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Harkis durant la guerre d'Algérie, 1959, Sud d'Oran. Photo : Jean-Louis Swiners.

Le sort des harkis et de leurs descendants dans le rapport de Benjamin Stora fait réagir

3 min
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Le rapport de Benjamin Stora sur « les mémoires de la colonisation et de la guerre d’Algérie» fait bondir les harkis et leurs descendants. Le comité national de liaison de harkis (CNLH) reproche à l'historien de ne pas avoir été consulté pour sa rédaction. Un sujet toujours douloureux.

Harkis durant la guerre d'Algérie, 1959, Sud d'Oran. Photo : Jean-Louis Swiners.
Harkis durant la guerre d'Algérie, 1959, Sud d'Oran. Photo : Jean-Louis Swiners. Crédits : Getty

Le comité national de liaison des harkis, le CNLH, a réagi au rapport de Benjamin Stora sur « les mémoires de la colonisation et de la guerre d’Algérie» remis la semaine dernière. Une réaction indignée à la lecture d’un texte qui minimaliserait la dimension de ce dossier historique sur le devenir des Algériens recrutés comme auxiliaires de l’armée française pendant la guerre d’indépendance entre 1954 et 1962.  

Le rapport préconise de nombreuses mesures pour reconstruire une relation franco-algérienne sur les ruines de l’histoire coloniale. Parmi toutes ses propositions, l’historien préconise « de faciliter les déplacements des harkis - considérés par certains Algériens comme des traîtres collaborateurs -- et de leurs enfants entre la France et l'Algérie ». Une proposition dénoncée comme « de la poudre aux yeux », selon Mohamed Badi du CNLH auprès de l'AFP, qui explique que ces déplacements se font depuis longtemps et dans la douleur. Les harkis encore vivants aujourd’hui sont désormais trop âgés pour affronter le mauvais accueil réservé à leurs enfants lorsqu’ils se risquent à faire le voyage. Ce qui apparaît en premier lieu dans cette réaction à vif c’est la déception de ne pas avoir été consultés pour la rédaction de cette partie du rapport. Les revendications des harkis s’adressent directement à l’État français en demandant la reconnaissance de ses responsabilités dans l’abandon des harkis et les massacres de ceux qui sont restés après le départ de l’armée et de l’administration coloniale en 1962.  

Car, en effet, l’histoire des harkis est considérée comme un « dossier français ».  

Dans un entretien accordé en novembre 2020 à la revue de l’armée algérienne El-Djeich Abdelmadjid Chikhi, des archives nationales algériennes, qui travaille avec Benjamin Stora, avait affirmé que le dossier des harkis était « hors des discussions » en cours.  

Le destin des harkis est considéré comme un problème français dont le pouvoir algérien ne compte pas s’emparer.  C’est d’ailleurs contre l’État français qu’une plainte était déposée à partir de 2001 pour crime contre l’humanité. Boussad Azni était alors président du comité de liaison des harkis.  

On estime aujourd’hui que 15 000 ou 20 000 harkis, s'établissent en France de 1962 à 1968 alors que l’estimation de leur nombre total est difficilement évalué entre 200 000 et 400 000 recrutés par l’armée française dont 60 000 à 70 000 sont exécutés en Algérie après la fin de la guerre.  

C’est la reconnaissance des massacres de ceux qui sont restés et le traitement indifférent des harkis et de leurs familles installées en France qui fait encore aujourd’hui l’objet des revendications de leurs descendants.  

Liens :

  • "France-Algérie : peut-on construire une mémoire commune “sans repentance ni excuses” ?", Le Courier international, 22/01/2021. 
  • "Rapport sur la guerre d'Algérie : les harkis dénoncent le «minimalisme» de Benjamin Stora", Le Figaro, 23/01/2021. 
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