LE DIRECT
Chesley Bonestell, illustration de couverture de Galaxy Science Fiction, mai 1951.

Voir l'espace

4 min
À retrouver dans l'émission

Aujourd’hui nous regardons le ciel dans le Journal de l’Histoire, rappelons que nous célébrons cette années le 50e anniversaire des premiers pas de l’homme sur la Lune !

Chesley Bonestell, illustration de couverture de Galaxy Science Fiction, mai 1951.
Chesley Bonestell, illustration de couverture de Galaxy Science Fiction, mai 1951.

Avec Elsa de Smet qui publie sa thèse Voir l’espace. Astronomie et science populaire illustrée (1840-1969) sur l’histoire de la popularisation de l’astronomie à travers les images. A la croisée de l’histoire et de l’histoire de l’art il s’agit de donner une place centrale à la visualité comme objet d’histoire à part entière. Partie des œuvres d’art de Malevitch à Rauschenberg, pour son enquête, Elsa de Smet s’est plongée dans la presse populaire du début du XXe siècle. 

S’affronter aux images : un des paris de l’histoire contemporaine

Longtemps considérées comme les illustrations de faits sociaux, politique, religieux ou technique, les images tardent à attirer largement l’attention des historiens. L’aventure spatiale qu’explore l’historienne crée un imaginaire et construise un mythe de la fusée des dessins de Galilée au XVIIe siècle à 2001 l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick en passant par Man in space de Disney, c’était en 1955.

Le clair de Terre vu de la Lune, devenu un classique pour évoquer l’espace depuis 1849 devient un motif efficace de familiarisation du grand public en écho inversé du clair de lune cher à la peinture romantique pour proposer un nouveau paysage extraterrestre. Mais c’est aussi l’histoire de la vulgarisation scientifique et technique, de leur ancrage dans le quotidien, de l’élargissement de leur public qui scénarisent un futur possible. C’est un  espace explorable, sorti de son obscurité et de son unique habitant envisagé jusque là, Dieu, qui sort des révolutions industrielles et scientifiques du XIXe, une nouvelle dimension de la conscience du monde accessible à tous. 

Une science pour tous portée par l’humanisme de son temps

La fiction grand public s’empare de ce nouvel imaginaire et y trouve un univers métaphorique libéré, parfois, des contraintes et des tabous sociaux. En 1965, Les Thunderbirds que les Français ne pourront voir à la télévision que dix ans plus tard sont lancés sur ITV au Royaume Uni.

La conquête spatiale devient une réalité dans les années 1950 et le hublot marin et sou-marins devient par une autre analogie l’œil par lequel l’explorateur constate l’excellence de son génie à parcourir un monde devenu univers. La photographie scientifique dépasse bientôt les illustrations dessinées jusqu’au 21 juillet 1969 avec les premiers pas de l’homme sur la Lune par Buzz Aldrin et Neil Armstrong qui ont comme mission essentielle de produire les images de leur exploit, preuve de l‘appropriation humaine dans un contexte de conquête spatiale devenue réalité et de triomphe d’un marketing conteur d’histoire. 

Elsa de Smet rappelle à juste titre que ces images vraies sont synonymes du déclin des missions spatiales dans les années 1970 qui voit éclore les premières manifestations sociales d’inquiétude quant à l’état de leur monde terrestre. 

Rediffusion de la chronique du 15 octobre 2019

Ce contenu fait partie de la sélection
Le Fil CultureUne sélection de l'actualité culturelle et des idées  Voir toute la sélection  

Bibliographie

Intervenants
  • commissaire d’exposition et enseignante à l’université (Angers, Dijon, Reims)
L'équipe
Production
Réalisation
À venir dans ... secondes ...par......