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 Le Mur d'Hadrien, Royaume-Uni

Antique Brexit : un premier Brexit sous l’Antiquité

4 min
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Ça y est, il est là ! Le Brexit est arrivé. Après de nombreuses péripéties, ses héros révélés, plus ou moins flamboyants, la chaleur de l’ambiance des débats de la Chambre des Communes, et malgré les trahisons politiques, les frayeurs, les espoirs déçus, le Royaume-Uni sort de l’Union européenne.

 Le Mur d'Hadrien, Royaume-Uni
Le Mur d'Hadrien, Royaume-Uni Crédits : Adam Woolfitt / robertharding - Getty

Cela fait si longtemps que l’événement menace d’advenir que tous les sujets ont déjà été évoqués sur l’histoire des relations entre l’île et le continent, de la défiance multiséculaire entre Anglais et Français, de la Guerre de Cent ans à la résistance farouche de DG à son entrée dans la CEE dans les années 1960, des rebelles Écossais et Gallois aux inquiétudes sur la relance d’un conflit irlandais dont on croyait pouvoir faire le bilan. Heureusement la plateforme de chercheurs éclairés Actuel Moyen Age a eu la bonne idée de publier une contribution de Vivien Barrière, historien et archéologue, sur les mésaventures de l’empire romain sur l’île de Bretagne. 

Jules César ou le temps de la conquête

L’île de Bretagne est conquise mais seulement à moitié pour le plus grand agacement de l’état-major romain qui nourrit la région en forces militaires pour dompter ces barbares récalcitrants. Il a fallu deux tentatives à Jules César pour y poser le pied, en 55 et en 54 avant notre ère, et bien plus longtemps pour convertir les élites à la culture romaine sans jamais y parvenir totalement. Tout ça coûte très cher mais on mise sur les métaux précieux que renferment le sol d’outre-Manche pour se rembourser via la grande inventivité romaine en matière de taxes, d’impôts et de tributs. On mise aussi sur l’installation de vétérans en tant que colons pour montrer l’exemple d’une soumission des plus civilisées à l’autorité de Rome. Parce qu’une fois matées toutes les rébellions qui se relaient, maintenir la paix demande encore pas mal d’efforts - et de finances disponibles aussi. 

Honorius ou le temps de la décolonisation

Au IIe siècle de notre ère, l’idée de conquérir l’ensemble du territoire grand breton est abandonnée. L’armée romaine sécurise la moitié sud de l’île protégée par un mur - le mur d’Hadrien, long de presque 120 km - qui sera suivi d’un deuxième édifice, le mur d’Antonin. Mais la distance nourrit de nombreux désirs d’usurpation, et les généraux qui défient l'autorité de Rome en se proclamant empereur se succèdent. On n’est jamais mieux trahi que par soi-même.Malgré tout, la Grande-Bretagne se romanise et prospère, une prospérité qui se sait et fait quelques envieux auprès des peuples du nord : les Pictes, les Scots d’Irlande, les Saxons, et même quelques Francs à la recherche d’un peu d’humidité. Rome jette l’éponge et ses représentants abandonnant leurs partisans et quittent l’île sans la défendre, lassés de ces confins qui leur ont donné tant de mal et ne cessent de vouloir leur filer entre les doigts. En 410, Honorius au nom de Rome abandonne la province de Britannia. La distance entre la Grande-Bretagne et le continent, c’est l’histoire d’une variable en perpétuel ajustement.

par Anaïs Kien 

Pour plus d’informations : L’article de Vivien Barrière "Brexitus primus : entrée et sortie de la Grande-Bretagne dans l’Empire romain", mis en ligne le 31 octobre 2019 sur le site d'Actuel Moyen Age.

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