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Dajour Ashwood, Steven Norfleet, et Alexis Louder dans "Watchmen".

Quand l'heroic fantasy rattrape l'histoire

4 min
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Aujourd'hui, dans le Journal de l'histoire, une série d’heroic fantasy rattrape l’histoire, et en l’occurrence l’histoire américaine. Le créateur des "Watchmen" Damon Lindelof, pante le décor de sa série au cœur du plus grand massacre racial de l’histoire américaine, perpétré à Tulsa en 1921.

Dajour Ashwood, Steven Norfleet, et Alexis Louder dans "Watchmen".
Dajour Ashwood, Steven Norfleet, et Alexis Louder dans "Watchmen". Crédits : Mark Hill/HBO

C’est le retour des Watchmen mais cette fois-ci sous la forme d’une série qui reprend l’intrigue après l’époque décrite dans le film sorti en 2009. Les Watchmen c’est un comic book, un roman graphique, imaginé par Alan Moore le célèbre auteur de V pour Vendetta ou encore de From Hell et Dave Gibbons ; tous deux réinventent des super héros dépressifs et englués dans la misère humaine. 

Les "Watchmen", une folle alternative à l'histoire

Docteur Manhattan le seul à posséder des pouvoirs exceptionnels s’est exilé sur Mars et n’est plus qu’un souvenir tandis qu’Angela, la nouvelle héroïne de la bande, fait mine de diriger une pâtisserie quand elle ne revêt pas son masque de justicière. Dans les albums et le film, les Watchmen offraient la victoire aux Etats-Unis dans leur guerre au Vietnam, à la solde de Nixon l’un d’eux assassinait Kennedy, Moore et Gibbons nous offrait une folle alternative à l’histoire. Cette fois encore les Watchmen explorent les possibles avec comme fil rouge, qui hante les protagonistes, un événement historique bien réel puisqu’il s’agit du plus grand massacre racial de l’histoire américaine, perpétré à Tulsa en 1921. 

Une mise en scène hollywoodienne pour raconter des faits bien réels

Des habitants qui fuient les tirs et les bombes incendiaires, des cadavres abandonnés dans les rues, la scène d’ouverture de la série Watchmen a tout de la mise en scène choc d’un scénario hollywoodien mais les faits sont bien réels et ont largement été racontés, même s’il ne figuraient pas dans les manuels d’histoire américaine. Le 30 juin 1921 à Tulsa une émeute de Blancs protestant contre l’agression d’une jeune femme dans un ascenseur, jamais avérée, se transforme en massacre dans le quartier de Greenwood, le quartier noir le plus prospère des Etats-Unis baptisé « le Wall Street noir ». Les commerces et entreprises y sont florissants et dérangent les partisans d’une Amérique blanche qui souhaitent voir reléguer les Africains-Américains aux marges de la ville, et de la société en général. Soutenus par les forces de l’ordre, le Ku Klux Klan et  les autorités municipales, 1500 brutes détruisent les boutiques et les habitations incendiées et bombardées depuis les airs, le quartier disparaît dans les flammes et 10 000 habitants se retrouvent sans logement.

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Episode tragique et inédit dans le niveau de violence et de destruction atteint ce jour-là, le massacre de Tulsa est pourtant enterré pendant presque un siècle malgré les nombreux témoignages d’indignation, les plaintes et demandes de réparations des victimes et de leur descendants,et l’enquête d’un commission dont le rapport en 2001 a immédiatement été rangé dans un tiroir pour y être oublié. Jusqu’en 2018, lorsque le maire de Tulsa commande des fouilles prospectives qui mettent à jour de nombreux charniers. Une enquête criminelle a été ouverte et des sondages sont en cours avant d’opérer les exhumations nécessaires à la constitution du dossier.

"Watchmen", dans les replis d'une mémoire enfouie 

Damon Lindelof le créateur de la série a choisi de planter le décor des nouvelles aventures des Watchmen à Tulsa dans les replis de cette mémoire enfouie en écho au dynamisme retrouvé des mouvements suprématistes américains. L’héroïne est une femme dont le déguisement rappelle d’avantage les Servantes écarlates de Margaret Atwood que les Barbarellas de la BD originelle tandis que les méchants se font appelés la Septième Kavalerie fidèles à l’imaginaire chevaleresque nauséabond du Ku Klux Klan. La question raciale est au cœur des préoccupations américaines régulièrement ravivée par son président et c’est à cet endroit de la conscience américaine que la série doit gratter. 

par Anaïs Kien

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