aurait-il donc changé depuis toutes ces années, ou est-ce plutôt les années qui nous auraient changés, nous et notre rapport au conformisme ? Sûrement la 2nde option à écouter cette chanson de John Lennon…

« Ces ragots qui disaient que tu étais mort étaient vrais », « Depuis que tu es parti, tu n'es plus qu'un souvenir », et j’en passe…, dans sa chanson « How do you sleep », de 1971, John Lennon ne mâche déjà pas ses mots à l’égard de son ancien camarade… ce fils parfait, ce garçon idéal. Bref, ce gars normal que l’on ne remarque pas.

Alors, pourquoi désormais le remarquer ? D’autant qu’il faut le dire, depuis Tocqueville et sa critique de la démocratie qui uniformise et nivelle nos mœurs (Démocratie en Amérique II, 4, 6), nous non plus, on ne mâche pas nos mots contre toute cette normalité, ce conformisme et Paul McCartney. Et c’est bien le paradoxe de cette critique : chacun d’entre nous le dit, et chacun se ressemble à force de le dire. Et si Paul McCartney avait alors eu raison ? Et s’il avait eu raison de ressembler à tout le monde, malgré tout le monde ?

« Tu pourrais penser que les gens en auraient eu assez des chansons d'amour idiotes / Mais je regarde autour de moi et je vois que ce n'est pas trop le cas / Certaines personnes veulent inonder le monde de chansons d'amour idiotes / Et qu'y a-t-il de mal à ça ? ».

Mais oui, qu’y a-t-il de mal à inonder le monde de ces chansons ? Qu’y a-t-il de mal à être comme tout ce monde ? Paul McCartney en est l’exemple, que l’on commence du coup à suivre… mais Tocqueville pourrait en être l’esprit : car, oui, on le cite toujours pour critiquer le conformisme. Mais comment oublier que c’est d’abord lui qui en a fait le ciment de toute société, que c’est d’abord lui qui en a dit dans De la démocratie en Amérique (II, 1, 2) : « Sans idées communes, il n’y a pas d’action commune, et, sans action commune, il existe encore des hommes, mais non un corps social » ?

EXTRAITS :

-Archive de Paul McCartney en 1964

-John Lennon, How do you sleep

-Paul McCartney, Silly love songs

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