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Cérémonie d'ouverture du Parlement néerlandais, La Haye, Pays-Bas le 19 septembre 2006.

Malaise en carrosse, une histoire du monde par les objets

4 min
À retrouver dans l'émission

Non, non, non ! Ce ne sont pas les ors de la monarchie des Pays-Bas qui expliquent la polémique qui enfle à propos du luxuriant carrosse royal. Les traces de la colonisations se nichent parfois là ou on ne les attend pas.

Cérémonie d'ouverture du Parlement néerlandais, La Haye, Pays-Bas le 19 septembre 2006.
Cérémonie d'ouverture du Parlement néerlandais, La Haye, Pays-Bas le 19 septembre 2006. Crédits : Alain BENAINOUS - Getty

La breaking news du jour nous est annoncée par le quotidien néerlandais NRC Handelsblad repris par Courrier International et Vanity Fair, c’est dire, attention ! Cette année, le roi et la reine des Pays Bas ne se sont pas rendu en carrosse au Binnenhof de la Haye pour ouvrir la session parlementaire. 

Il faut dire que la voiture et son attelage de 8 chevaux font polémique depuis plusieurs années. Pas du tout parce que se déplacer dans un habitacle orné d’arabesque et de sculptures, recouvert de feuilles d’or, son intérieur brodé de soie et ses serviteurs en livrée qui s’affairent tout autour dans une scène tout à fait folklorique, nous paraissent légèrement surannés. Non, le problème s’expose sur les côtés de la cabine, où se trouvent des peintures représentant des « hommes africains et indonésiens à moitié nus en train de se soumettre à l’allégorie de la nation néerlandaise, à qui ils offrent des présents ». Une allégorie de la soumission à la colonisation et le symbole d’une fierté coloniale d’un usage délicat de l’aveu même de la monarchie néerlandaise depuis qu’en mars dernier, le roi a demandé pardon à l’Indonésie, colonie des Pays-Bas pendant 150 ans, pour les violences commises par l’armée au cours de la guerre d’indépendance, entre 1945 à 1949. Un conflit qui avait fait 100 000 morts du côté indonésien. 

Ce sulfureux Gouden Koets, ou « carrosse d’or », sera désormais exposé dans un musée d’Amsterdam en attendant que le roi ne statue définitivement sur son sort. Pour l’heure le roi et la reine des Pays Bas devront se contenter du carrosse de verre du roi Willem Ier à défaut de prendre un taxi. L’objet du délit est désormais classé au titre de l’histoire sombre du pays.

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8 sec
A History of the World in 100 Objects by Neil MacGregor

Ce que vous entendez là c’est Neil Mac Gregor, ancien directeur du British Museum de Londres qui a lancé avec la BBC en 2010 une série radiophonique sur cent objets des collections du musée pour raconter l’histoire du monde de la préhistoire à nos jours. L’initiative est un succès et donne lieu à une exposition itinérante, plusieurs livres et un jeu vidéo, accompagnés d’une plateforme participative, aujourd’hui fermée, sur laquelle tout un chacun pouvait proposer l’objet qui disait SON histoire du monde. Mais l’histoire coloniale pesait lourd là aussi car si toutes ces déclinaisons du projet étaient d’une qualité incontestable, l’idée était aussi née au moment où se multipliaient les demandes de restitutions adressées à l’institution. Il fallait donc démontrer la vocation universaliste contestée du British Museum en déployant ses capacités de rayonnement et de mise en valeur sans équivalent. Depuis l’histoire de notre culture matérielle a fait des émules en décolonisant encore d’avantage son impulsion pour questionner la dématérialisation de nos sociétés en pleine révolution virtuelle. 

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24 sec
1965 : La société de consommation de Georges Perec | Archive INA

Si les objets ont incarné une certaine idée du bonheur au plus fort de la société de consommation, comme le disait Georges Perec en 1965, ils portent en eux la possibilité d’une histoire qui embrasserait l’humanité comme jamais. C’est le propos de l’ouvrage collectif dirigé par Pierre Singaravélou et Sylvain Venayre, Le Magasin du monde, la mondialisation par les objets du XVIIIe siècle à nos jours. Des coquillages à la bouteille en plastique en passant par la laisse ou le divan, le collectif propose, par ces objets, une histoire de l’expérience humaine sans distinction de classe capable de raconter toutes les sociétés avec ou sans écriture dans leur pratiques, leurs usages et leurs circulation, dans leur vie tout simplement.

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