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Les gens marchent par des sacs de sable devant un bâtiment à Times Square, alors que l'ouragan Sandy commence à affecter la région le 29 octobre 2012 à New York.

Historiens et catastrophes

4 min
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Aujourd'hui Anaïs Kien tisse des liens entre les historiens et le niveau des océans.

Les gens marchent par des sacs de sable devant un bâtiment à Times Square, alors que l'ouragan Sandy commence à affecter la région le 29 octobre 2012 à New York.
Les gens marchent par des sacs de sable devant un bâtiment à Times Square, alors que l'ouragan Sandy commence à affecter la région le 29 octobre 2012 à New York. Crédits : Spencer Platt - Getty

Le rapport des scientifiques du GIEC sur les océans vient d’être publié et nous met en alerte, données à l’appui, sur l’accélération de la montée des eaux et des risques liés au changement climatique. Les villes côtières prennent acte depuis quelques années maintenant de ces dangers extrêmes et l’une d’elle est au centre de l’attention depuis que la mairie de New York a commandé un plan construction de digues de verdures pour lutter contre le danger le plus imminent : la montée subite des eaux liées aux tempêtes et aux ouragans, une réflexion engagée depuis l’expérience douloureuse de l’ouragan Sandy en 2012.

Catastrophes naturelles : l'apport des historiens

Alors qu’à New York on entasse des sacs de sables au sud de Manhattan sous les quolibets des mauvaises langues, le rapport du GIEC saisit d’effroi les climato-non-sceptiques. L’histoire peut-elle quelque chose dans cette affaire ?  Sans doute, comme l'a démontré un groupe d’ingénieurs, d’historiens, d’archivistes et de citoyens français. Parce que si New York a connu Sandy en 2012, les côtes charentaises, elles, ont connu la tempête Xynthia en février 2010.

La tempête prend de cours les communes du littoral charentais. Sidérés, les habitants et les médias invoquent la Bible et le réchauffement climatique pour trouver une explication à cette catastrophe qu’on pense sans précédent. Frédéric Surville, membre du groupe de recherche Submersions, s’agace et déroule une longue liste  d’événements climatiques extrêmes comparables dans les zones sinistrées par Xynthia.

1788, 1924, 1935, 1941, 1944. Les inondations côtières, monnaie courante ?

Les membres du groupe de recherche Submersions rassemblent toutes les données météorologiques disponibles depuis le XVIIIe siècle et parcourent les journaux, les mémoires, les récits intimes qui font état d’expériences similaires. Sans relativiser l’importance du réchauffement climatique, ils démontrent que la piste remonte jusqu’au petit âge glaciaire. Surprise donc : les submersions de leurs séries ne sont donc pas mécaniquement liées au réchauffement de la planète, mais ce cadre d’interprétation répond si bien aux inquiétudes naissantes liées à la crise climatique que celle-ci l’avait absorbé dans la confusion et l’incompréhension du moment.

L'effacement d'une mémoire collective des risques naturels ?

Cette amnésie s’explique, en partie : les submersions du littoral se sont interrompues de la fin des années 1950 jusqu’au début de notre siècle. Et la dernière catastrophe du genre, en 1957, n’a fait aucune victime, si ce n’est quelques moutons. Pourquoi ? Tout simplement parce que les zones submergées par Xynthia n’étaient pas habitées. Alors que les villages anciens étaient bâtis à deux ou trois kilomètres du littoral, dans les années 1980-1990, on multiplie la construction de lotissements les pieds dans l’eau. Une jolie proximité qui enterre la mémoire des risques, une vision idyllique du balnéaire qui a enterré la peur quotidienne domestiquée des habitants côtiers et avec elle de systèmes de vigilance et d’alerte.

par Anaïs Kien

Pour plus d'informations : Le rapport d’enquête du groupe Submersions, dirigé par l’historien Emmanuel Garnier, est en accès libre ici

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