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Marbre pentélique. Acropole d'Athènes. Grèce. British Museum, Londres, Royaume Uni.

Une tribune pour la restitution des marbres du Parthénon accuse le British Museum

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Aujourd’hui dans le Journal de l’Histoire retour du débat sur les restitutions d’œuvres spoliées détenues par les grands musées occidentaux.

Marbre pentélique. Acropole d'Athènes. Grèce. British Museum, Londres, Royaume Uni.
Marbre pentélique. Acropole d'Athènes. Grèce. British Museum, Londres, Royaume Uni. Crédits : PHAS / Universal Images Group - Getty

La frise du Parthénon, 160 m de marbre sculpté au Ve siècle avant notre ère parait la partie intérieure du monument jusqu’au début du XIXe siècle quand Thomas Bruce, plus connu sous son titre de Lord Elgin, l’a méthodiquement démontée et transportée à Londres où elle se trouve toujours. C’est une des pièces maîtresses, elles y sont pourtant nombreuses, du British Museum. Renommée alors Marbres d’Elgin, ce chef d’oeuvre fait l’objet d’une demande de restitution par les autorités grecques depuis deux siècles, sans succès. C’est donc une controverse qui dure entre la Grèce et le Royaume Uni. Mélina Mercouri, alors Ministre de la Culture, avait fait une campagne poignante au milieu des années 1980 pour en obtenir la restitution.

Une tribune ravive le débat sur la propriété

Une tribune véhémente, au bas mot, signée par Geoffrey Robertson dans The Week-end Australian Magazine et parue sous le titre : « Il est temps de rendre le butin », ravive le conflit sur la propriété de la frise du Parthénon. Avocat spécialisé dans les droits de l’Homme, conseiller de la Reine, nulle doute que son intervention véhémente devrait faire du bruit. La critique y est acerbe concernant les arguments que les musées occidentaux opposent aux demandes de restitutions : le sauvetage d’œuvres majeures en péril ou leur capacité à mettre en valeur un patrimoine non pas national mais universel. Musées qui, je le cite : « enferment le précieux héritage d’autres pays, volés à leur peuple par des guerres d’agression ». 

Robertson défend l’instruction du dossier sur la base du droit des droits de l’Homme et non pas dans le cadre des juridictions nationales, proposition qu’il développe dans son ouvrage intitulé : Whos own History ? A qui appartient l’histoire ? 

Il en profite aussi pour piquer les partisans du Brexit, nostalgiques de leur empire perdu, qui aspirerait toujours à l’époque où les Britanniques gouvernaient le monde et salue les déclarations d’Emmanuel Macron qui a, selon lui, « galvanisé le débat » en déclarant que le patrimoine culturel africain « ne peut plus rester prisonnier des musées européens ».  

En avril dernier, c’était d’ailleurs le ton d’un discours du président grec Prokopis Pavlopoulos : 

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Il faudrait que les responsables du British Museum viennent et qu'ils voient la différence entre un musée lumineux, ici, et ce que j'appelle la 'prison obscure' où sont actuellement entreposés les marbres du Parthénon, volés par Lord Elgin. Prokopis Pavlopoulos

Un rapport en préparation sur la restitution

Robertson ne se contente pas de déclarations puisqu’il met actuellement en œuvre ses propres prescriptions dans un rapport en préparation sur la restitution des marbres du Parthénon pour le gouvernement grec avec le vœu pieux que cette restitution hypothétique pourrait en encourager d’autres. Le British Museum clame toujours que les marbres ont été acquis légalement auprès de Lord Elgin, un argument qui bat de l’aile puisque ce dernier s’était vu « prêter » ces œuvres à des fins d’études en omettant de les rendre à leur propriétaire par la suite. Geoffrey Robertson conclut sur le travail d’histoire et de mémoire nécessaire sur l’héritage sombre des empires coloniaux : « On ne peut pas refaire l’histoire mais on ne peut plus en profiter sans honte ». 

par Anaïs Kien

Pour plus d'informations : La tribune "It’s time to give back the loot" de Geoffrey Robertson dans The Week-end Australian Magazine, publiée le 1er novembre 2019

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