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Femme regardant à travers un trou dans le mur de Berlin.

Biographie du Mur

3 min
À retrouver dans l'émission

Les célébrations de la chute du Mur n’ont pas encore commencé mais l’agenda médiatique les devance à commencer par la chaîne franco-allemande Arte qui parmi bien d’autres, propose un documentaire sur l’histoire du Mur, "De briques et de sang. Les secrets du mur de Berlin", tout un programme !

Femme regardant à travers un trou dans le mur de Berlin.
Femme regardant à travers un trou dans le mur de Berlin. Crédits : Photo de Robert Lackenbach / La collection d'images LIFE - Getty

C’est une véritable biographie du Mur que nous propose le documentaire de Christoph Weinert et Jürgen Ast, de son béton et des martyrs de la Guerre froide qui y ont trouvé la mort pendant près de 28 ans. 

Le Mur, un regain de souveraineté 

Le documentaire s’ouvre sur une scène curieuse située dans une salle de surveillance tapissée d’écrans pour nous projeter dans un futur non advenu. Les hommes en présence s’apprêtent à neutraliser une fugitive qui tente de franchir une frontière High tech, le mur dont avait rêvé Erich Honnecker, l’homme fort d’Allemagne de l’Est, avant de le voir s’effondrer, impuissant, en 1989. 

Le mur de Berlin est érigé en 1961 après le passage à l’est de près de 200 000 Allemands en quelques mois. L’Union soviétique est menacée de perdre la compétition idéologique engagée avec l’Occident faute d’hommes à gouverner. Le rideau de fer incarné se doit de faire rempart au fascisme et surtout de procurer un regain de souveraineté. 

Déshumaniser la surveillance du Mur

Mais ce sont également les hommes, les convaincus de l’expérience socialiste appliquée au réelle qui font la chair de ce film : soldats, garde-frontières, expropriés du parcours de la frontière de béton, directrice de l’orphelinat qui accueillait les enfants dont les parents avaient été arrêtés alors qu’il tentait de passer à l’ouest. Tous disent leur conviction première de son utilité et raconte l’évanouissement de cet idéal. 

C’est bien pour cela, pour déshumaniser la surveillance du Mur, que l’on imagine sa modernisation en plusieurs étapes, pour que l’élimination spectaculaire des fuyards ne pèse plus sur la conscience des gardes-frontières et sur l’image publique du régime. 

Le Mur, entre dispositif armé et haie de verdure 

L’amalgame de matériaux disparates dressé à la va vite en 1961 est remplacé par un édifice homogène en 1966 et conforté au début des années 1970 par un grillage équipé de dispositifs de tirs automatiques et de mines, qui ne manquera pas d’indigner les partisans du respect des droits de l’homme. Protéger la ligne de démarcation devient une obsession mais le spectacle des corps échoués dans la zone de sécurité restent un cauchemar pour ceux qui en restent les premiers spectateurs. 

Un ultime projet de réforme du mur est élaboré par la RDA à partir de 1983 : une frontière parfaite, un mur invisible, dissimulé par une haie de verdure pour le masquer, et l’injection à distance de drogues anesthésiantes pour neutraliser les fuyards. Pas de mur, pas de béton, c’est une haie de verdure qui masque la séparation. Ce Mur 2000  tout à fait glaçant n’a jamais vu le jour.

par Anaïs Kien

Pour plus d'informations : Le documentaire De briques et de sang. Les secrets du mur de Berlin, disponible sur Arte.TV

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