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Al Pacino, Logan Lerman dans la série "Hunters"

La chasse aux nazis vue par les comics américains

3 min
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Les séries de super-héros investissent chaque jour davantage l’histoire du XXe siècle. Après les Watchmen, qui convoquaient la mémoire du racisme anti-noir aux Etats-Unis, voici "Hunters", une série qui mêle l’univers des comics à l’histoire de la traque des nazis après la Seconde Guerre mondiale.

Al Pacino, Logan Lerman dans la série "Hunters"
Al Pacino, Logan Lerman dans la série "Hunters" Crédits : Copyright Christopher Saunders / Amazon Studios

Après la série des Watchmen dont le scénario s’enracinait dans le contexte des émeutes raciales de Tulsa en 1921, et dans laquelle le Dr Manhattan, le Spectre soyeux et Ozymandias étaient aux prises avec la mémoire du racisme anti-noir, Amazon diffuse Hunters, une série de David Weil avec Al Pacino, qui évoque la traque des nazis après la Seconde Guerre mondiale et la possibilité d’une réparation pour les victimes de la Shoah.

Une fable morale, entre grotesque et effroi

Pas de super pouvoirs ici, mais une petite armée de citoyens menée par Al Pacino dans le rôle d’un rescapé guidé par la soif de vengeance, engagé contre la résurgence du nazisme, un IVe Reich de fiction, sur le sol américain. Hunters explore dans une fable morale l’impossible justice due aux victimes de massacres perpétrés au nom de la race. Dans les pas de Quentin Tarantino avec son Inglorious Bastard qui mettait en scène un Brad Pitt scalpeur de nazis, cette nouvelle série flirte à chaque instant avec les limites de la mise en fiction comique des génocides, avec des séquences rejouant des épisodes avérés de la cruauté concentrationnaire qui amène le spectateur à la frontière du grotesque et de l’effroi absolu. 

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Un plaidoyer en faveur de la réparation à l'esthétique acidulée 

L’armée vengeresse se compose de rescapés experts en armements, d’une mère célibataire africaine-américaine, d’un asiatique encore aux prises avec le trauma de la guerre du Vietnam : un commando hétéroclite en somme, suivi à la trace par un agent du FBI gay qui tente de remettre un peu de morale dans cette quête de justice sans limites. Le tout situé dans les années 1970, c'est à dire juste avant la diffusion de la série américaine Holocaust (1978) qui va populariser dans le monde entier l’histoire de la Shoah à travers le récit de l’expérience d’une famille juive. Hunters, au contraire, déploie une esthétique acidulée, entrecoupée de scènes jouées dans les camps de concentration, qui bouscule le regard du spectateur à chaque minute et nous laisse peu convaincus de l’efficacité de son plaidoyer sur la condamnation d’une justice du mal par le mal. Une tentative pourtant bienveillante d’associer tous ceux qui réclament réparation aujourd’hui pour avoir été pourchassés du fait de leurs origines ethniques et de la couleur de leur peau. 

par Anaïs Kien 

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