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Notre Dame de Paris

Passion cathédrale

5 min
À retrouver dans l'émission

L’année a été marquée par l’incendie de Notre Dame considérée comme La cathédrale de référence et avec ce désastre s’est imposé un débat sur les usages de ces lieux et leur signification des siècles après leur conception et le soin nécessaire à leur conservation.

Notre Dame de Paris
Notre Dame de Paris Crédits : Edwin Remsberg - Getty

L’Histoire de France dessinée revient sur l’invention des cathédrales et leur rôle dans la construction de l’Etat qui deviendra bien plus tard la France. Dans Croisades et cathédrales, Fanny Madeline et Daniel Casenave s’interrogent sur la manière de nous embarquer dans une époque à la fois familière et étrangère les XIIe et XIIIe siècles, comment proposer une expérience représentative de ce Moyen Age ? 

Deux regards qui dépoussièrent le Moyen Age

Nos guides pour l’occasion représentent deux rapports à l’histoire et deux générations : la première une jeune femme scénariste qui nourrit un goût de l’histoire critique dont les incertitudes stimule son imaginaire et un érudit féru de vieux papiers qui chérit ses certitudes. Deux regards qui font alliance et sautent littéralement dans le Moyen Age pour dépoussiérer ses récits et ses grands totems. Comment raconter l’histoire et en souligner les enjeux? En proposant une histoire des possibles : Un roi d’Angleterre aurait pu être français si Aliénor d’Aquitaine n’avait pas divorcé en 1152. 

Si Aliénor d’Aquitaine était restée reine de France...

Les Capétiens ne se seraient pas emparés de Château Gaillard la pièce-maîtresse de leurs rivaux Plantagenets en Normandie. A travers la géopolitique dense du Moyen Age, l’historienne Fanny Madeline construit le récit d’une monarchie qui étend ses pouvoirs en se débarrassant progressivement des duchés rivaux. Parallèlement c’est aussi le moment où l’Eglise étend son influence sur la société en christianisant la morale, la vie quotidienne de l’hygiène aux croisades et s’octroie le monopole de la vérité spirituelle qui justifie les croisades en Terre Sainte ou à domicile notamment contre les Albigeois, on peut aussi démontrer sa foi par la force au coin de sa rue quand il y a moins de sarrasins a combattre au loin. Ces guerres pour le monopole de la vérité chrétienne s’inscrivent dans un mouvement d’uniformisation de la société médiévale au détriment des aspérités religieuses. Les mentalités ne sont pas pour autant dépourvues de merveilleux, Chrétien de Troyes invente le roman arthurien et Richard Cœur de Lion se persuade d’être le descendant de la fée Mélusine tandis que la figure de Robin des Bois y puise sa légende.  

Quand l'art gothique inspire l'Europe

La présence du surnaturel et des récits de légende cohabitent avec un christianisme renforcé qui contribuent aussi à la consolidation de la dynastie capétienne. La succession par le sang s’impose et on ne boude pas de pouvoir compter dans son arbre généalogique un ancêtre saint c’est pourquoi Philippe le bel fait canoniser son grand-père louis IX devenu Saint Louis en 1297. Pour sacraliser la dynastie, il faut aussi un décor, de même que pour imposer la présence de l’Eglise dans l’espace visuel. L’art français que l’on appellera plus tard gothique inspire toute l’Europe. S’il nous reste de cette nouvelle pudeur médiévale la honte et le scrupule nous en gardons aussi ses paysages et ses cathédrales. C’est la mère de toutes les cathédrales qui se raconte dans le documentaire animé d’Emmanuel Blanchard Notre Dame, l’épreuve des siècles diffusé sur France 2 et toujours visible sur le site de replay de la même chaîne. 

On suit l’élaboration centenaire de Notre Dame mais aussi les erreurs les financements en souffrances, les crises de confiance amis aussi les inventions pour la préserver des éléments comme les gargouilles que nous aimons tant et qui ont la charge cruciale d’éloigner l’eau de ses murs pour épargner l’édifice des meurtrissures du ruissellement. On suit également les revers de gloire de la vieille dame construite entre le XIIe et le XIIIe siècle dont l’architecture gothique, le terme est alors dévalorisant, n’est plus au goût du jour à l’époque moderne jusqu’à ce que Victor Hugo la double de son monument de papier en la remettant au devant de la scène et le Moyen Age avec elle. 

par Anaïs Kien 

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