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Tir de la fusée Falcon 9 avec quatre astronautes à bord, depuis le Kennedy Space Center, le dimanche 16 novembre

« New Space » : nouvelle Lune économique ?

4 min
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SpaceX, première entreprise privée à transporter des astronautes dans l’espace pour un vol commercial : 10 ans après son premier tir de fusée, c’est une victoire industrielle pour l’entreprise d’Elon Musk et le « New Space » ; mais pour qui brille vraiment le marché des étoiles ?

Tir de la fusée Falcon 9 avec quatre astronautes à bord, depuis le Kennedy Space Center, le dimanche 16 novembre
Tir de la fusée Falcon 9 avec quatre astronautes à bord, depuis le Kennedy Space Center, le dimanche 16 novembre Crédits : Gregg Newton - AFP

Ce tir effectué dimanche (et l'arrimage à la Station Spatiale) est évidemment  un succès pour SpaceX, qui se place comme le premier fournisseur de fret et d’humains de la NASA et d’autres agences spatiales ; et qui démontre son efficacité industrielle, puisqu’après d’innombrables déboires - y compris une faillite évitée de justesse - son modèle de lanceur low cost réutilisable, la Falcon 9, est considéré comme fiable. 

Est-il rentable ? Cette stratégie de « costkilling » et d’intégration verticale complète - sorte d’anti Ariane - a permis à SpaceX de réduire les coûts des lancements, de 30 voire 40 % par rapport à ses concurrents. La recherche de compétitivité est drastique : depuis juin l’entreprise récupère en plus du lanceur les carénages des coiffes et économise ainsi 6 millions de dollars supplémentaires.

Pourtant, rares sont ceux qui tel le médiateur de la Cité de l’Espace dans Le Parisien, se risquent à prédire « une nouvelle économie des vols habités » en dehors du marché institutionnel. SpaceX court toujours le risque d’une surévaluation financière : ses 36 milliards de dollars de capitalisation correspondent à 30 fois ses revenus annuels, calcule Forbes : un décalage rare.  

Un nouveau marché spatial privé rentable ? 

Ce qu'il y a de nouveau dans le "NewSpace", c’est la conjonction entre un saut technologique, et une demande croissante de services spatiaux : « déferlement schumpeterien » de start-ups plus ou moins grosses, explique l’économiste chez BNP Paribas Thomas Murcherie.  

C'est même une « révolution », renchérit dans Capital l’économiste à l’Institut Thomas Moore, Sébastien Laye, liée à un environnement favorable : besoin d’applications liées aux satellites :agriculture, robotique, sécurité… ; législations favorables aux partenariats publics privés ; taux d’intérêts bas qui stimulent l’investissement risqué à long terme…SpaceX vient d’ailleurs de signer un contrat privé pour fournir à une entreprise ce qui doit devenir la première station spatiale privée, pour deux milliard de dollars et 1000 emplois à la clef. 

Selon le cabinet Accenture, ce marché atteindrait 485 Mrd $ en 2028 : bien plus que l’aviation commerciale, plus que le transport logistique terrestre. Tout l’enjeu du financement privé reste de pouvoir en capter les retombées : 4 ou 5 $ ou € pour 1 investi, dit Thomas Murcherie. Or en 2019, 90 % des revenus des industriels privés provenaient encore des Etats, rappelait le directeur de la FRS Xavier Pasco sur France Culture.  

Exploitation minière : comment transporter les œufs de la poule aux œufs d'or?

En début d'année, l'astéroïde Psyché 16 a fait les gros titres parce qu’il est composé d’alliages métalliques rares et qu’au prix du nickel, il vaudrait 10 puissance 24 - soit 10 quadrillions de dollars, plus que le PIB terrien. Il est cependant situé à 370 millions de km et il faudrait 7 ans pour faire l’aller-retour ;  

Même chose pour la Lune : le marché estimé à 100 milliards de dollars en 2050 est tout aussi prometteur mais il se heurte aux même limites logistico-techniques ; et pour l’instant la «ruée vers l’or » lunaire consiste surtout en une préemption juridique de la part des Etats-Unis. 

Les données : la vraie mine d'or à portée de satellites ? 

C’est même le « post-New Space », affirment les officiels du CNES dans La Tribune : « un agrandissement de l’économie du spatial », où les grands acteurs ne sont pas seulement les constructeurs de véhicules, mais ceux capables de « maîtriser  toute la chaîne de valeur », dit Sophy Caulier dans Le Monde : infrastructures au sol, lanceurs, satellites, fourniture d’accès. 

Le modèle est encore fragile : Microsoft vient d’investir dans Starlink, la constellation de satellites pour l’internet haut débit de SpaceX ; mais OneWeb, autre  concurrent, n’ a été sauvé de la faillite cette année que grâce à un rachat pour moitié par le gouvernement britannique ; et si 70 % des lancements sont privés, 75 % du marché est gouvernemental souligne encore Accenture. 

Reste à voir aussi, termine Sophy Caulier si, comme le GSM avec le téléphone satellite dans les années 90', la 5G terrestre ne va couper l’herbe sous le pied du GSM orbital. 

XM

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