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Photo prise le 06 août 1945 de l'explosion nucléaire sur Hiroshima,effectuée par l'armée américaine.

Les lendemains d’Hiroshima se rappellent à nous

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Depuis 75 ans nous avons tous en tête l'image de l'explosion nucléaire d'Hiroshima. La photo a fait le tours du monde et illustré l’événement dans tous les médias. Le journaliste Amien Essif nous révèle que ce cliché est en fait celui de l'explosion de Nagasaki...

Photo prise le 06 août 1945 de l'explosion nucléaire sur Hiroshima,effectuée par l'armée américaine.
Photo prise le 06 août 1945 de l'explosion nucléaire sur Hiroshima,effectuée par l'armée américaine. Crédits : AFP

L’énorme champignon de poussière et de fumée de Hiroshima est devenu le symbole par excellence de la cruauté nucléaire et de la fin de la Deuxième guerre mondiale, l’épisode inaugural de la Guerre froide qui allait régir les soubresauts du monde pendant plus de quarante ans, une représentation entêtante de la menace de destruction mutuelle entre les blocs américain et soviétique.  

Le Monde relaie une enquête sur ce sujet menée par le journaliste Amien Essif de la Deutsche Welle, la radio-télévision allemande. Cette image de champignon nucléaire qui nous hante, dont les droits sont détenus par la banque d’images Getty, serait celle de Nagasaki, employée aussi bien pour évoquer le bombardement d’Hiroshima que celui de Nagasaki 3 jours plus tard, le 9 août 1945.

Les images prises par l’armée américaine de la première explosion, celle d’Hiroshima, étant de mauvaise qualité, on les voit effectivement tremblotantes dans un article du Monde, on leur a préféré celle de Nagasaki, à la production plus maîtrisée. Mais ça n’est pas tout. En poursuivant son enquête Amien Essif découvre que la BBC et d’autres chaînes internationales ont utilisé les images d’une explosion effectuée onze ans plus tard, lors d’un test américain de bombe à hydrogène plus puissante, et donc au champignon plus spectaculaire. Cette confusion organisée et répétée a contribué à une propagande américaine qui ne s’encombrait pas de la véracité de ses contenus dans une guerre à mort avec l’Union soviétique.  

Et alors ? Le scoop n’a pas l’air si bouleversant, après tout un gros boum ou un autre pour évoquer le premier bombardement nucléaire, qu’est-ce que ça change ? Deux explosions au bilan atroce, le détail et la précision pourraient sembler superflus. 

C’est justement que tout est affaire de détails dans les lendemains d’Hiroshima, qui reprennent leur part dans l’actualité. 

Les victimes survivantes d’Hiroshima et de Nagasaki, les Hibakushas, aujourd’hui largement octogénaires, se sont fait entendre lors de la commémoration du 75e anniversaire des bombardements.   

Les Hibakushas, militent pour la transmission minutieuse de leur histoire, aujourd’hui contestée, pour contrer les thèses révisionnistes en cours au Japon qui tentent d’effacer les massacres de Nankin et les motifs de la guerre livrée par l’armée nippone dans le Pacifique à partir de 1941. Certaines publications ont récemment été jugées « indésirables » notamment un manga, Gens d’Hiroshima, un récit autobiographique dessiné par un Hibakusha. La Croix relate également le refus d’une exposition de photographies sur Hiroshima dans le sud du Japon, à Sasebo, au motif qu’il n’était pas dans le rôle de la municipalité de prendre parti dans les débats historiques en cours. Les Hibakushas et leurs descendants appellent aujourd’hui à une politique de mémoire plus active concernant l’histoire des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki alors que plus d’une dizaine de milliers de bombes atomiques sont aujourd’hui disponibles à travers le monde.  

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