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Couverture du 8ème tome de "L’Histoire dessinée de la France", intitulé "A la vie, à la mort" aux éditions La Découverte

Dessiner l'histoire

4 min
À retrouver dans l'émission

L’histoire c’est aussi raconter des histoires et parfois même les dessiner.

Couverture du 8ème tome de "L’Histoire dessinée de la France", intitulé "A la vie, à la mort" aux éditions La Découverte
Couverture du 8ème tome de "L’Histoire dessinée de la France", intitulé "A la vie, à la mort" aux éditions La Découverte

Le 8ème tome de L’Histoire dessinée de la France aux éditions La Découverte vient de paraître. Cette fois-ci nous sommes dans les derniers siècles du Moyen Age où famine, Petit âge glaciaire, guerres à répétitions s’enchaînent dans la désolation, tout pour réjouir notre guide à travers cette histoire : la Mort en personne, une Mort qui se présente à nous avec toute sa panoplie son crâne osseux, sa robe longue noire et sa faux.

Bonjour ! Vous me reconnaissez ? Vous m’avez déjà vue dans « Guerre mondiale » I et II ou dans « Ouragans et Tsunamis ». Mais beaucoup pensent que j’ai donné le meilleur de moi-même à la fin du Moyen Age. C’est vrai qu’à l’époque je me suis bien amusée.

Quand la Mort nous guide à travers l'histoire

Le récit s’étend du XIIIe au XVe siècle avec un dispositif malin : la Mort s’épanche sur ses jeunes années, nous balade à travers ses heures de gloire, guettant les moments favorables : les crises, les refroidissements climatiques et les climats sociaux pourris mais c’est le XIVe siècle qui lui donne une belle opportunité avec une avalanche de guerres fratricides, de cousinades sanglantes, l’auteur de Game of Thrones n’avait qu’à se baisser pour ramasser ces épisodes de chroniques familiales morbides à souhait. Sans hésitation, la Mort fauche les bébés, explose les dynasties qui se refusent à faire monter sur le trône les femmes ou les étrangers alors que les dauphins s’acharnent à disparaître avant d’avoir régner. La carrière de la Mort décolle sous le règne de Philippe le Bel avec ses guerres de souveraineté, ses parties de chasse désastreuses et ses conflits d’autorité avec le Vatican. Sans oublier l’extermination des templiers.

Les rois maudits pour la Mort sont des rois bénis

Les Rois Maudits, une succession de monarques qui tombent comme des mouches et déclenchent un déluge de querelles de succession. La Mort est goulûment injuste, elle raconte ses hauts faits en s’envoyant des laits-fraise au bistrot du coin. La Mort ne tue pas, elle récolte la moisson des hommes qui l’inflige ce qui lui importe c’est d’avoir l’occasion de faucher. Elle a d’ailleurs ses chouchous, champion de la productivité :

En 1355, Edouard lance deux chevauchées en même temps ! La seconde est conduite par son fils, Edouard de Woodstock. Un nom sympathique n’est-ce pas ? Et j’aime encore mieux son surnom : le Prince Noir.

Car c’est bien le problème avec le Moyen Age, difficile d’évoquer d’autres têtes que les couronnées. Si la guerre tue surtout ceux qui la font les épidémies ne font pas de discriminations sociales. Partie de Gênes en 1347 la Peste noire va occuper la mort un certain temps puisque la moitié de la population disparaît. Mais les ravages du virus restent difficiles à raconter, les batailles intéressent davantage les chroniqueurs médiévaux. Une mémoire perdue, même pour la Mort. 

C’est une histoire nationale que nous raconte cette Histoire dessinée

A chaque nation sa Mort et les jalousies vont bon train en période de prospérité qui rend mélancolique le corps des grandes faucheuses. Le XVe siècle marque une pause dans les activités belliqueuses et virales, du coup on meurt moins vite. Une Paix relative s’installe pour quelques temps mais la Mort est vite rassurée sur son sort, par la création d’une armée permanente qu’il va bien falloir occuper. 

Mais cette fin du Moyen Age, c’est une belle époque pour la mort : l’incertitude des temps lui a offert une place centrale, le salut des âmes s’achète à prix d’or et d’efforts, une véritable success story, au son des requiems composés en son hommage. La mort a mobilisé ceux qui font la guerre, ceux qui la subissent, ceux qui la représentent, ceux qui veulent lui donner un sens et parfois oups en faire projet de société, ceux qui racontent son histoire, ceux qui l’écoutent. Un projet très collectif donc comme ce volume de l’Histoire Dessinée à 6 mains, celles de Valérie Theis, Sophie Guerrive et Etienne Anheim.  A la fin la police débarque pour embarquer la Mort qui termine son récit au pied d’une tour, une histoire pour tous et de tous. 

par Anaïs Kien

Lectures par Olivier Martinaud

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