LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
21/09/2013 - Édimbourg - Rallye de l'indépendance écossaise - Photo :  Colin McPherson

Il n’en finit plus d’arriver le Brexit et l’avenir de l’Ecosse

4 min
À retrouver dans l'émission

Les noce de l'Écosse au Royaume Uni scellées en 1707 ont du plomb dans l'aile. Margaret Thatcher, le Brexit et dernièrement, la gestion de la Covid 19, soufflent sur les braises des velléités indépendantistes qui gagnent du terrain.

21/09/2013 - Édimbourg - Rallye de l'indépendance écossaise - Photo :  Colin McPherson
21/09/2013 - Édimbourg - Rallye de l'indépendance écossaise - Photo : Colin McPherson Crédits : Getty

Il ne reste que quelques semaines avant la fin de la période de transition qui nous conduit lentement mais sûrement au Brexit le 1er janvier. Les toutes dernières négociations pour éviter une sortie sans accord et réglementer les relations futures entre le Royaume Uni et l’Union européenne sont en cours, avec en ligne de mire les droits de pêche. Si la frontière irlandaise est aussi en jeu, l’Écosse s’interroge sur les options à sa disposition et Nicola Sturgeon, la Première ministre de cette nation constitutive du royaume a engagé une campagne pour l’indépendance lors congrès du Parti indépendantiste écossais (SNP), qu’elle dirige en affirmant qu’elle n’avait « jamais été aussi certaine de sa réalisation ».    

Écosse / Angleterre : des relations historiquement tumultueuses

Dans cette vidéo postée la semaine dernière, Nicola Sturgeon encourage à croire avec calme et patience que l’Écosse est prête à prendre « sa place au sein de la famille des nations indépendantes », affirmant qu’elle serait sur le point de « faire l’histoire », son histoire qui s’est largement construite dans la lutte contre l’Angleterre. En février 2020, l’historien Thomas M. Devine, professeur émérite à l'université d'Édimbourg, dont la rédaction du magazine L’Histoire précise qu’il est le « seul historien de l'Écosse anobli par la reine », revenait sur les relations tumultueuses entre l’Écosse et l’Angleterre.  
Vassalisé par Guillaume le Conquérant au XIe siècle, les Écossais qui conservent quand même leur couronne et leurs dynasties ont oscillé entre soumission et revendication d’indépendance jusqu’au XVIIIe siècle. Une histoire guerrière pour un territoire relativement pauvre mais avec des atouts : ses moutons et ses poissons qui intéressent les États du continent voisin, la France en tête qui joue de ces divisions contre l’Angleterre. Une alliance intéressée qui perdure depuis plus de sept siècles et à laquelle Charles de Gaulle faisait encore référence pendant la Deuxième guerre mondiale. Si dans son allocution Nicola Sturgeon insiste sur la communauté « globale » que les Écossais s’apprêteraient à rejoindre dans le cas d’une indépendance, les Écossais n’ont pas attendu pour envoyer leurs intellectuels massivement dans les universités du continent et leurs mercenaires militaires. Un peuple qui circule d’abord pour survivre mais aussi pour s’assurer de rester présent en tant que nation utile à défendre.  

Brexit et gestion du coronavirus alimentent les mauvaises relations avec le gouvernement britannique

L’alliance conclue avec l’Angleterre au début du XVIIIe siècle assure malgré tout un essor économique et urbain à l’Écosse largement soutenu par les opportunités de l’empire colonial britannique. C’est Margareth Thatcher dans les années 1980 qui rallume avec force les feux de l’hostilité contre une Écosse qu’elle perçoit, à juste titre comme un foyer d’opposition politique travailliste. L’affirmation de l’identité écossaise, la scottishness, fait son grand retour face à la britishness, une opposition qui nourrit l'essor du Parti national écossais (SNP), celui de Nicola Sturgeon, au point qu'il devient le premier parti du pays en 2007. Si le Brexit lui-même a contrarié les électeurs écossais qui ont majoritairement voté contre cette sortie de l’Union européenne, c’est aujourd’hui la gestion du Coronavirus qui alimente les mauvaises relations avec le gouvernement britannique. Les sondages semblent donner raison à Nicola Sturgeon dans la perspective d’un referendum sur l’indépendance écossaise réclamé pour 2021, mais le casse-tête d’une sortie de l’Union européenne couplé avec une sortie du royaume britannique pourrait dissuader les Écossais de tenter l’aventure, affaire à suivre.  

Liens : 

  • M. Devine, « La nation écossaise s'est construite dans la lutte contre l'Angleterre », L'Histoire, 02/2020. 
  • AFP, Nicola Sturgeon n’a « jamais été aussi certaine » de réaliser l’indépendance de l’Ecosse, Médiapart, 28/11/2020. 
Ce contenu fait partie de la sélection
Le Fil CultureUne sélection de l'actualité culturelle et des idées  Voir toute la sélection  
L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......