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Jacques Cellier (1550-1620), Recherches de plusieurs singularités par François Merlin… portraits et escrites par Jacques Cellier demourant à Reims (1583-1587).

Les monuments historiques, le logo et le labyrinthe

3 min
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Au départ, il y un logo à la fois très familier et pourtant énigmatique. Un pictogramme qui appelle le promeneur à suivre sa direction pour visiter les monuments historiques qui parsèment notre territoire. Un labyrinthe carré. Mais quelle est l'histoire qui se cache derrière ce motif ?

Jacques Cellier (1550-1620), Recherches de plusieurs singularités par François Merlin… portraits et escrites par Jacques Cellier demourant à Reims (1583-1587).
Jacques Cellier (1550-1620), Recherches de plusieurs singularités par François Merlin… portraits et escrites par Jacques Cellier demourant à Reims (1583-1587).

Vous le voyez sans arrêt en sillonnant les rues, ce carré renversé qui porte à ses angles des oreillettes qui évoquent des tours de château fort, et vous tend la main pour découvrir l’histoire au coin de la rue. Sylvie Bethmont, enseignante au collège des Bernardins, consacre un article dans The Conversation à l’histoire de ce logo à la fois si familier et si énigmatique : le pictogramme qui nous appelle à suivre sa direction pour visiter les monuments historiques qui parsèment notre territoire. 

De Dédale à la cathédrale de Reims

Son histoire est le fruit de nombreux héritages de l’Antiquité au christianisme triomphant, c’est un hybride qui indique la présence d’une trace de l’histoire. C’est le labyrinthe de la cathédrale de Reims, disparu au XVIIIe siècle qui a inspiré les graphistes. En supprimant les personnages qui le peuplaient, et en le basculant sur un de ses angles, ces derniers ont inventé  un symbole évocateur de vieilles pierres et de patrimoine. Sylvie Bethmont rappelle l’histoire mythique du labyrinthe, créé par l'architecte Dédale sur ordre du roi Minos pour enfermer le Minotaure, monstre effroyable créé par Vénus ou Aphrodite, selon l’endroit de la Méditerranée où l’on se place, pour punir Apollon de ses infidélités. C’est Thésée qui se débarrasse du monstre grâce au fil d’Ariane. 

Les motifs graphiques qui y font référence se multiplient pour représenter les pêcheurs coupables et monstrueux qui sommeillent en chacun de nous, et le combat de chaque instant qu’il faut leur opposer sur injonction de l’église. Sortir du labyrinthe pour accéder à la rédemption, c’est le nouveau programme du labyrinthe revu par le XIIe siècle. Aujourd’hui, l’esprit qui préside consiste plutôt à louer le génie des constructeurs et des architecte, la prouesse de Dédale pour inventer une multitude de chemin vers la grande variété de nos églises, châteaux, usines, lanternes des morts et autres rochers aux fées qui font saliver les amateurs de patrimoine. 

par Anaïs Kien 

Pour plus d'information : "Le logo des monuments historiques, un labyrinthe d’histoires" par Sylvie Bethmont, disponible en ligne sur The Conversation, le 30 octobre 2019

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