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Notre Dame de Paris

Les flèches de nos églises

3 min
À retrouver dans l'émission

Aujourd'hui Anaïs Kien nous parle d’une bataille de flèches de nos églises, qui ont la vie dure, le chapeau pointu des églises !

Notre Dame de Paris
Notre Dame de Paris Crédits : Michael Godek - Getty

Après l’incendie de Notre-Dame, les débats ont été nombreux et houleux sur la politique à adopter pour sa restauration à l’identique ou pas: du béton ou du bois pour sa charpente mais comment retrouver une forêt entière du 12e siècle à sacrifier au profit d’une quête d’authenticité inexorablement réduite en cendres ? L’événement a déchaîné l’empathie mondiale et nationale et  les dons ont dépassé tous les pronostics à tel point qu’il a fallu abréger l’appel lancé par la Fondation du patrimoine. Quelques grincements de dents se sont fait entendre sur cette générosité débordante qui aurait pu trouver à investir dans des chantiers en souffrance plus urgents, moins dotés, moins parisiens, d’autres ont fait remarquer que les très grandes entreprises qui faisaient là acte de mécénat pourrait se pencher d’avantage sur le montant des salaires des vivants ou les conditions de travail de leurs employés, bref, on s’attendait à une série à rebondissements et nous ne sommes pas déçus !

Une autre flèche attendait patiemment qu’on règle son sort, le chantier a commencé cet été, 170 ans après sa chute, là non plus l’affaire n’a pas été simple, la vie palpitante des flèches d’églises ! La flèche de la basilique de Saint Denis, qui attendait dans un coin, ses morceaux soigneusement numérotés, qu’on la remonte, peut-être un jour, après l’avoir démontée en 1845. Par prudence, on l’avait remisée de peur qu’elle ne s’effondre après une tornade qui l’avait fragilisée.  Depuis cette flèche est évoquée régulièrement sans qu’aucune décision ne soit prise quant à son sort. En 1990 la municipalité s’y était attelée mais le Stade de France était venu balayer les ambitions des amateurs de patrimoine. La municipalité est repartie au front et cette fois en publicisant l’affaire sur le territoire pour installer le chantier en devenir dans la conscience patrimoniale des habitants. Jusqu’en 2013, le projet est alors relancé, des personnalités soutiennent le projet, Eric Orsenna, François Hollande, et bien d’autres. Cette idée de restauration de la flèche de la basilique de Saint Denis permettrait peut-être de rendre le monument plus attractif.

Et c’est vrai, le lieu mériterait d’avantage d’attention du public, un bijou de notre trésor commun. Je vous invite à y aller à vos heures perdues, un ticket de métro, un bip de Pass Navigo, et c’est gratuit ! Pour les admirateurs d’édifice religieux ou pour les fous d’histoire de têtes de couronnées, pour les passionnés de la Révolution française, rappelez vous en 1793 lorsqu’on a sorti les cadavres de leur tombeaux pour en extraire le plomb destiné à l’effort de guerre, ou moins noble, et j’en fait partie, pour les amateurs de transis, ces sculptures de gisants qui représentent le ou la défunte en décomposition,  recouverts d’asticots de pierre, si vous avez de la chance, et qui nous font nous pencher sur la vanité de la condition humaine ou froncer le nez de dégoût, ou les deux, un vrai plaisir ! 

La flèche de Saint Denis peinait malgré tout à attirer l‘intérêt national puis Notre Dame a pris feu et les partisans de la restauration avec elle ! Ce qui est au centre de cette polémique de vieilles pierres sur l’authenticité de leur restauration c’est l’état du patrimoine national, riche mais exigeant en financement pour son entretien. Les pragmatiques défendent l’idée d’entretenir correctement ce qui est encore debout plutôt que d’investir dans des entreprises d’urgence sur quelques édifices de prestige. Le débat reste ouvert ! 

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