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Mémorial de la paix d'Hiroshima, Japon

Mettre en musée les crimes de masse

4 min
À retrouver dans l'émission

Aujourd’hui dans le Journal de l’Histoire, il est question des musées consacrés aux grandes catastrophes du XXe siècle.

Mémorial de la paix d'Hiroshima, Japon
Mémorial de la paix d'Hiroshima, Japon Crédits : AME/a.collectionRF - Getty

La revue Mémoires en jeu publie un entretien avec Shiga Kenji, directeur du Musée du Mémorial pour la Paix d’Hiroshima consacré au bombardement atomique de la ville le 6 août 1945. L’entretien a été mené en 2017 au Mémorial de la Shoah au moment où le musée d’Hiroshima repensait son parcours et son exposition permanente. L’occasion d’une réflexion sur la mise en musée de l’histoire et la mémoire des crimes de masse. Shiga Kenji a entrepris une série de voyages d’études à travers le monde dans les musées comparables au sien qui l’a mené au musée d’Auschwitz, à Los Alamos, le site expérimental de la bombe atomique américaine et au Mémorial de la Shoah dans le cadre de sa réflexion sur le musée d’Hiroshima.  

Le parc Mémorial de la Paix de Hiroshima, un espace d’expression politique

Le parc Mémorial de la Paix de Hiroshima a été créé en 1954 près du lieu de l’explosion en application d’une loi promulguée en 1949 sur la reconstruction de la ville. Le lieu est rapidement investi par les mouvements d’opinion ; d’abord par le mouvement « Atoms for peace », pour le nucléaire civil, et dans les années 1960, par les mouvements anti-nucléaires. A la fois lieu de souvenir et de commémoration c’était avant tout un espace d’expression politique. A l’occasion de la rénovation du musée du Mémorial, le parcours prévoit de mettre en valeur l’expérience individuelle de la catastrophe nucléaire et en premier lieu l’histoire des hibakusha, les victimes irradiées de l’explosion, longtemps reléguées à la marge des politiques mémorielles. Arte propose un court reportage sur sa plateforme numérique sur le parcours d’une de ces rescapés, Reiko Yamada qui avait 11 ans en 1945. 

La dernière génération de hibakushas est en train de disparaître

Reiko Yamada est une des dernières survivantes des bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki et s’est engagée dans un programme gouvernemental de témoignages publics de ces rescapés au Japon et à l’étranger. 1 100 récits de la catastrophe ont d’ores et déjà été collectés pour le musée et les recherches futures. Interdits de témoignages jusqu’en 1952 par les autorités d’occupation américaines, les Hibakushas ont souvent refusé de raconter leur expérience. Reiko Yamada s’est donc saisie 75 ans après l’évènement de l’urgence de témoigner. 

Le musée de Hiroshima est aujourd’hui animé par des personnes n’ayant pas vécu l’événement. La disparition progressive des victimes nécessite d’inventer d’autres vecteurs de transmission de l’histoire de ces moments de paroxysme de violence et de destruction, un enjeu partagé avec les musées consacrés au génocide des juifs d’Europe et une question qui se pose également aux historiennes et aux historiens sur les modes de diffusion de leurs recherches.  Un nouvel âge de ces musées à inventer. 

Pour plus d’informations : 

par Anaïs Kien

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