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 Manifestants en Irlande du Nord, le 1 janvier 1972

Bloody Sunday, la perspective d'un procès enfin ?

4 min
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Quarante-sept ans après le massacre du dimanche 30 janvier 1972, resté dans l'histoire sous le nom de Bloody Sunday, aura lieu l'audition préliminaire (à un éventuel procès) d'un seul militaire - parmi les 18 impliqués - le "soldat F", pour deux meurtres et quatre tentatives de meurtre.

 Manifestants en Irlande du Nord, le 1 janvier 1972
Manifestants en Irlande du Nord, le 1 janvier 1972 Crédits : Leif Skoogfors/CORBIS - Getty

L'aboutissement de douze ans d'enquête

Demain aura lieu l'audition préliminaire (à un éventuel procès...) d’un soldat accusé d’avoir tué deux personnes lors d’une manifestation en 1972 à Derry, un des épisodes de violence parmi les plus connus du conflit d’Irlande du Nord entre Catholiques, républicains et protestants unionistes c’est-à-dire attachés à l’appartenance de l’Irlande du Nord au Royaume Uni. C’est le Bloody Sunday rendu célèbre grâce à la fameuse chanson de U2 qui a fait le tour du monde. Cette audience préliminaire du « soldat F » est l’aboutissement d’enquête qui a duré douze ans pour faire la lumière sur la mort de quatorze manifestants, l’un d’entre eux ayant succombé à ses blessures quelques semaines plus tard.

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Ce 30 janvier 1972, l’Association nord irlandaise pour les droits civiques organise une manifestation pacifique contre les inégalités entre catholiques et protestants et plus particulièrement contre les internements arbitraires et sans procès qui étaient devenues la règle. La violence est exacerbée depuis trois ans tant du côté des forces de l’ordre que du côté protestant et l’armée a été déployée pour assurer l’ordre public. Une violence de rue éclate régulièrement entre les habitants et les forces de l’ordre et la tension est exacerbée depuis que l’IRA, l’armée républicaine irlandaise, a exécuté six soldats à Derry en décembre 1971, quelques semaines à peine avant le 30 janvier. Un bataillon de parachutistes est chargé d’arrêter les leaders du mouvement mais la manifestation dégénère et les soldats tirent à balles réelles. 

Paul Greengrass en 2002 s’est emparé de l'événement pour en faire un film Bloody Sunday afin de saisir les exaspérations et dérapages qui avaient mené à cette tuerie : 

27 personnes ont été touchées parmi les citoyens de cette ville. 13 sont mortes ce soir, elles étaient innocentes, mortes pour rien. Vous avez offert à l’ira la plus grande victoire de son histoire. Dans toute la ville ce soir des jeunes des enfants s’apprêtent à rejoindre l’IRA. Vous subirez la tempête de leur colère.

Le Bloody Sunday ouvre une séquence de violences sans précédent

Sur 3500 victimes du conflit nord-irlandais entre 1969 et 2011, 500 perdent la vie dans l’année qui suit ce dimanche, selon l’historienne Barbara Loyer. Les familles des victimes souvent très jeunes demandent l’ouverture d’une nouvelle enquête depuis les années 80. Et le processus de paix s’est accompagné d’enquête sur ces violences, ordonnée par le Premier ministre Tony Blair ce qui a valu des excuses solennelles de David Cameron qui lui succède quelques mandatures plus tard. Un seul dossier sur une vingtaine a été jugé recevable pour donner lieu à procès à la grande déception des parties civiles. Quel serait le sens donné à la condamnation d’un seul homme face à une tuerie collective suite à l’ordre de tirer à balle réelles sur une foule donné par un état-major ? Mais depuis les accords de paix du Vendredi Saint en 1998 une série d’amnisties a été prononcée qui concernent aussi bien l’IRA que l’armée britannique. Le climat de ce procès, qui serait le premier en son genre, remet en cause un statu quo fragile déjà déstabilisé par la possibilité du rétablissement de la frontière entre le République d'Irlande et l'Irlande du Nord par un Brexit en souffrance. 

par Anaïs Kien

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